Romy l’impératrice

de le 29/05/2017
 
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Nous sommes tous différents. Quelques images de l’actrice nous le montrent encore : il y a Romy et les autres. 35 ans qu’elle nous a quitté et le temps n’a rien effacé.

Née en Autriche, elle démarra sa carrière sous l’aile (ou l’emprise) de sa mère Magda, comédienne star en son temps. Très jeune, Romy connait la gloire avec le mythique Sissi et il lui faudra beaucoup de détermination pour dépasser l’image de vedette un peu midinette que lui colla la saga. C’est en France que Romy trouva le souffle nécessaire pour imposer son talent. Son parcours a été riche de films, de rencontres, de tragédies. Dans ses rôles, elle nous a tout donné et s’est livrée comme peu le font. Les rapports complexes avec sa mère, ses amours avec Delon, sa carrière internationale, sa collaboration avec Sautet, la mort de son fils, ses sourires, ses douleurs, sa liberté. Le destin de Romy Schneider a touché le public qui en a fait une comédienne phare de sa génération. A 43 ans elle partait, trop jeune, trop tôt, dans des circonstances aujourd’hui encore indéfinies (mort naturelle, suicide ou absorption accidentelle d’une trop forte dose de médicaments). 35 ans plus tard, elle est toujours parmi nous. Eternelle comme les plus grandes savent l’être. En son honneur, ScreenMania a souhaité revenir sur quelques films marquants de la comédienne.


Texte de Sophie Wittmer

Sissi, d’Ernst Marischka (1955)

Sucrerie naïve et sirupeuse, enrubannée de bons sentiments, certes, Sissi reste une figure incontournable, pour un sourire d’une éclatante fraîcheur, un regard débordant d’une juvénile beauté scintillante, celui de Romy Schneider. Si la comédienne a voulu oublier ce personnage, le dépasser, ne plus y être associé en tant qu’actrice, ce qui peut se comprendre, on ne peut oublier cette trilogie, narrant de manière romantique les premiers pas d’Elisabeth d’Autriche, car elle se trouve illuminée par la spontanéité de cette jeune comédienne qui porte déjà avec une vibrante émotion son personnage et lui apporte ce charisme rare qui était le sien. Sissi, ce sont des souvenirs d’enfance, magiques, enivrants, qui nous entrainent loin, très loin… et que nous avons envie de partager avec nos propres enfants. Sissi, c’est la joie de s’enrouler dans la douceur d’une couverture à Noël et de retrouver cette comédienne qui nous manque terriblement.

 


Texte de Loris Dru Lumbroso

Le Procès, d’Orson Welles (1962)

Alors que sa carrière n’a pas encore commencé son déclin (malgré les problèmes autour du montage de La Soif du Mal), Orson Welles entreprend une adaptation hallucinée du chef d’œuvre de Kafka : Le Procès. Anthony Perkins est Joseph.K, honnête employé de bureau arrêté par la police et jugé sans en connaitre les chefs d’accusation.

Orson Welles transpose l’absurdité et le non-sens total du livre par sa mise en scène tout en perspectives écrasées, démesure des décors et jeux d’échelle ainsi que la cruauté du récit qui n’a d’égal que la profondeur des noirs à l’image. Pour ce faire, il s’entoure du chef-opérateur Edmond Richard (futur collaborateur de Buñuel, ce n’est pas un hasard) et d’un casting luxueux comprenant Perkins donc, mais aussi Jeanne Moreau, Welles himself et une Romy Schneider qui fait tout basculer.

Romy Schneider y interprète Leni, l’assistante personnelle de l’oncle avocat de Joseph K., comme elle jouerait une femme fatale de film noir. Insaisissable, ses grands yeux bleus (qui transparaissent malgré le noir & blanc) et son accent allemand lancinant lui confère ce charme vénéneux qui brouille autant les motivations de son personnage qu’il accroît son pouvoir séducteur. A la manière de Lauren Bacall ou Rita Hayworth dans leurs rôles les plus ambigus, Schneider envoûte aussi bien qu’elle déroute le personnage d’Anthony Perkins et le spectateur. En un regard, la ténébreuse Leni enveloppe le film et l’affaire de K. d’un voile mystérieux dont la résolution importe moins que les interrogations et la symbolique qu’elle suscite.

