M : De Mot à Mo avec Sara Forestier, rencontre avec l’actrice-réalisatrice

de le 29/11/2017
 
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Le 15 novembre sort le premier long-métrage de Sara Forestier, M. Primé aux dernières Gionarte degli Autori de la Mostra de Venise (Label Europa Cinéma), ce drame relate l’histoire d’amour improbable entre une jeune lycéenne bègue, Lila (Sara Forestier) et un dur à cuire, trentenaire illettré, Mo (Redouanne Harjane). Le contraste saisissant qui règne entre les deux personnages, s’évapore quand les sentiments fous les enlacent. Sara Forestier, à la fois devant et derrière la caméra, aura pris près de huit ans pour mener à bien ce film (un processus de casting phénoménal impliquant 600 personnes pour le rôle de Mo, une cinquantaine pour le rôle de Lila, un montage de 2 ans pour 200 heures de rushes…). Inspirée d’une histoire d’amour personnelle avec un jeune homme ayant caché son illettrisme, c’est à l’oreille d’Abdellatif Kechiche, alors intéressé, que l’actrice murmure, il y a plus d’une décennie, les bribes de ce que deviendra M. Finalement, Sara Forestier décide d’écrire le projet et de le porter elle-même à l’écran. Lauréate de la fondation Gan pour ce long-métrage, l’actrice se positionne dorénavant comme une cinéaste qui s’affirme dans ses intentions d’écriture et de mise-en-scène.

Elle propose une idylle des plus sulfureux où l’inattendu demeure sans doute dans ce duo des plus étonnants : Harjane / Forestier, qui danse sur une corde raide. Redouanne Harjane, habitué au stand up, abandonne sa guitare à l’humour grinçant et la scène pour s’exercer ici à une entreprise qui pourrait s’avouer périlleuse, mais qui s’avère véritablement surprenante. Sans doute ici se révèle le travail d’une réalisatrice, tant dans la direction d’acteurs que dans la mise-en-scène. Déjà deux court-métrages et un moyen métrage à son actif, Sara Forestier, surdouée (elle débute à l’écran, à l’âge de 15 ans au cinéma, réalise son premier court à 19 ans), s’active à créer à son tour, et anime personnellement ses « modèles », pour reprendre l’expression de Robert Bresson.

Rencontre avec l’actrice dans le rôle de la réalisatrice.

REALISATION

Très tôt, vous vous êtes lancée dans la réalisation, puisque vous avez tourné votre premier court-métrage à l’âge de 19 ans en 2005 avec « Ça se voit direct ». Est-ce un désir que vous avez toujours eu, ou s’est-il révélé à travers votre expérience d’actrice ?

C’est la continuation. Quand j’étais petite, j’écrivais des petites histoires sur des calepins. J’ai eu besoin d’aller vers l’imaginaire, d’inventer des histoires, de parler du monde, de « comment je le reçois », « comment je le vis ». C’est plus une introspection.

Le fait qu’on vive en ville, ne permet pas de vivre la vie totalement à travers toutes les sensations qu’elle nous offre, parce que celles-ci sont anesthésiées, ne serait-ce que physiquement par la pollution… Le fait de ne pas être connecté à la nature, d’avoir des rythmes de vie effrénés etc., on sent la vie de manière moins « forte ». C’est fort dans le rythme mais j’ai l’impression qu’on la perçoit moins. Quand je suis dans la nature, je me sens beaucoup plus vivante. Je perçois le monde par mes sens, par mon nez, par ma peau… Le fait d’avoir été élevée en ville, a anesthésié mes sensations et j’avais besoin de m’évader par l’imaginaire. A défaut de vivre la vie avec toutes les sensations qu’elle peut offrir dans la nature, j’ai eu envie de la décrire.

Le cinéma, c’était peut-être une manière de vivre la vie plus fort ou d’imaginer des sensations plus fortes, comme si ces émotions étaient constantes, plus que dans mon quotidien.

Pourquoi pas le roman plutôt que le film ?

