Lesson of the Evil : Massacre Miike

de le 20/07/2012
 
FacebooktwitterFacebooktwitter

Les années passent et le rythme de Takashi Miike ne faiblit pas, sa folie créatrice non plus. Entre les adaptations de mangas et les relectures de grands classiques, il poursuit la construction d’une œuvre incohérente et éclectique truffée de fulgurances qui en font un cinéaste pas comme les autres. Adulé, détesté, méconnu, il est cet artiste insaisissable qui ne trouve le salut que dans la masse de travail abattue en un minimum de temps. En 2012, après Ace Attorney, adaptation d’un jeu vidéo éponyme sorti sur Game Boy, après For Love’s Sake, adaptation incroyable du manga Ai to Makoto, Lesson of the Evil est son troisième film de l’année.

Cette fois il s’attaque au roman Lesson of the Evil (Aku no Kyoten) de Yusuke Kishi, publié entre 2008 et 2010 sous forme de série dans le mensuel Betsatsu Bungeishunju. Un film bien noir en perspective à la lecture du sujet. Lesson of the Evil raconte l’histoire de Seiji Hasumi, le professeur le plus populaire d’un lycée au sourire dévastateur. Pourtant, c’est un psychopathe. Pour résoudre certains de ses problèmes au lycée, comme le harcèlement dont il peut être victime, et ainsi se protéger, il commence à tuer des lycéens les uns après les autres.

Le sujet est du pain béni pour Takashi Miike qui peut se laisser aller à toutes les outrances. Sur le papier, cela ressemble à une version bis et délirante de Confessions de Tetsuya Nakashima et on peut imaginer qu’une riposte étudiante à la Battle Royale est à envisager. Dans tous les cas, il semblerait bien que le cinéma japonais n’a pas encore réglé tous ses comptes avec sa jeunesse.

Dans le rôle du professeur on retrouve Hideaki Ito, qui tenait le rôle principal dans Sukiyaki Western Django, et parmi ses cibles les jeunes Fumi Nikaido et Shota Sometani (les rôles principaux d’Himizu de Sono Sion), mais également Takayuki Yamada (Serizawa dans Crows Zero) dans la peau du prof de sport du lycée.

Un beau casting, un metteur en scène capable de miracles, un pitch formidable, des couleurs qui pètent et des litres de sang versé potentiels… ça pourrait être très bon. Les japonais le sauront au mois de novembre. Quant à nous pauvres occidentaux, à moins d’un passage en festival…