 


Texte de Loris Dru Lumbroso

L’Enfer, d’Henri-Georges Clouzot (1964) – L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot de Serge Bromberg (2009)

Et si le meilleur rôle de Romy Schneider était dans un film fantôme ? En 1964, Henri-Georges Clouzot commence le tournage de L’Enfer, drame naviguant entre fantasmes et réalité contant la rupture d’un couple composé de Serge Reggiani et l’impératrice Schneider. A cause des problèmes de santé de Clouzot et de Reggiani le projet n’ira jamais à son terme malgré un tournage déjà entamé.

Serge Bromberg sortira en 2009 un documentaire intitulé L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot dans lequel il revient sur ce projet d’une ambition visuelle folle avec l’appui de ses collaborateurs, d’images d’archive et de nombreux extraits du film. On peut notamment y voir tout le travail sur la lumière et les effets d’optiques qu’il avait mis en place avec rien de moins que trois chef-opérateurs, promettant des expérimentations aussi grandioses que celles du Mystère Picasso passant du noir et blanc à la couleur quelques années auparavant.

Comme le dit Costa-Gavras (assistant sur la pré-production du film), Clouzot souhaitait faire un autre type de cinéma et c’est particulièrement flagrant dans la manière dont il filme Schneider. Plus Reggiani s’enfonce dans la jalousie et plus Clouzot transfigure Schneider par une aura surréaliste. Que ce soit à travers une pluie battante contre une vitre, nue sur des rails ou allongée sur son lit, elle est définitivement un fantasme de cinéma à tout instant. Une apparition fantômatique comme la Kim Novak de Vertigo qui cristallise tout autour d’elle comme si l’illusion contenue dans un plan n’était présent que pour la magnifier davantage. Tout simplement sublime avec ses lèvres bleues ou violettes derrière ce flux d’images psychédéliques, Romy Schneider se retrouve immortalisée, plus iconique que jamais, dans un film qui restera à l’état de rêve.

 


Texte de Joseph Di Gregorio

La Piscine, de Jacques Deray (1969)

Jean-Paul et Marianne s’aiment et passent des vacances tranquilles dans une villa sur la côte d’azur. Débarquent Harry et sa fille. Harry est un ami de longue date à l’origine de leur rencontre. Bientôt, les caractères s’expriment, le trouble jaillit avec les jalousies, les tensions. L’atout et la réussite de La piscine est dans son côté « mine de rien ». Au fur et à mesure que le film avance, quelque chose d’insidieux se propage.

L’atmosphère est là, toute simple mais prenante, envoutante. La mise en scène de Deray est précise et sans esbroufe, l’interprétation du quatuor Schneider, Delon, Ronet et Birkin est superbe. Le film demeure encore aujourd’hui très fort et le temps en a fait un classique du cinéma français. Il faut dire que le couple Alain Delon / Romy Schneider est beau, royalement beau. Au moment de La piscine, les deux jeunes comédiens, qui ont vécu une histoire d’amour ensemble, sont séparés depuis quelque temps. Delon est une star tandis que la carrière de Romy est un peu en sommeil. Lorsque le projet du film lui arrive entre les mains, Delon veut retourner avec Romy. Leurs retrouvailles attirent le public et les qualités de l’œuvre ont fait le reste pour que La piscine soit un succès. Dans ce film, Romy est simplement magnifiquement belle. Dans la première séquence, Delon est allongé paisiblement au bord de la piscine sous un soleil tapant. Il finit de boire son verre. L’eau vient sauvagement l’éclabousser, quelqu’un vient de plonger. Il se redresse et voit Romy en train de nager. Elle sort de l’eau, arrive sur lui. Elle s’allonge, ils s’embrassent passionnément. Elle n’a jamais été aussi sensuelle.

