Sean Connery / Sidney Lumet : Association de bienfaiteurs

de le 23/06/2017
 
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A l’occasion de la sortie du film Le gang Anderson en DVD/BR par les Editions Sidonis, nous avons voulu revenir sur le travail commun entre le réalisateur Sidney Lumet et son interprète Sean Connery. Cinq films que nous avons plaisir à nous remettre en mémoire.

D’un côté, le génial Sidney Lumet, maitre du polar américain, auteur de chef d’œuvre tels Douze hommes en colère, Serpico, Un après-midi de chien ou dans un autre registre le magnifique Network. De l’autre, l’inoubliable interprète de l’agent 007, Sir Sean Connery, qui s’illustra maintes fois en dehors de son rôle mythique notamment devant les caméras d’Alfred Hitchcock, John Boorman, Brian de Palma, Jean-Jacques Annaud ou Steven Spielberg. Entre les deux, une complicité évidente et une collaboration faite de films radicalement différents.

La Colline des hommes perdus (1965)

 

Première collaboration et c’est Sean Connery qui amène le projet à Lumet. Désireux de casser un peu son image de James Bond, l’acteur est séduit par le sujet et Lumet livre un film humaniste et sans concession. Adapté d’un roman de Ray Rigby, La Colline suit cinq hommes prisonniers d’un camp militaire disciplinaire anglais en Libye sous la féroce discipline d’un sergent sadique. Lumet s’en donne à cœur joie pour pointer du doigt le mécanisme de la peur qui crée l’injustice, thème majeur de la filmographie du réalisateur. Le film fut mal accueilli lors de sa sortie aux USA mais trouva son public en Europe et remporta le prix du scénario à Cannes. Depuis, il est considéré comme une œuvre majeure dans la carrière du metteur en scène et de son interprète.

 

Le Gang Anderson (1971)

Pas le plus connu de la collaboration Lumet / Connery mais assurément le film à redécouvrir. Lumet exécute un numéro qu’il connait bien, le polar. Au cœur du film, il y a un casse. Pourtant, l’intérêt n’est pas simplement dans l’action et l’efficacité avec laquelle le réalisateur emballe le tout. Le Gang Anderson met en avant une Amérique usant et abusant de son œil voyeur. La surveillance et l’espionnage sont bien les armes mises en relief dans le film, avant même l’affaire du Watergate. La mise en scène de Lumet est inventive et audacieuse, Sean Connery trouve l’un de ses meilleurs rôles, l’action est menée tambour battant, l’humour tient joliment sa place au milieu de ce jeu malicieux et le film se révèle même surprenant dans son dénouement. En résumé, Le gang Anderson est un petit bijou méconnu qui donne encore aujourd’hui une belle leçon de savoir-faire.

 

The Offence (1972)

Le sommet de leur collaboration. Un film d’une noirceur absolue qui va chercher au fond des âmes tout ce qu’il y a de plus fragile, malade, violent. Sean Connery incarne un policier cherchant à faire avouer un crime à un homme et ce par tous les moyens. Mais Lumet va loin et construit avec infiniment d’intelligence un film mental, dérangeant et fascinant. Sean Connery trouve son meilleur rôle, d’une incroyable complexité. C’est lui à nouveau qui est allé chercher Lumet pour adapté à l’écran la pièce de John Hopkins. Et la star a négocié une (presque) ultime incarnation de James Bond pour, en échange, avoir toute latitude pour créer ce The Offence. Un film rare d’une force incroyable.

 

Le Crime de l’Orient-Express (1974)

Luxueuse adaptation du cultissime roman d’Agatha Christie, Le Crime de l’Orient-Express est une réussite majeure au rayon des transpositions à l’écran des romans de la célèbre romancière (au même titre que Mort sur le Nil de Guillermin). Albert Finney est un épatant Hercule Poirot et la distribution prestigieuse est le principal atout (avec l’intrigue bien sûr) du film. Lumet mène l’ensemble avec élégance et, même si cette œuvre-là parait plus classique et trop propre pour susciter le même engouement que des films majeurs du cinéaste, on comprend ce qui a séduit le réalisateur dans ce projet : les acteurs et les faux semblants. Deux raisons suffisantes pour lui de se plonger dans ce huis clos (autre élément qu’il affectionne). Sean Connery apporte son élégance et son talent à un personnage de Colonel anglais, suspect parmi d’autres du meurtre de l’infâme Ratchett.

 

Family business (1989)

Une comédie policière mineure dans la carrière de Lumet qui vaut surtout pour la réunion de ses acteurs. Sean Connery est épatant en grand-père montrant les ficelles du métier de gangster à son petit-fils Matthew Broderick, sous le regard désapprobateur de son fils Dustin Hoffman qui, lui, a trouvé le droit chemin. S’il est bel et bien question d’un casse, c’est la relation entre ces personnages qui intéresse le réalisateur. Malheureusement, le film jouant sur un registre de comédie n’a pas la grâce et la fluidité nécessaire pour emporter vraiment malgré de jolis moments. Néanmoins, le spectacle est plaisant et vaut que le film ne tombe pas totalement dans l’oubli.

Le Gang Anderson est disponible chez Sidonis Editions en Blu-Ray et DVD.
En suppléments, on retrouve des présentations de François Guérif, Patrick Brion et Bertrand Tavernier.