Top 10 des Films tirés de Comic-Books

de le 30/04/2010
 
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On est en plein dedans! Alors qu’une grave crise d’inspiration artistique semble frapper les scénaristes depuis quelques années, ils ont trouvé LA solution à leur problème. Pourquoi s’embêter à imaginer des histoires originales quand la culture comics regorge d’idées presque déjà storyboardées? Avec un catalogue quasi inépuisable, c’est la poule aux oeufs d’or qui est en train d’être saignée à blanc. Car bien entendu il ne suffit pas de sortir un personnage forcément charismatique et des récits réchauffés pour en tirer un bon film, c’est pourtant le cas de la grande majorité de ces adaptations de comics sur grand écran…

La liste des échecs est tellement longue qu’il est impossible de la faire. Au rayon des plus catastrophiques on a tous en mémoire les 4 Fantastiques, Daredevil, Elektra, Catwoman, les Batman de Schumacher, Ghost Rider, Spawn… avec toujours le même soin apporté à détruire des mythes en oubliant ce qui faisait leur essence.

Dans ce classement on ne va pas s’intéresser à la qualité d’adaptation elle-même, c’est tout simplement inutile, mais aux films seuls, comme s’ils étaient autonomes et ne faisaient pas suite à une carrière dans des planches de comics. Leur seul point commun, ils sont inspirés ou adaptés de comic-books, ainsi des films comme Incassable ou Darkman n’ont pas leur place.

Avec les sorties coup sur coup de Kick-Ass et Iron Man 2, sans parler de toutes celles à venir (Scott Pilgrim, Green Lantern, Captain America, Thor…), c’est bien un classement d’actualité:

10 – Sin City de Robert Rodriguez et Frank Miller (2005)

Objet visuel fascinant, Sin City c’est un peu le pari complètement fou de Robert Rodriguez qui a signé ce qui s’apparente plus à du cinéma expérimental qu’autre chose. Bien aidé par Frank Miller afin de ne surtout rien trahir (c’est aussi la limite du projet) il livre un film esthétiquement bluffant, noir et violent, mais qu’il est facile de rejeter en bloc tant il prend des risques en matière de narration cinématographique.

9 – Ghost World de Terry Zwigoff (2001)

Quand le cinéma indépendant s’attaque à un comic book ça donne Ghost World, une merveille de romantisme, de cynisme et d’intelligence. Avec lucidité le film traite des originaux, du communautarisme, du passage à l’âge adulte… des thèmes forts pour un film parfois bavard mais tellement beau.

8 – 300 de Zack Snyder (2006)

Taxé à tord de facho par des abrutis à sa sortie, le film de Zack Snyder a tout pour déchainer les passions. Intrigue ultra brève étirée sur 2h, péripéties outrancières, personnages caricaturaux et morale ambigüe. Sauf qu’il y a un aspect à ne pas négliger, 300 est une grosse claque visuelle. Complètement artificielle certes mais il y a quelque chose de sublime dans le moindre cadrage ou ralenti ainsi que dans le charisme affolant de l’acteur principal alors presque inconnu. Ode à la violence barbare mais magnifique.

7 – The Crow d’Alex Proyas (1994)

Alors qu’il n’en finit plus de nous décevoir film après film, Proyas livrait avec The Crow un film déjà culte à sa sortie, pour les raisons tragiques qu’on connait. Mais au-delà du cas Brandon Lee, The Crow est une merveille de cinéma romantique. À l’esthétique gothique s’ajoute une bande son parmi les mieux choisies, et des acteurs plus qu’habités par leur rôle. Impossible d’oublier certaines scènes qui sont juste des déclarations d’amour à l’expressionnisme ou des iconisations totales du héros, c’est beau.

6 – Batman, le Défi de Tim Burton (1992)

On reste à peu près dans le même style avec ce qui restera avec Ed Wood et Edward aux mains d’Argent comme le plus grand film de Tim Burton. Symbolique, métaphorique, cauchemardesque, on est loin d’un simple film de super héros même si le réalisateur jongle brillamment entre plusieurs méchants sans en sacrifier un seul, aidé par un scénario aussi complexe que limpide. C’est également un des sommets esthétiques de sa carrière et puis il y a Catwoman…

5 – Blade II de Guillermo Del Toro (2002)

Si le premier film partait d’une intro fabuleuse pour ensuite tomber dans la banalité, Del Toro redresse de bien belle manière la barre en prenant la succession de Norrington. Il délaisse tout l’aspect psychologico-dramatique du personnage pour se focaliser sur un poitn bien précis: buter du vampire. En résulte un des meilleurs films d’action des années 2000, et même si certaines scènes en CGI ont pris un vilain coup de vieux, le film carbure à l’adrénaline sans le moindre temps mort, les scènes de combats sont démentes et visuellement c’est superbe.

4 – A History of Violence de David Cronenberg (2005)

La confirmation d’un changement de style radical chez Cronenberg qui délaisse le fantastique frontal pour quelque chose de bien plus subtil. Derrière de faux airs de série B au scénario convenu se cache une oeuvre d’une densité rare, troublante par ses thèmes (schizophrénie, double…) et mise en scène d’une façon tout simplement divine. Le réalisateur est ici bien appuyé par des acteurs tous formidables et insaisissables. Du très grand art!

3 – The Dark Knight de Christopher Nolan (2008)

Là aussi, mieux vaut se détacher du drame Heath Ledger pour appréhender la puissance de cette oeuvre pas loin d’être ultime. Batman Begins l’annonçait, the Dark Knight confirme que Nolan a tout compris à ce que devait être un super-héros adulte. Le film est dense, sombre, désespéré, immense. Le réalisateur a pu réunir tous les ingrédients (mise en scène, acteur, scénario) pour faire de son chevalier noir un modèle difficile à égaler.

2 – Les Sentiers de la Perdition de Sam Mendes (2002)

Dans son analyse permanente des relations familiales, Sam Mendes signe en adaptant Road to Perdition un des plus beaux films de gangsters qu’on ait pu voir à se jour. En abordant de front le thème de la figure paternelle, il livre un chef d’oeuvre (un de plus…) en construisant des personnages complexes. Sorte de requiem au final glaçant, il transcende un fond plutôt simple par des images belles à en pleurer et trouve une intensité dramatique stupéfiante. C’est aussi le plus grand rôle de Tom Hanks à ce jour, qu’on soit bien d’accord.

1 – Hellboy II – les Légions d’Or Maudites de Guillermo Del Toro (2008)

S’il s’éloigne intelligemment de l’oeuvre de Mignola, Del Toro signe là un de ses films les plus denses complets. Véritable déclaration d’amour aux freaks en tout genre, célébration magnifique de la monstruosité, il étale un bestiaire complètement fou où se croisent créatures de fantasy et kung-fu dans un ensemble d’une cohérence absolue. Mais il n’oublie pas de monter un scénario solide, et de nous émouvoir tout en divertissant. Guillermo Del Toro est grand, tout simplement, et Hellboy 2 c’est son bébé. Du pur bonheur pour cinéphiles.

Maintenant, à vos réactions, j’espère que vous partagerez avec nous votre propre classement, et je souhaiterais particulièrement avoir l’avis des « spécialistes » de comic-books (au hasard messieurs de Geek Culture, Millennium Visions, Talking Wade et Cosmic Joke) mais je rajouterai ci-dessous des liens vers tous les classements qui feront suite à celui-ci 😉

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