The Jane Doe Identity : l’horreur en huis-clos

de le 31/05/2017
 
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À l’occasion de la sortie ce mercredi de The Jane Doe Identity, disséquons ensemble les lieux fermés les plus propices à nous faire peur…

Si l’on a coutume de dire que le cinéma d’horreur tourne en rond, jouant des toujours mêmes effets et tirant sur les toujours mêmes ficelles, il est des films surprises qui réveillent un peu notre adrénaline et du coup nous donne une trouille que l’on n’avait pas vu venir. The Jane Doe Identity est de ceux-là. Médecins-légistes, un père et son fils se retrouvent une nuit dans une morgue à devoir pratiquer l’autopsie du corps d’une jeune fille qu’on leur a amené. Rien ne se passe comme prévu et les deux hommes vont découvrir des choses bien surprenantes, difficilement explicables et terrifiantes. La réussite du film réside en plusieurs points : d’abord on ne sait jamais vraiment où tout ça va nous mener, ensuite c’est très bien fait, joué et réalisé, puis enfin de l’utilisation du lieu émane une atmosphère pesante voire claustrophobe. The Jane Doe Identity est à voir, tranquillement plongé dans le noir de votre salle de cinéma. En attendant, on vous propose une petite visite des différents décors propices à fabriquer des histoires terrifiantes en huis-clos. Suivez le guide !

Une morgue

Endroit flippant par excellence, on aurait pu s’imaginer qu’il avait inspiré nombre de réalisateurs. En fait non tant il est vrai qu’il n’est pas simple de bloquer des personnages dans ce lieu pas tout public. The Jane Doe Identity joue donc d’originalité, faisant de ce décor mortuaire un endroit angoissant dans lequel nos héros ne pourront guère trouver âmes qui vivent pour les aider. Autre habileté du film, les héros étant habitués à côtoyer des corps sans vie, il fallait bien sûr qu’ils tombent sur une victime pas comme les autres. Si l’endroit lui-même vous donne déjà des cauchemars, le film ne les apaisera pas.

Un ascenseur

Un ascenseur est d’ordinaire un lieu où l’on se croise sans se parler, ni se voir réellement. Bloqué, on se retrouve alors en présence de personnes inconnues et le dialogue se crée. Imaginez maintenant que vous ne vous retrouviez pas bloqué par hasard, que l’irrationnel se manifeste, que le Diable personnifié soit parmi les occupants, que la mort se mette à frapper. C’est le pari de Devil, un film de John Erick Dowdle imaginé par M. Night Shyamalan, que de nous embarquer, nous surprendre, nous intriguer à partir de ce point de départ. Le film n’est certes pas à la hauteur de son idée mais reste une curiosité à satisfaire.

Un centre commercial

Classique parmi les classiques, Zombie de George A. Romero fait revenir les morts-vivants et isole nos pauvres humains en quête de survie dans un grand centre commercial. Si toute l’action du film ne se déroule pas à l’intérieur du lieu-dit, on y arrive tout de même assez vite et c’est là que vont se jouer les actions les plus percutantes. Le film donnera un remake, L’Armée des morts réalisé par Zack Snyder, d’une redoutable efficacité.

Un parking

Une jeune femme convoitée par un gardien de parking se voit enfermée une nuit dans ce lieu lugubre face à son bourreau. 2ème sous-sol de Frank Khalfoun joue d’horreur et de tension en reprenant la trame classique du psychopathe amoureux voulant se faire accepter par la force. Même si le film tourne vite en rond, on peut se laisser prendre au jeu surtout par la présence de la terrifiée mais néanmoins sensuelle Rachel Nichols.

Un abri en sous-sol

Même si l’on ne peut qualifier le film 10 Cloverfield Lane, réalisé par Dan Trachtenberg, de film d’horreur mais plus de film fantastique à haute teneur en suspense, on peut tout de même l’inclure dans cette liste tant l’aspect huis-clos flippant est extrêmement bien tenu. Le réalisateur et les auteurs jouent de malice pour nous piéger face à un mal qui semble venir autant de l’intérieur que de l’extérieur. L’interprétation de l’excellent John Goodman y est pour beaucoup.

Un hôtel

Renié par Stephen King, l’auteur du bouquin, Shining de Stanley Kubrick est un modèle d’adaptation où le réalisateur s’est complètement réapproprié l’œuvre d’origine pour en faire quelque chose qui lui ressemble. Le film est devenu un classique du genre et Jack Nicholson remporte la palme d’acteur le plus terrifiant de l’Histoire. Si le film n’est pas à proprement parlé un huis-clos dans le sens où l’hôtel dans lequel il se déroule est un lieu très vaste, fait de plusieurs décors alternant intérieur et extérieur, il n’empêche que Shining joue très bien de la notion d’enfermement. Un chef d’œuvre.

Un avion

Des jeunes gens qui ne se connaissent pas se retrouvent à bord d’un avion pour participer à un jeu en ligne plus dérangeant et terrifiant que ce qu’ils avaient imaginé. Panic Button (Panic in the plane) de Chris Crow s’inscrit comme un Saw dans un avion, pointant du doigt les dangers des réseaux sociaux. L’idée est astucieuse, le film l’est moins, ne dépassant jamais la phase de prétexte à attirer un jeune public avide de sensations fortes. On peut néanmoins se laisser tenter par le voyage.