Parce que je me méfie des mots. C’est pour ça que j’adore autant les poèmes, je pense que lorsqu’on est dans une économie des mots, on les choisit mieux. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de silence dans le film.

Le 8 novembre sort le premier long métrage de Rachid Hami, La Mélodie. Vous avez, tous deux, partagé l’affiche de L’Esquive. Il a réalisé 2 moyens métrages, dont le premier dès 2007. Beaucoup de points communs vous lient. Y aurait-il un « effet Kechiche » ?

Abdel, c’est une rencontre incroyable dans la vie d’un comédien et, d’un artiste en général. C’est quelqu’un qui a une telle liberté dans sa manière de faire du cinéma. C’est une expérience incroyable ; il nous montre qu’on peut faire du cinéma autrement, à la « normale », et que c’est vraiment un art.

En avez-vous parlé avec Rachid Hami ?

Non pas du tout, car on n’a pas tellement gardé contact. J’ai gardé contact avec Sabrina (NDLR : Ouazani).

Ce parcours vous étonne-t-il ?

Non, j’étais hyper heureuse. Il m’avait parlé de son désir de réaliser, très vite après L’Esquive. C’est marrant, ça a dû naître en même temps chez lui comme chez moi. Je suis hyper heureuse de le voir comme ça. C’est beau sur ce que ça raconte sur Abdel, sur l’impact qu’il peut avoir, en inspirant les gens qui l’entourent. Il a même révélé Sabrina. Il change vraiment la vie artistique des gens, parce qu’on voit pratiquement que systématiquement, toutes les comédiennes qui tournent avec lui, ont une carrière solide derrière.

Par rapport à l’héritage Kechiche, cela se sent dans votre film. Comment vous êtes-vous réappropriée le langage cinématographique à votre tour ?

De manière très autodidacte, de manière surtout humble dans le sens où j’écoutais mon projet. A savoir ce que me dictait mon sujet, mon obsession de vouloir parler d’une expérience amoureuse.

On a beaucoup l’habitude de voir l’amour traité de loin, un peu de manière « fleur bleue », fantasmée. Mais il ne faut pas oublier que dans le fantasme, il y a une part de déni. On fantasme les choses parce qu’on nie une partie de la réalité. Je trouve cela dommage, par rapport à l’amour. L’amour est une expérience incroyable dans sa profondeur, dans son ampleur. Une expérience amoureuse, c’est à la fois fort, violent, parfois ça nous percute dans une vie. En même temps, ça peut être une expérience de jouissance des sens, de libération de soi, de ses émotions, et révélateur aussi sur ce qu’on découvre sur soi-même, en bien ou en mal, c’est un prisme. L’intimité permet vraiment de ressortir des choses de son inconscient aussi.

Cette expérience sensorielle de l’amour, comment l’avez-vous travaillée en amont ?

Déjà, il y a l’écriture. Son angle, ce dont on parle, et les scènes où on raconte une rencontre. Comment ça se passe, les regards, les gestes… Beaucoup de choses se passent en creux, parfois c’est le fait de ne pas dire certaines choses. Le fait que quelqu’un se met en retrait, mais peut également nous attirer etc.

Le fait d’écrire une scène où les gens se parlent vraiment. Tout d’un coup, on a un face à face, un déjeuner dans un restaurant. Ce ne sont pas juste des gens qui se parlent. On peut filmer des gens qui se parlent mais, ils ne disent rien. C’est aussi dans l’écriture que ça se joue. Qu’est-ce qu’ils se disent ? La première fois qu’ils se parlent, ils se parlent « vraiment ». Ça passe par une écoute. Tout d’un coup, c’est découvrir ce qu’on veut dire au moment où on le dit et être étonné de se dire : « ah putain, j’ai dit ça ! », « je lui ai dit ça sur moi », « j’ai dit ça pour quoi », ou  « qu’est-ce que ça veut dire sur moi ? ». C’est vraiment appréhender à l’écriture ce que veut dire l’intimité ou la non intimité, dans le rapport amoureux, qui passe par ce rapprochement, cet éloignement…

