Westworld : le successeur de Game of Thrones ?

de le 21/12/2016
 
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Attendue depuis trois ans, la nouvelle série événement de HBO semble autant capable de conquérir un large public que de se montrer à la hauteur de ses aspirations.

par Julien Munoz

westworld filmosphere

Réduire Westworld à un successeur de Game of Thrones, mastodonte de l’écurie HBO, n’est sans doute pas le point le plus pertinent pour approcher la série. Quand bien même, la chaîne câblée US a mis d’importants moyens financiers et logistiques (les premières images sont dotées d’un cachet visuel imparable) et élaboré un important plan d’action étalonné sur cinq saisons, le succès de son dernier blockbuster télévisuel n’a encore rien de comparable avec la frénésie médiatique et sociétale générée par l’indétrônable Game of Thrones. Même si on sent poindre une excitation grandissante sur le net où chaque épisode diffusé est abondamment analysé, décrypté et soumis aux plus extravagantes théories sur le mystère de ce parc d’attraction recréant un far west américain peuplé de robots plus vrais que nature, programmés pour divertir une clientèle en manque de sensations fortes.

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Bien qu’il porte le sceau de son producteur exécutif J.J. Abrams (Lost), Westworld n’est pourtant pas un drama marchant aux cliffhangers renversants et autres révélations estomaquantes (pas pour l’instant du moins). Cette saison inaugurale prend au contraire tout le temps d’élaborer une solide et jamais ennuyeuse exposition. Judicieux dans la mesure où le show se pare d’un univers de science-fiction à la mythologie fouillée et complexe, ainsi que d’ambitieuses thématiques philosophiques qui constitueront le nerf névralgique du récit. Loin de se montrer révérencieux envers le long-métrage Mondwest de Michael Crichton qu’ils sont censés adapter, Jonathan Nolan (Persons of Interest) et Lisa Joy (Burn Notice) n’hésitent pas au contraire à prendre le total contrepied de l’argument scénaristique du film. Là où les robots défectueux de Mondwest symbolisaient une menace pour la race humaine, les êtres artificiels de Westworld sont immédiatement montrés comme les victimes d’une humanité bestiale et agressive.

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HBO oblige, la violence et le sexe sont une composante de la série qui abonde en tueries sanguinolentes et en nudité frontale (et pas seulement au détour d’une scène d’orgie digne de Game of Thrones) sans pour autant s’adonner à un spectacle gratuit. La richesse et la maturité dont fait preuve Westworld se nichent essentiellement dans l’éveil de conscience de Dolores, Maeve, Teddy et les autres esclaves artificiels soumis à une effroyable industrie du divertissement, fruit d’une société dépourvue de but sinon celui de nourrir ses plus bas instincts. Cette étude de la condition humaine par le biais de robots rappelle furieusement celle de Blade Runner de Philip K. Dick auquel les auteurs semblent davantage se référer qu’au petit classique de Michael Crichton. C’est dire l’ambition qui caractérise les premiers pas d’une possible future grande série qui se révèle toujours plus passionnante et addictive.