On l’appelle Jeeg Robot : Des super-héros très discrets

de le 04/05/2017
 
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Que fait un super-héros quand il ne loge pas dans un blockbuster ?

Surprenant, On l’appelle Jeeg Robot l’est à plus d’un titre. Inspiré d’un anime japonais des années 80, le film raconte l’histoire d’un petit malfrat qui, à la suite d’une poursuite, se retrouve contaminé par une substance radioactive lui donnant des pouvoirs hors normes. Jusqu’ici rien d’exceptionnel. Il faut maintenant ajouter que On l’appelle Jeeg Robot est une production italienne, qu’avant d’arriver jusqu’à nous le film a glané multiples récompenses (dont 7 césars italiens) et attiré le public en masse dans son pays. Il faut aussi préciser que bien que réalisé avec le budget modeste de 1,7 M€, nous sommes bien dans un film contenant son lot de scènes d’action (réussies) mais pas trop envahissantes, car, au fond, On l’appelle Jeeg Robot raconte une histoire avec des personnages fouillés et un contexte social assumé.

Une fable urbaine à la fois drôle, décalée, spectaculaire et touchante. Car, oui, il y est aussi question d’amour et d’évolution personnelle. Si le film est réussi, il le doit à un metteur en scène, Gabriele Mainetti, qui sait parfaitement doser spectacle et dramaturgie à hauteur de son budget, et à des comédiens impliqués avec en tête Claudio Santamaria et la révélation Ilenia Pastorelli, épatante dans un personnage décalée et attachant.

Amateurs ou non amateurs du genre super-héroïques, ce film est pour vous car il va bien au-delà de ça. Nous avons voulu faire un petit tour d’horizon des « frangins » de Jeeg Robot en mettant en avant des super-héros tout droit non sortis du modèle blockbuster US, loin de Marvel, DC Comics et autres. Des films souvent méconnus qui ne manquent pourtant pas de piquant.

 

Defendor de Peter Stebbings (2009)

Dans la lignée de Super ou Kick-Ass, Defendor est un faux film de super-héros dans le sens où le héros n’a rien de super (pas de super pouvoir, pas de modification génétique…). Il s’agit d’un mec banal qui s’auto-proclame super-héroïque par envie de faire le bien, parce qu’il croit à sa réalité et parce qu’au fond il est profondément seul. Le film ne joue pas sur le spectaculaire mais s’appuie sur l’incarnation sans faille de Woody Harrelson d’un personnage profondément humain. Inédit en salle chez nous, il est trouvable en DVD. Un conseil, tentez le coup si vous ne l’avez pas vu, c’est plus subtil que ça ne parait.

 

Griff The Invisible de Leon Ford (2009)

Un employé de bureau, mal dans sa peau, devient la nuit un super-héros invisible au service des femmes en détresse. Là encore, il n’a de super que les intentions tant le jeune homme n’a strictement aucun pouvoir. Proche dans la thématique des Defendor, Kick-ass et autre Super, Griff the invisible se révèle différent par le traitement décalé qui prêche pour le pouvoir de l’imaginaire face à une réalité compliquée. Une sorte de Walter Mitty en somme. Une comédie romantique atypique mettant en scène des personnages loufoques et touchant. Film australien datant de 2009, inédit en salle chez nous.

 

Le Garçon invisible de Gabriele Salvatores (2014)

Un jeune adolescent découvre qu’il a le pouvoir de devenir invisible. Lui qui est d’habitude transparent aux yeux de tous va utiliser ce don afin de s’affirmer. Véritable métaphore de l’adolescence et ses complexités, Le Garçon invisible est un film italien qui joue malicieusement du fantastique pour mieux dépeindre un propos réaliste. Un film qui tient à la fois du divertissement avec la petite pointe de cinéma d’auteur qui ne fait pas de mal. Une bonne surprise qui a ravi le jeune public et dont une suite est en cours de réalisation.

 

Vincent n’a pas d’écailles de Thomas Salvador (2015)

Et la France dans tout ça ? On ne peut pas dire que les super-héros inspirent nos cinéastes. En fouillant, on arriverait à peine à sortir un super résistant dans Papy fait de la résistance, et encore on serait plus proche de Zorro que de Superman. Il faut donc saluer l’originalité de Thomas Salvador et son Vincent n’a pas d’écailles qui, sous un ton poétique et drôle, nous parle d’amour. Vincent est un jeune homme solitaire qui développe des pouvoirs surhumains au contact de l’eau. Il rencontre Lucie et en tombe amoureux. Peu de dialogues mais beaucoup d’idées et une générosité d’émotions. Atypique, Vincent n’a pas d’écailles l’est assurément. Dans le bon sens.

 

The Portuguese Falcon de João Leitão (2015)

Une rareté venue du Portugal. Un soldat fasciste devient un super-héros pour défendre la dictature contre les opposants. Le film fait de personnages détestables des héros (et même super-héros donc) afin de mieux prendre à rebrousse poils une situation sérieuse. C’est décalé, complètement barré et non dénué d’intérêt. Bon… c’est aussi difficilement trouvable.

 

Superbob de Jon Drever (2015)

Pas un film américain mais une comédie british qui joue plus sur l’humour que sur l’action. Comment faire un film de super-héros quand vous n’avez pas de gros budget ? Simple et astucieux, réponse dans le pitch. Bob est un super-héros au service du ministère de la défense. Et le seul dans sa catégorie. Aujourd’hui c’est son jour de congé et en plus il n’y a pas un méchant dans les parages. Son but, trouver l’amour. Comme quoi, pas besoin de scènes d’action, d’ennemis diaboliques et autres éléments spectaculaires pour mettre en scène un super-héros. Avec l’humour de nos amis anglais, tout passe.

 

Antboy d’Ask Hasselbalch (2013)

Le Danemark a lui aussi son cinéma de super-héros. Et Antboy est destiné en priorité aux enfants. Deux bonnes raisons pour s’arrêter dessus. Un gamin de 12 ans est mordu par une fourmi et hop… super-pouvoirs à la clé ! Il devient Antboy et doit combattre un super vilain. C’est pas forcément original mais c’est très frais et en plus ça ravit le jeune public visé. Deux suites ont vu le jour.

 

Defender de Rakesh Roshan (2013)

Defender ou Krrish 3 est un film indien. Un film de super-héros made in Bollywood. Pour l’histoire, on a droit à un virus venant d’Afrique du Sud, un méchant docteur diabolique et un héros masqué, Defender, possédant des pouvoirs démesurés. Pour la forme, c’est un spectacle total avec effets spéciaux, action et danses. Si vous êtes curieux et amateurs, le film est disponible en DVD.

 

HK : Forbidden Super Hero de Yuichi Fukuda (2013)

Titre original : Hentai Kamen. Prêt pour le pitch ? Accrochez-vous ! Un jeune homme introverti et ayant un peu de mal avec le sexe féminin va malencontreusement un jour se mettre une culotte de femme sur le visage. Et là… son côté pervers va se réveiller puissance 1000. Un super-héros pervers avec une culotte sur la tête en guise de costume… c’est pour ça que nous aimons aussi nos amis japonais. Ils osent tout. Inutile de vous dire que c’est complètement barré, délirant, un WTF total contre la société puritaine japonaise. Bref, un ovni.

On l’appelle Jeeg Robot de Gabriele Mainetti. Sortie le 3 mai 2017. Film interdit aux moins de 12 ans.