Real : Kiyoshi Kurosawa explorateur de l’inconscient

de le 13/02/2013
 
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Après 5 ans d’absence, relative, au cinéma, Kiyoshi Kurosawa signe son grand retour avec Real, drame de science-fiction à la rencontre de l’inconscient. An centre, évidemment une histoire d’amour, et la promesse d’une approche radicale de la part de celui qui règne en maître sur le cinéma de genre japonais depuis quelques années maintenant.

Alors que Tokyo Sonata semblait marquer un virage violent dans la carrière de Kiyoshi Kurosawa, le réalisateur de Kobe a dissipé tous les doutes à travers sa mini série TV Penance, 5 épisodes formidables ensuite exploités sous la forme de film. Il n’en a pas fini avec le cinéma de genre, et l’arrivée de Real (リアル 完全なる首長竜の日) confirme la chose. Précédemment nommé The Day Of The Real, Perfect Plesiosaur, il s’agit d’une adaptation d’un roman de Rokuro Inui paru en 2011 sous le titre « A Perfect Day for Plesiosaur » (ou équivalent, selon les traductions) qui avait été salué lors de sa parution au Japon parmi les sorties de thrillers. C’est la seconde adaptation de roman successive pour Kiyoshi Kurosawa qui avait jusqu’ici construit une carrière exemplaire en écrivant lui-même ses scénarios. Cependant, le projet est suffisamment intriguant pour que l’artiste puisse y exprimer à nouveau toutes ses obsessions, avec ce goût pour le drame humain qui vampirise son cinéma. A première vue, on se situe quelque part du côté d’Inception et Paprika, avec un homme qui va, grâce à la technologie, explorer la partie inconsciente du cerveau d’une femme. Le ton du teaser dévoilé ces dernières heures n’est d’ailleurs pas si éloigné du film de Nolan, avec cette patte du réalisateur de Kaïro toujours capable de balancer des plans dévastateurs mais discrètement, leur donnant toujours plus d’impact.

Real

Real c’est l’histoire de Koichi et Atsumi, deux amis d’enfance devenus amants. Il y a un an Atsumi a tenté de se suicider et se trouve depuis dans le coma. Koichi, dévasté par le drame, cherche désespérément à savoir pourquoi elle a tenté de se suicider, et il rejoint un nouveau programme médical impliquant le système nerveux. L’expérience permettra à Koichi de pénétrer l’inconscient d’Atsumi.

Dans son inconscient, quand il la rencontre, elle lui demande de retrouver le dessin d’un plésiosaure qu’elle fit dans son enfance et de lui en ramener une photo. Le dessin est la clé pour ramener un souvenir d’enfance effacé qui va reconnecter leurs esprits et éclairer ce drame.

Si on pense naturellement aux films cités plus haut, Kiyoshi Kurosawa pourrait bien en faire son Eternal Sunshine of the Spotless Mind tant les deux pitchs ont en commun. De quoi s’attendre à un film pas vraiment joyeux aux racines d’une histoire d’amour à l’issue malheureuse. Côté casting, le couple principal s’invite dans la galaxie Kurosawa pour la première fois. Koichi est interprété par Takeru Sato, vu ces dernières années dans Goemon ou l’adaptation cinématographique du manga Beck, tandis que le rôle d’Atsumi revient à Haruka Ayase, apparue dans le pas terrible TV Show de Hideo Nakata et star du pas vraiment mieux Ichi de Fumihiko Sori. Ils sont accompagnés de pointures déjà familières du cinéma de Kiyoshi Kurosawa telles que Miki Nakatani (Loft), Joe Odagiri (Jellyfish, Retribution) ou Yutaka Matsushige (Charisma). Mais on y croisera également Shota Sometani, star de l’impressionnant Himizu de Sono Sion. Du beau monde donc pour donner vie à ce script fruit d’un travail d’adaptation par Kiyoshi Kurosawa lui-même et Sachiko Tanaka, déjà présent à l’écriture de Tokyo Sonata.

Après Real, le réalisateur devrait enchainer avec un projet énorme, 1905 avec Tony Leung Chiu-wai. Le film sera à 90% en langue chinoise et se situera dans le Yokohama du début de siècle dernier, reconstruit de toutes pièces à Taïwan.

En attendant, Real sortira sur les écrans japonais en juin 2013. On peut miser sur sa présence à Cannes d’où Kiyoshi Kurosawa était reparti triomphant dans la sélection Un Certain Regard en 2008 avec Tokyo Sonata.