Dans la manière de filmer, instinctivement, qu’est-ce qui se passe avec les acteurs ? Vers où les emmène-t-on ? Il faut écouter une scène également. Il y a des scènes que j’ai changées, qui sont devenues plus douces au tournage. Par exemple, la scène où Lila parle pour la première fois. Mo demande à se faire gazer pour pouvoir avoir les yeux fermés, pour que Lila ne puisse plus écrire sur le calepin et qu’elle accepte de communiquer. Cette scène était censée être plus drôle et finalement, je l’ai amenée vers de la douceur. Par le corps, les mains, les caresses…

Et c’est quelque chose qu’on retrouve avec les acteurs, quand tout d’un coup, il y a une incarnation. Il faut être à l’écoute de ça. On est constamment à l’écoute d’une vérité, et on doit être constamment à l’écoute de son propre film. Quelle vérité en ressort ? Ça demande beaucoup d’humilité de faire un film, de l’humilité par rapport à son projet, par rapport à la vérité des acteurs en face de nous. Cela demande de s’adapter au rythme qu’un film vous impose, sans forcer, sans vouloir accélérer le processus.

Ce sont des idées qui ont été prédéfinies, d’autres sont nées sur le tournage. Aviez-vous des directives précises ?

J’avais des directions, mais j’avais des inspirations que je donnais à mon chef-op’, Guillaume. On a parlé de Terrence Malick pour les peaux. J’ai beaucoup parlé des films artisanaux comme Les Bêtes du Sud Sauvage, très simple dans l’approche. Le Cabaret de Bob Fosse… J’aime le charme de l’artisanat, je ne voulais pas d’efficacité, de sophistication dans la réalisation. Je voulais que le film soit charnel et pas cérébral. Je m’en foutais de montrer que je savais filmer, ou que j’étais intelligente. Mon film devait être humble par rapport à ce sujet, à ce qu’on filme.

Avez-vous une approche « genrée » de la réalisation ?

Non, je filme à travers les sensations que j’ai eues ; j’ai voulu les retranscrire. J’ai une liberté. Par exemple, on me parle beaucoup de ce plan dans la scène d’amour, où je filme le désir féminin. C’est juste naturel pour moi de parler du désir féminin. Les gens vont dire que c’est un acte féministe, mais parce que c’est assez rare qu’on filme le désir féminin, c’est tout.

Il y a un aspect naturaliste, voire réaliste, qui se dégage de votre film. Il est vrai que vous avez tenté de privilégier un certain réalisme notamment en essayant de caster une véritable jeune fille bègue (vous en avez vu une cinquantaine). Vous avez même travaillé votre rôle avec des gens souffrant de cet handicap. Quelle était l’importance de ce souci de réalisme ?

Je ne dirais pas naturaliste, ça me fait penser aux natures mortes. Je ne parlerais pas non plus de « réalisme », de « réel » etc. Ce qui m’intéresse, c’est la véracité, la vitalité. 

Pourquoi ce souci de vérité ?

Parce que la caméra ne triche pas.

Et pourtant ça reste une fiction, il y a des images qui sont montées etc.

Oui, parce que la vérité se situe parfois ailleurs, comme dans X-Files (rires). Elle se situe dans quelque chose de très intime, par exemple, un regard, C’est ce que je recherchais avec Redouanne et que j’ai vu chez lui pour le personnage de Mo. Tout d’un coup, une noirceur véritable. Je n’ai pas cherché le réalisme, je n’ai pas cherché un vrai illettré. Quoiqu’au début, je pensais que c’était intéressant de caster des garçons comme ça.

 

DIRECTION D’ACTEURS

Pour Redouanne Harjane, comment l’avez-vous façonné pour qu’on ressente ce « regard » à notre tour ?

C’était un travail constant sur le plateau pour faire en sorte que Redouanne se reconnecte constamment à ses sensations et qu’il accepte surtout le lâcher prise, qu’il puisse montrer cette part de lui.

