Leonardo DiCaprio en 10 films

de le 21/07/2010
 
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Aujourd’hui le film évènement Inception de Christopher Nolan sort dans les salles et va surement tout écraser sur son passage comme il a commencé à le faire aux USA. Le film bénéficie d’un casting 5 étoiles avec au sommet un Leonardo DiCaprio une fois de plus flamboyant, prouvant une nouvelle fois qu’il a enfin acquis tout la légitimité du monde en tant qu’acteur, lui qui pendant longtemps n’aura été que le beau gosse au physique d’éternel adolescent. De sa génération c’est celui qui aujourd’hui s’en sort le mieux. Et ce n’était pas gagné tant il faisait partie de cette sorte de moule à acteurs interchangeables avec Matt Damon par exemple, des acteurs sans la moindre personnalité.

Mais les choses ont énormément changé. Il est bien loin le temps où le jeune italo-américain d’origine se frayait un chemin parmi le casting de Blessures Secrètes pour donner la réplique à Robert De Niro. À maintenant 36 ans il peut être fier d’une carrière surprenante, de collaborations avec les plus grands acteurs et réalisateurs d’Hollywood, et d’une image qui dépasse celle du playboy au visage d’ange. Son statut actuel il le doit essentiellement à une rencontre professionnelle déterminante, et la sortie d’Inception est l’occasion de proposer une sélection toute personnelle de ses meilleurs rôles pour suivre son évolution.

Gilbert Grape (Lasse Hallström, 1993)

4ème rôle au cinéma et il donne la réplique à Johnny Depp et Juliette Lewis. Leonardo DiCaprio a 19 ans, il en parait 14, il incarne un handicapé mental. Sa prestation ultra casse-gueule mais bluffante lui vaudra d’être nommé aux Oscars, c’est le véritable début de sa carrière même si on est encore loin du véritable phénomène.

Mort ou Vif (Sam Raimi, 1995)

Sam « the man » fait un passage éclair par le western et le jeune DiCaprio est choisi pour interpréter le Kid. Toujours avec son physique de gamin malicieux il ne démérite pas face à une belle brochette d’acteurs: Sharon Stone, Gene Hackman ou encore Russell Crowe. L’acteur laisse voir son côté rebelle dans une relation père/fils intéressante et Mort ou Vif, plus que ses autres films indépendants, sera le tremplin pour son premier gros carton, seulement un an plus tard.

Roméo + Juliette (Baz Luhrmann, 1996)

Outre le fait qu’il s’agisse là de ce qui restera comme une des adaptations les plus osées et intelligentes de Shakespeare, Romeo + Juliette n’est pas vraiment le film qui montre l’étendue du talent d’acteur de Leo. Sauf que le couple qu’il forme avec Claire Danes fonctionne plutôt bien et que l’acteur devient en un film une sorte de sex symbol romantique et rock n roll (mais pas trop). Les jeunes filles commencent à être en transe et ce n’est que le début.

Titanic (James Cameron, 1997)

Esquissé avec Romeo + Juliette, c’est avec la démesure de James Cameron que le mythe Leonardo DiCaprio explose littéralement. La recette de Cameron est évidente: un scénario ultra simple et des séquences qui en appellent aux fondamentaux, le tout derrière un spectacle techniquement irréprochable (la même recette que sur Avatar). Les réactions étant aussi démesurées que le film, toutes les jeunes femmes tombent amoureuses de l’acteur pendant que tous les jeunes hommes en sont jaloux, le phénomène est bien lancé et DiCaprio est devenu un symbole romantique, le rôle lui collera longtemps à la peau.

La Plage (Danny Boyle, 2000)

En 3 ans, l’image de l’acteur est toujours intimement liée à Titanic, c’est pourquoi Leonardo DiCaprio accepte de jouer dans la Plage. Si le film souffre du Syndrome Boyle, à savoir une première partie pas loin d’être géniale et une seconde qui part dans tous les sens pour un résultat bien bancal. Mais c’est surtout l’occasion pour l’acteur de porter tout un film sur ses épaules et d’essayer, à l’image de Brad Pitt, de casser son image de jeune premier. Il réussit presque, mais la révélation arrivera 2 ans plus tard.

Gangs of New York (Martin Scorsese, 2002)

Il est là le tournant de la carrière de Leo. Rien de tel que de rencontrer un immense réalisateur et de le convaincre afin de se construire une légitimité. Scorsese trouve avec DiCaprio son nouveau De Niro. Si Gangs of New York est un grand film malade honteusement charcuté, DiCaprio trouve enfin un rôle adulte, il tient presque la dragée haute à l’exceptionnel Daniel Day Lewis. C’est surtout les germes d’une collaboration fusionnelle.

Aviator (Martin Scorsese, 2004)

Marty et Leo rempilent et accouchent d’une oeuvre mégalo et boursoufflée qui étale bien trop ouvertement sa volonté de récolter des statuettes dorées. mais au delà de la grosse machine un peu pataude il y a un portrait éblouissant d’un autre mégalomane qui cache quelques thématiques chères à Scorsese. Leonardo DiCaprio trouve les ressources pour une interprétation tout en démesure et réussit à ramener Howard Hugues à la vie. Un grand acteur est en train de naître.

Les Infiltrés (Martin Scorsese, 2006)

Bien qu’il s’agisse d’un simple remake pensé pour le public américain du brillant polar HK Infernal Affairs, les Infiltrés ne manque pas d’atouts. Film peut-être le plus accessible de Scorsese, ce qui explique sans doute son succès, il permet de mettre en lumière à quel point DiCaprio est devenu un acteur d’un tout autre calibre que Matt Damon, qu’il n’a rien de ridicule face à un Jack Nicholson en roue libre et qu’il tiendrait presque la comparaison avec le Tony Leung du film original. Et comme un symbole de sa maturité, l’acteur reporte le bouc, ce qui lui donne facilement 5 ans de plus. On est définitivement très loin du gamin de Titanic.

Les Noces Rebelles (Sam Mendes, 2008)

Et pourtant c’est avec ce film qu’il atteint vraiment les hautes strates des acteurs les plus talentueux d’Hollywood. En incarnant le mari de Kate Winslet (le couple de Titanic en devient troublant) Leonardo DiCaprio impressionne par les subtilités de son jeu, on ne voit plus l’acteur mais son personnage. Adulte, effrayant, il donne vie à cette tragédie d’une noirceur abyssale qui traumatise durablement. Les Noces Rebelles est une grosse claque, on sent les bienfaits de la collaboration longue durée avec Scorsese.

Shutter Island (Martin Scorsese, 2010)

Dernier rôle en date avant Inception, c’est avec Shutter Island que DiCaprio confirme quel type de personnage lui convient le mieux. Il a besoin de rôles de torturés, d’écorchés vifs, de types perdus. Non seulement le film est le meilleur de Scorsese depuis très longtemps, mais c’est un acteur qui bouffe l’écran à chaque apparition, faisant preuve d’un charisme troublant qu’on ne soupçonnait pas. Mais le mieux dans tout ça, c’est qu’à son âge il risque d’encore progresser. Dire qu’on a hâte de découvrir la suite de sa carrière est donc un doux euphémisme…