Un train

Nouvelle pépite du cinéma coréen, Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho, même s’il possède quelques scènes hors train au début et à la fin, joue l’essentiel de son action à l’intérieur de la machine et réussit le tour de force de maintenir une tension absolument incroyable. Le thème inusable du virus qui se propage transformant les hommes en morts-vivants trouve ici une efficacité optimale réjouissante et angoissante.

Un sas de distributeur de banque

ATM de David Brooks n’est pas une réussite. Il faut avouer que le point de départ original ne donne pas les sensations espérées. Trois personnes se retrouvent une nuit dans un local de distributeurs de billets afin de retirer de l’argent. A l’extérieur, un psychopathe se tient devant eux et vient d’assassiner une personne qui passait. Barricadés à l’intérieur du local, les trois jeunes gens vont tenter d’échapper au tueur. Raté mais intéressant pour l’originalité du parti-pris.

Un vaisseau spatial

Dans l’espace, personne ne vous entend crier. Alien, le 8ème passager de Ridley Scott a marqué les esprits et s’est inscrit rapidement comme un sommet du film d’angoisse. Car la force du film est de provoquer véritablement la peur. Ici, on ne sait pas à quoi nous avons affaire et la tension monte crescendo dans ce décor froid et clinique de vaisseau spatial. Un chef d’œuvre absolu qui ne prend pas une ride.

Un sous-marin

Des ersatz d’Alien, il y en a eu à la pelle. On changeait le décor et on jouait sur les mêmes codes apparents : une bestiole, des gens enfermés qui meurent les uns derrière les autres jusqu’à un ou deux survivants qui viennent à bout du monstre. M.A.L. (Mutant aquatique en liberté) de Sean S. Cunningham remplit son cahier des charges. Le lieu choisi est un sous-marin, le film est fauché (et ça se voit sur certains effets) mais il y a une sincérité touchante à vouloir nous effrayer. Alors…

Une voiture

Wind Chill de Gregory Jacobs met en scène la magnifique Emily Blunt et Ashton Holmes pris au piège du huis-clos à l’intérieur d’une voiture. Ils sont étudiants et font du co-voiturage pour rejoindre leur famille respective. Une panne sur une route déserte et une présence étrange autour d’eux suffisent à nous tenir sous pression. Film d’horreur à tendance fantastique, Wind Chill est efficace et fait passer un agréable moment.

Une maison

La maison est le décor cliché des films d’horreur. Elle peut être hantée (La maison du diable de Robert Wise) ou le théâtre macabre d’actions menées par des gens mal intentionnés (pour ne pas dire complètement tarés). Don’t breathe de Fede Alvarez apporte un peu de sang neuf dans ce monde balisé. L’essentiel du film se passe dans une maison dont le propriétaire se révèle plus surprenant que prévu. Très efficace et prenant, il puise sa force dans son personnage central, un aveugle incarné par Stephen Lang.

Sous-terre

Claustrophobes, fuyez ! The Descent de Neil Marshall n’est pas pour vous. Vous allez souffrir et avant même que des choses étranges se produisent contre les jeunes héroïnes. Vous serez mal à l’aise parce que tout est sombre, étroit, étouffant. En plus, vous allez très vite vous attacher aux personnages et on prend rarement plaisir à voir des gens qu’on aime dans des situations difficiles. Effrayant, le film l’est. Efficace aussi. Et brillant. En fait, The descent est tout simplement ce qu’on a vu de plus flippant depuis longtemps. Une réussite indéniable.

Un immeuble

Un immeuble, en voilà un vaste terrain de jeu pour nous faire peur. Un immeuble rempli de personnes infectées par un mystérieux mal qui les transforme en monstres terrifiants et plein de ressources. Si Rec de Paco Plaza et Jaume Balaguero nous effraie autant, c’est par l’aspect immersif de sa mise en scène. Tout est filmé en caméra subjective (found foutage), celle d’une équipe de télévision présente sur les lieux et prise au piège. Flippant, et c’est le moins que l’on puisse dire !

Un cube

Une personne enfermée dans une pièce. A l’intérieur, rien. Qu’est-ce qu’elle fait là ? Elle ne le sait pas. Par une trappe, elle peut accéder à une autre pièce, presqu’identique. Seule la lumière change. Et un détail : la pièce peut être piégée et là c’est la mort presqu’assurée. Au fur et à mesure de sa progression, la personne trouve d’autres personnes, prisonnières comme elle. Bientôt, elles comprennent qu’elles sont à l’intérieur d’un énorme cube et qu’il faut trouver l’issue. Cube de Vincenzo Natali n’est pas simplement d’une originalité folle, il est passionnant. Le scénario, malin, dévoile ses cartes au fur et à mesure et maintient le spectateur sous tension permanente. Une merveille.

Un cercueil

Imaginez que vous vous trouviez prisonnier à l’intérieur d’un cercueil avec à peine de quoi vous éclairez et un téléphone portable vous permettant de communiquer vers l’extérieur. Pourquoi et comment vous êtes arrivé ici ? Mystère. Enterré vivant, l’oxygène va vous manquer très vite. La question est de savoir comment vous pouvez vous sortir de là. Buried de Rodrigo Cortés nous met dans la pire des positions. Et le film assume son parti-pris jusqu’au bout, celui de ne jamais lâcher son personnage et de ne voir que lui. En matière de huis-clos, on ne peut pas faire plus fort. Et comme Ryan Reynolds est formidable dans le rôle, on y croit terriblement. Terrifiant.