Cela a-t-il été compliqué ?

C’était un premier film pour lui, il avait du mal à lâcher prise, il ne comprenait pas. J’ai essayé de lui donner des clés, et parfois, il ne comprenait pas le processus.

J’ai pris énormément de temps. Je fais de toute façon beaucoup de prises, même avec moi-même. Cette recherche de vérité, je l’ai avec tous mes comédiens.

Est-ce Redouanne Harjane qui a apporté le trait d’humour au personnage de Mo ?

Il était là, dès le départ. Le personnage a de l’humour parfois, il est drôle malgré lui, par ses limites également.

Par rapport à ces limites, est-ce que vous avez laissé de la place à Redouanne Harjane pour de l’improvisation ?

Très peu. On a surtout travaillé ensemble.

Comment avez-vous appréhendé la direction d’acteurs d’horizons divers ? De Redouanne Harjane qui est issu du stand up, en passant par un grand nom de la Nouvelle Vague, Jean-Pierre Léaud, ou encore la toute jeune Liv Andren ?

Chacun sa recette. Avec chaque acteur, on a une approche différente. On sent instinctivement, on regarde l’acteur, on voit ce qu’il lui échappe, ce qu’il y a de vrai en lui, ce qui est proche du personnage, vers quoi il faut l’emmener, ce que l’acteur s’autorise ou non. La manière de le faire s’autoriser certaines choses, de montrer certaines parts de lui, c’est tout un travail.

Cela ne vous a-t-il pas fait peur, d’avoir un panel assez contrasté ?

J’ai adoré ça ! J’ai pris beaucoup de plaisir à diriger mes acteurs. Ça a été énorme !

Y’a-t-il des acteurs que vous souhaiteriez diriger ?

Ce n’est pas évident de tomber amoureux d’un acteur. Comme dans la vie, les coups de foudre sont rares. Il y a plein d’acteurs que je trouve très intéressants, mais pas de coups de foudre. L’envie de filmer quelqu’un, c’est quelque chose d’inexplicable, comme un coup de foudre, comme une rencontre amoureuse. Des fois, on comprend bien plus tard pourquoi on avait envie de filmer cette personne. 

Et si vous tombez « amoureuse » d’un acteur, écririez-vous un rôle en pensant à lui ?

Oui, la petite Liv qui joue dans mon film, je voudrais qu’elle soit dans mon prochain film car j’ai adoré tourner avec elle.

En tant que réalisatrice, y a-t-il un film que vous auriez aimé tourner ?

Non, le mien me suffit.

 

TECHNIQUE

Pour le montage, vous avez notamment travaillé avec 5 monteurs qui sont crédités au générique, en plus de vous. Vous avez vous-même utilisé le logiciel Avid. La durée du montage est assez impressionnante : 2 ans avec 200 heures de rushes. Pouvez-vous nous en dire plus sur les genèse et construction technique de votre film, notamment à travers le montage de votre long-métrage ?

Le montage a été très douloureux pour moi, parce que je changeais souvent de monteurs pour différentes raisons : parfois, ils n’étaient plus disponibles, parfois, je n’avais pas accroché avec certains. Finalement, j’ai failli me perdre car presque trop de gens avaient touché à ce projet. Heureusement, que j’ai monté moi-même, du début à la fin, puis j’ai terminé mon film seule au montage. Le choix des prises est très déterminant et il n’y a pas une seule scène que je n’ai pas montée de A à Z. Toutes les scènes ont été montées à l’ « image près », le fait d’avoir un souffle ou pas, de m’arrêter à un regard ou pas…

Cela a-t-il été compliqué d’arriver à ce que vous désiriez vraiment ?

Ça a été un processus assez chaotique mais j’ai eu des monteurs qui m’ont apporté des choses. J’ai beaucoup monté seule parce que malheureusement, le destin a fait que je n’ai pas pu avoir une collaboration unique, un face à face avec un seul monteur.