 


Texte de Joseph Di Gregorio

César et Rosalie, de Claude Sautet (1972)

Le cinéma de Claude Sautet a cette subtilité rare qui permet de toucher les émotions du bout du cœur. Une histoire simple (c’est d’ailleurs le titre d’un autre film que le réalisateur donnera à la belle Romy) portée par des personnages animés par de puissants sentiments, incarnés par des acteurs forts. Pas forcément des héros, ni des antihéros, seulement des êtres humains dans toute la splendeur de leurs failles. Avec César et Rosalie, le réalisateur retrouve Romy Schneider après Les choses de la vie et Max et les ferrailleurs. Cette fois, il lui offre un personnage de tout premier plan, celle par qui l’histoire se construit. Rosalie vit avec César, un homme d’affaires entreprenant, fait d’excès et d’amour passionné. Un jour, elle retrouve David qu’elle a aimé autrefois. David est à l’inverse de César, artiste posé, pudique et réservé. Les sentiments renaissent. Sautet et Jean-Loup Dabadie son scénariste peignent par petites touches un trio amoureux et par là même le sentiment amoureux dans tout ce qu’il a de complexe, de contradictoire et au fond de troublant. La société a changé, les mœurs ont évolué, l’époque n’est plus la même… pourtant la petite musique de Sautet n’a pas pris une ride. C’est là tout le talent d’un réalisateur qui s’est plus attaché à décrire les âmes que les circonstances.

Romy est Rosalie, une femme libre d’aimer et dont la liberté empêche un réel choix. Une des forces du film est de nous faire accepter, ce qui à l’époque n’était pas monnaie courante sur grand écran. Pourquoi elle aime ces deux hommes sans pouvoir vraiment choisir. Comment l’amour d’une même femme en vient à unir en amitié deux hommes. Idée qui peut paraitre difficilement admissible mais qui est en réalité parfaitement logique car ces deux hommes ont le plus beau, le plus fort des points communs : ils aiment Rosalie. « César sera toujours César, et toi tu seras toujours David, qui m’emmène sans m’emporter, qui me tient sans me prendre et qui m’aime sans me vouloir… ». Un écrin pour la belle Romy et la preuve éclatante d’une connivence profonde entre un réalisateur et son actrice.

 


Texte de Marc Moquin

Ludwig ou le Crépuscule des Dieux, de Luchino Visconti (1973)

Difficile d’être une grande actrice des années 70, et de ne pas, à un moment ou à un autre, passer devant la caméra du génie Luchino Visconti. Fresque mémorable, homérique, poétique, tragique, Ludwig ou le Crépuscule des Dieux fantasme la vie de Louis II de Bavière (Helmut Berger), roi fou enfermé dans ses délires de mythologie teutonique et wagnerienne. Romy Schneider endosse de nouveau le costume d’Elisabeth d’Autriche, dite « Sissi », cette fois-ci dans une version baroque, troublante et assombrie. Le film tout entier est un opéra splendide autant que funèbre, dont Schneider est une pièce maîtresse, apparaissant pourtant avec parcimonie, mais donnant le ton de toute l’amplitude couverte par Visconti.

Anti-classique, le film de Visconti travaille autant le mythe que la réalité de l’histoire de ce règne désastreux : face caméra, des intervenants, proches et collaborateurs du roi, y font son procès posthume. En donnant une forme d’authenticité à l’irréel le plus démentiel qui soit (la moindre mesure entreprise par la Cour est non seulement ruineuse, mais la plupart du temps inutile), Ludwig ou le Crépuscule des Dieux s’interroge aussi sur la décadence des grands empires et des grandes figures de l’Histoire, comme si l’excès de Romantisme était son ultime fléau. Finalement, le film est autant tourmenté et complexe que Visconti, décédé quatre ans plus tard. Quant à Romy Schneider, elle aurait saisi enfin l’opportunité de briser à jamais, dans la plus grande intelligence et le plus grand faste qui soit, un rôle qui l’a longtemps conditionnée, révélant elle aussi toute sa complexité, elle aussi tout son tourment.

