One last ride, and he’s free. Dennis Hopper n’est plus.

de le 29/05/2010
 
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Artiste paradoxal qui a accouché d’un Easy Rider culte malgré ses opinions politiques conservatrices, grand photographe exposé dans les plus belles galeries, peintre, poète mais surtout immense acteur, Dennis Hopper vient de nous quitter.

Parfois dans des élans remplis d’hypocrisie on pleure certaines célébrités, mais parfois certains départs nous touchent pour de bon, c’est le cas ici. Dennis Hopper faisait partie de ces quelques monstres sacrés du cinéma. En temps que réalisateur, en l’espace de quelques 7 films il va du chef d’oeuvre générationnel qui a presque lancé la vague hippie à du sombre nanar qu’il signe sous le pseudo bien connu d’Alan Smithee. Mais au milieu il y a Colors, il y a Hot Spot ou encore Out of the Blue. Hopper était un artiste engagé, un vrai, un rebelle. Ce n’est pas pour rien si Sean Penn l’a toujours adoré, car c’était surtout en tant qu’acteur qu’il a aimé bousculer les conventions!

Il avait été l’ami de James Dean, dont la disparition l’avait tellement secoué qu’il s’est retrouvé banni d’Hollywood après un sérieux pétage de plombs sur un tournage, ce qui lui a permis de se consacrer à ses autres passions. Comme beaucoup de très grands, il a vécu dans l’excès. Avec le succès, la drogue et l’alcool deviennent des plaisirs faciles. Mais cela n’entâche en rien son talent tout simplement immense. Sa dernière apparition en public était pour enfin recevoir son étoile sur Hollywood Boulevard, affaibli, malade depuis des années d’un cancer, mais avec toujours le même sourire. Il se savait pourtant condamné.

Les plus jeunes ne le savent peut-être pas, mais avant de se retrouver dans les bacs à soldes au milieu de ces productions d’Europe de l’Est qui lui permettaient de survivre après la ruine, Dennis Hopper a eu une des plus belles carrières du cinéma américain, et le terme de monstre sacré n’est pas volé.

On ne va pas refaire sa filmographie mais le monsieur pouvait être fier d’avoir été présent dans les évènements les plus importants de l’industrie, des oscars au festival de Cannes, où Easy Rider fut récompensé comme meilleur premier film. Chacune de ses apparitions, y compris dans les pires navets, imposait le respect. Car il avait la marque des plus grands, une présence imposante et naturelle, une sorte de puissance mystique qui en faisait une figure inégalable et inoubliable.

Il a tourné sous la direction de Nicholas Ray, John Sturges, Stuart Rosenberg, Orson Welles, Wim Wenders, Francis Ford Coppola, Sam Peckinpah, Tobe Hooper, David Lynch, Robert Altman, Sean Penn, Paul Schrader, Julian Schnabel, Stuart Gordon, Nicolas Roeg, Abel Ferrara ou George A. Romero. Il vient de nous quitter le 29 mai 2010.

Il était un symbole de liberté, de révolte, il va manquer au cinéma, et il va nous manquer.

Like all artists I want to cheat death a little and contribute something to the next generation. [Dennis Hopper; 1997]