Mais il y a des temps qui sont incompressibles. Mon film a demandé deux ans de montage parce qu’il a demandé deux ans de montage, point.  Ça ne sert à rien de forcer les choses, car sinon on les foire.

Ce métier de technicienne-réalisatrice s’est façonné sur le terrain ?

En partie. J’étais très préparée. Il faut toujours rester à l’écoute de ce que le projet demande. J’ai tout appris en faisant ce film : j’ai appris à écrire, à monter. Quand je me retrouvais à monter les films moi-même, j’ai appris à le faire en le faisant.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le travail de l’image ?

Je dirais que l’image est épurée. Les paysages reflètent les mondes intérieurs des personnages. Toujours dans cette idée d’être dans l’intime. Je ne voulais pas les situer socialement, je trouve que l’on parle beaucoup du déterminisme social, alors que le déterminisme émotionnel est beaucoup plus puissant dans une vie. Je voulais que les décors soient le reflet de leur âme. Au début, les personnages sont d’une certaine manière, un peu « secs », dans le sens où ils sont un peu « désertiques », ils sont sur « pause » avant de se rencontrer. Ils sont sur un espèce de point mort.

Comment avez-vous travaillé avec votre chef opérateur, Guillaume Schiffman ?

Instinctivement. Guillaume est quelqu’un d’assez exceptionnel. Il a une grande humilité, une capacité à chercher et à oublier ses acquis, à être là. Ça a été un vrai partenaire sur le film. Il a vraiment joué le jeu, parce que c’était dur de porter des caméras aussi longtemps. Je filme beaucoup, très longtemps, je demande de ne jamais couper les prises. Ce n’était pas facile les premiers jours de tournage parce que ça ne se passait pas comme je voulais, il a dû changer sa méthode mais c’est quelqu’un de fidèle.

 

NARRATION

Votre récit se présenterait tel un conte moderne. Notamment avec ces images fortes d’une banlieue fantasmée, avec le fameux bus et son hamac, où vit Mo.

Je préfère western plutôt que conte, parce que c’est une volonté de parler du désert, de la désertion même dans une vie. Un cowboy, c’est quelqu’un de solitaire. Ce que j’aime bien, c’est que tout peut être réinventé dans le désert. Un cowboy, on ne sait pas trop ce qu’il s’est passé dans sa vie ; on sent qu’il n’a plus rien à perdre, il fait des duels, il peut mourir.

J’aime la maturité qu’il y a dans les westerns. Les femmes, notamment les filles de joie, ce ne ne sont pas des gamines, mais des femmes assez mûres la plupart du temps. Ce sont des films assez noirs avec de la profondeur.

La musique apporte aussi une dimension particulière à votre film. Vous avez fait appel à à l’auteur-interprète Christophe qui n’en est pas à sa première bande originale de film. En quoi sa musique est-elle cinématographique ?

J’aime sa magie, il ressemble au film dans le sens où il est « frontal », où le sentiment prime. Je déteste cette espèce de dictature de la modernité ; dans le film, il y a quelque chose d’intemporel, et il y a ça chez Christophe. Il y a un goût, pas du tragique, mais de l’émotion. Pour moi, ces synthés, ça raconte cela aussi.

Un des moments que je préfère dans le film, c’est celui où elle lui cherche les poux, et qu’il y a le synthé derrière. Ça me fait pleurer presqu’à chaque fois.

Pensez-vous pouvoir écrire pour d’autres ? 

Non, pas du tout ! C’est déjà galère d’écrire un truc pour soi, alors pour les autres, non merci !

Initialement, vous aviez proposé votre projet à Abdellatif Kechiche, finalement ça ne s’est pas fait.

Oui, mais j’exprimais plutôt l’envie que le projet et que cette histoire existent. Mais en réalité, je pense que je ne l’aurais jamais laissé faire ! J’aurais tout de suite dit : « non en fait, je vais le faire, moi ! »

Et si on vous confiait un scénario, ça vous intéresserait ?

Oui, mais j’ai déjà des idées pour d’autres films, donc fallait venir avant !

 

[Remerciements au Studio Pontonfon]