 


Texte de Sophie Wittmer

L’Important c’est d’aimer, d’Andrzej Zulawski (1975)

Une comédienne outrageusement maquillée, actrice paumée contrainte de tourner dans des films pornographiques, filmée en gros plan, des larmes coulent sur son visage, elle supplie l’homme qui l’observe de ne pas la photographier ainsi… Une scène fulgurante, bouleversante, l’une des plus émouvantes de la carrière de Romy Schneider. Elle incarne cette femme avec une sincérité d’une étonnante puissance, frissonnante, elle n’est plus Romy, elle est Nadine, comédienne déchirée, brisée, cherchant désespérément à être heureuse. Un film troublant, brillamment interprété également par deux comédiens qui l’encadrent avec force, Jacques Dutronc et Fabio Testi, ou encore Klaus Kinski et Michel Robin. Andrzej Zulawski les filme de manière dénudée, tranchante, créant un climat nauséeux par lequel le spectateur se trouve emporté. Mais au-delà de sa mise en scène, percutante, il y a Romy Schneider. Elle transperce l’écran et porte ce film pour lequel elle a obtenu le césar de la meilleure actrice. Aucune comédienne n’a aujourd’hui cette présence à la fois déchirante et lumineuse qui la rend aussi unique, aussi inoubliable.

 


Texte d’Alexis Hyaumet

Le Vieux fusil, de Robert Enrico (1975)

« Alors, l’Autrichienne, on commençait à se languir de vous ! Pardonnez-moi mais je dois partir. » C’est par ces mots que fut amorcé la première collaboration entre Philippe Noiret et Romy Schneider. « C’est un goujat, ce gros-là ! Je ne vais pas pouvoir travailler avec lui ! » aurait-elle répliqué au réalisateur du Vieux fusil après le départ de l’acteur qui avait patienté, plus que de raison, après la star des films de Claude Sautet. Jacqueline Bisset ou Catherine Deneuve, d’autres actrices étaient venues à l’esprit de Robert Enrico pour incarner le souvenir douloureux qui allait hanter Julien Dandieux, se vengeant de soldats SS responsables de la mort de sa femme et sa fille. Mais il n’y avait pas de doute pour Enrico. Il fallait Romy Schneider, que sa grande classe naturelle s’oppose au côté bourru de Noiret. Encore fallait-il parvenir à les convaincre de jouer ensemble pour le plus grand bien du Vieux fusil. Et lors de leur première scène ensemble, où les deux personnages se découvrent dans une brasserie, l’actrice fit attendre encore l’acteur et arriva in extremis sur le plateau. Le ton était donné pour le reste du tournage.

La petite mélodie douce heureuse de François de Roubaix en ouverture du Vieux fusil ne nous laissait rien présager de ce qui allait suivre. L’image bucolique de Romy Schneider et Philippe Noiret à vélo sur une petite route de campagne est aux antipodes de l’horreur qui jaillira à l’écran. Car Le Vieux fusil s’inspire du massacre d’Oradour-sur-Glane du 10 juin 1944 et des exactions sur les civils de la division SS Das Reich pendant la Seconde Guerre mondiale, dix ans avant l’insoutenable Requiem pour un massacre d’Elern Klimov. C’est la violence du scénario qui avait poussé Lino Ventura à céder sa place à Philippe Noiret. Ce sifflement du lance-flamme mêlé aux cris d’effroi marqua pour longtemps des générations de spectateurs lorsque le cône de flammes s’abat sur Romy Schneider. Elle ne sera plus alors que souvenirs heureux dans la mémoire inconsolable du personnage de Noiret, quand elle apparaît sur la pellicule d’un film de famille tourné lors d’un été à Biarritz. Dans Le Vieux fusil comme aujourd’hui, Romy ne vit plus qu’à l’écran et dans nos souvenirs.

