The Monkey King : Donnie Yen fait le singe

de le 03/12/2012
 
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Classique parmi les classiques du cinéma fantastique chinois, le roi singe est à nouveau à la fête avec un casting de rêve et un réalisateur carrément inattendu sur un tel sujet : l’enragé Soi Cheang qui se retrouve à la tête d’un budget titanesque pour le premier film chinois tourné pour l’IMAX 3D.

D’un côté Soi Cheang, jeune réalisateur surdoué et enragé, sorte d’héritier de Ringo Lam à qui on doit quelques pépites telles que Love Battlefield, Dog Bite Dog ou plus récemment l’intéressant Motorway. A 40 ans et après 14 films, il est le porte-étendard d’un cinéma hong-kongais loin d’avoir rendu les armes. De l’autre côté, il y a un monument nommé Le Voyage en occident, aussi connu sous le titre La Pérégrination vers l’ouest. Fresque fondamentale de la littérature chinoise signée Wu Cheng’en et publiée vers la fin du XVIème siècle, il s’agit d’une aventure légendaire fondée sur diverses notions du bouddhisme et qui contient des éléments fantastiques alimentant le cinéma hong-kongais et chinois depuis des dizaines d’années. Parmi les personnages peuplant ces écrits figure le roi-singe, un des quatre protecteurs du héros, et dont on ne compte plus les apparitions au cinéma. Avant Le Roi singe de Jeffrey Lau, avec l’incroyable Stephen Chow dans le rôle-titre pour un film scindé en deux parties, Le Voyage en occident avait déjà fait l’objet d’adaptations par la Shaw Brothers, et dans les années 2000 Jeffrey Lau y revenait avec A Chinese Tall Story avant que le plus chinois des films hollywoodiens, Le Royaume interdit, n’y aille de sa variation. Le roman est assez riche pour au moins cent films et ce n’est pas vraiment une surprise qu’un studio hong-kongais se penche sur une nouvelle exploration cinématographique de cet univers. Cependant, le confier à Soi Cheang, plutôt adepte de polars, voire de petites comédies horrifiques, est un pari à haut risque.

Après ses expériences chez Johnnie To, Soi Cheang se prête au jeu de la production colossale pour ce film calibré pour être un immense succès. Tournage en 3D avec diffusion en IMAX 3D, budget titanesque supérieur à 60 millions de dollars qui enterre celui, déjà conséquent du Dragon Gate de Tsui Hark, et bien entendu défilé de stars chinoises devant la caméra. Dans le rôle du roi-singe on retrouve l’icône Donnie Yen qui va manier son bâton magique, à ses côtés Chow Yun-fat se glissera dans la peau de l’empereur de Jade, Aaron Kwok dans celle du Roi-buffle, mais également Cecilia Cheung, Peter Ho, Kelly Chan, Gigi Leung et tant d’autres. Un casting 5 étoiles qui ne dénote pas avec l’équipe derrière la caméra, dont le scénariste Edmond Wong (habitué des films de Wilson Yip), Donnie Yen en action director, Andy Lam à la photographie (petit génie qui a bossé sur Full Alert, Crime Story, Il était une fois en Chine…), William Chang, nom bien connu des amateurs de Wong Kar-wai, aux costumes, etc. Une dream team avec des moyens colossaux et menée par un chef d’orchestre surdoué, soit de très bonnes raisons d’y croire dur comme fer. D’autant plus que qui dit film fantastique en 3D dit effets spéciaux numériques qui ne peuvent pas être ratés, et ce sont quelques techniciens américains qui se sont fait embauchés pour l’occasion, et pas les pires, avec des filmographies qui comptent en vrac : Hellboy, Spider-Man 3, King Kong, Le Labyrinthe de Pan, Les 3 Royaumes, The Host, la prélogie Star Wars, Le Monde perdu ou Avatar. Concrètement, tout est mis en place pour conjurer le mauvais sort des effets spéciaux numériques foirés de quasiment toutes les grosses productions venues de Hong Kong ou de Chine, il fallait bien ça avec près de 2600 plans truqués dans The Monkey King.

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Du côté du récit, on nage bien entendu en pleine fantasy : Depuis la nuit des temps, ce sont les divinités qui maintiennent l’équilibre entre le ciel et la terre. Cependant, suivant leur esprit démoniaque, les démons n’en pouvaient plus d’être asservis par les dieux. Pour reprendre le contrôle aux divinité, le leader de la tribu des démons, le Roi-buffle, lance une attaque contre les dieux au ciel mais est tenu en échec par l’empereur de Jade et ses guerriers avant d’être renvoyé dans les montagnes enflammées sur Terre. Mais les cieux sont réduits en ruines pendant la bataille. Afin de retrouver une harmonie entre les dieux, les démons et les hommes, la déesse Nuwa se transforme en cristaux multicolores afin de reconstruire le paradis. Pour protéger le paradis d’une nouvelle attaque de démons, elle construit la porte Sud à partir de ces cristaux. Cette porte est protégée par de tels pouvoirs qu’un démon s’en approchant serait immédiatement réduit en cendres. Malgré toute son attention, la déesse laisse échapper un cristal pendant l’opération, sur Terre, créant une brèche dans la porte. Dans sa chute, le cristal amasse les énergies solaires et lunaires pendant des centaines de milliers d’années, jusqu’à former un fétus céleste. En nait un singe divin, pièce essentielle de la sécurité des cieux.
Le singe possède des dons et une intelligence exceptionnels. Il apprend la magie auprès du maître Puti, de quoi chevaucher un nuage, immobiliser les hommes ou se transformer en pas moins de 72 entités.
Pendant ce temps, un gigantesque tsunami s’abat sur les montagnes enflammées, le signal qu’attendait le Roi-buffle pour mettre son plan à exécution : manipuler le roi-singe afin d’attaquer à nouveau le royaume des dieux et s’emparer de leurs pouvoirs.

Tout un programme. The Monkey King sortira sur les écrans chinois le 4 juillet 2013, soit près de 3 ans après le premier jour de tournage. Il arrivera donc après l’autre film de l’année autour du Roi-singe, Journey to the West (ou Odyssey), réalisé par Stephen Chow et Derek Kwok. L’année du singe arrive avec 3 ans d’avance…