 


Texte de Marc Moquin

La Mort en direct, de Bertrand Tavernier (1980)

Fable d’anticipation visionnaire, La Mort en direct est d’autant plus d’actualité à l’heure de la culture du voyeurisme des réseaux sociaux. Bertrand Tavernier y filme mourante, Romy Schneider, dont la fin de vie est captée par une télé-réalité dissimulée. De ce postulat morbide, le film érige un personnage féminin fort, échappant justement à ce destin. L’incarnation qu’en fait Romy Schneider est idéale, d’autant par sa beauté absolue mais aussi les épreuves qu’elle a traversé – et, hélas, qu’elle sera encore amenée à rencontrer. Tavernier l’iconise naturellement, tout en poursuivant une certaine tendance pour l’anticipation, qui avait été préalablement entretenue par la Nouvelle Vague et ses amis Jean-Luc Godard (Alphaville) ou François Truffaut (Fahrenheit 451).

Complété par un casting de marque (Harvey Keitel et Harry Dean Stanton), le talent photographique inégalable de Pierre-William Glenn et enfin les compositions d’Antoine Duhamel, La Mort en direct est curieusement souvent oublié dans la filmographie de Bertrand Tavernier comme dans celle de Romy Schneider. Pourtant, c’est encore et toujours une interrogation sociétale passionnante, qui consacre non seulement une grande actrice, mais explore davantage son goût pour la blessure intérieure et l’agonie, ce sentiment un brin amer qui la nuançait, en faisait ce personnage à la mélancolie touchante, à qui rien ne résistait, pas même la science-fiction.

 


Texte d’Alexis Hyaumet

Garde à vue, de Claude Miller (1981)

Difficile pour une femme d’exister dans un film présenté d’avance comme un duel au masculin. Si devant la caméra Michel Serrault et Lino Ventura s’affrontent lors d’une pluvieuse nuit de la Saint Sylvestre dans ce commissariat, le réalisateur Claude Miller aura su s’imposer également face à son scénariste Michel Audiard et ses producteurs. Miller était conscient que son film de commande avait un gros potentiel. Il proposa à Romy Schneider de venir interpréter Mme Martinaud, la femme du notable mis en cause dans une affaire de viol suivi de meurtre sur des jeunes filles. C’était pourtant Françoise Fabian qui avait été pensée par les producteurs. Alexandre Mnouchkine voyait en Schneider l’ajout inutile d’une autre grande star à la tête d’affiche déjà occupée par Serrault et Ventura. Le réalisateur parvint à tous les convaincre de la présence de l’actrice dans ce rôle bref mais capital de Garde à vue. Mais celle-ci, sortant de La Mort en direct de Bertrand Tavernier, enchaînait les drames dans sa vie personnelle et avait pris ses distances avec le cinéma en réduisant son nombre de films par an.

Malgré le caractère glauque de son long-métrage, Claude Miller réussit à la faire tourner pendant la dernière semaine de février 1981. Sa confrontation avec Lino Ventura qui cherche à accabler le personnage de Michel Serrault prit le plus de temps. Romy Schneider est alors loin de ses rôles lumineux dans lesquels on aimait la voir évoluer. Elle est ici froide et monolithique, tenant le rôle de cette femme pleine de ressentiment envers son époux. Le réalisateur créait l’attente chez le spectateur de son intervention à l’écran. Annoncée sur les affiches promotionnelles et au début du film, l’actrice n’apparaît pourtant qu’après trois quarts d’heure de joutes verbales entre Serrault, Ventura et Guy Marchand. Jusqu’aux ultimes changements apportés au montage, Miller hésita sur la conclusion de Garde à vue. Le dramatique final pour Romy Schneider était mis en balance avec un autre où le couple Martinaud repartait en voiture, s’enfonçant encore plus dans la haine de l’autre après cette épreuve. Les deux fins avaient été tournées, mais ce sont les producteurs qui tranchèrent pour la version la plus tragique à l’image. Garde à vue sera l’avant-dernière apparition de Romy Schneider sur le grand écran.