Le Football au Cinéma, Spécial Coupe du Monde

de le 14/06/2010
 
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C’est parti depuis quelques jours et ça va durer pendant un mois. Comme tous les quatre ans, le football s’installe dans nos salons, dans nos bars, sur tous les écrans du monde, on ne peut pas y échapper. C’est l’occasion stupide (mais pourquoi pas après tout…) de s’intéresser à comment le sport a été traité au cinéma.

Premier constat, le « soccer » est loin de bénéficier d’un traitement de choix, si on le compare à la boxe par exemple, ou aux courses automobiles. Pas de chef d’oeuvre, peu de grands films, mais quelques oeuvres attachantes, quelques nanars de choix également. Pour proposer une sélection de ce qu’il faut voir (ou pas) adoptons l’attitude de ce cher Raymond (aka gros sourcils chez les arborigènes) avec une sélection de 11 films pour autant de postes disposés selon l’éternel 4-3-3 qui nous enterrera sans doute une nouvelle fois. Schématiquement, sans prendre quoi que ce soit au sérieux, ça donne ça:

Pour garder les buts, c’est forcément A nous la Victoire de John Huston, la Grande Evasion façon football chez les nazis. Le film est plutôt bon avec un jeune Sylvester Stallone qui joue justement un gardien et ne s’en sort pas mal du tout!

Vient ensuite le quatuor défensif, ceux qui brillent le moins finalement, mais qui constituent la colonne vertébrale de la sélection, ici foireuse comme pour coller à l’actualité de notre équipe.

Tout d’abord Hooligans de Lexi Alexander. Un rôle inhabituel pour Elijah Wood dans un film loin d’être parfait, en grande partie à cause d’un scénario presque indigne, mais qui parvient parfois à créer une véritable tension et dépeint plutôt bien la violence de ces supporters-voyous.

Ensuite, Joue-la comme Beckham de Gurinder Chadha histoire de proposer une sélection éclectique avec un zeste de bonne humeur comme ciment de l’équipe. Le film est très léger, pas forcément inoubliable, mais très attachant avec son humour savoureux et la belle Keira Knightley alors presque débutante.

Etant donné qu’il faut toujours de très mauvais joueurs dans la sélection de Raymond, histoire d’être certain de faire quelques boulettes en plein match, il convient de sélectionner un très mauvais film. Ce sera donc Goal II la consécration de Jaume Collet-Serra. Quelques stars du ballon rond en guests, une multitude de clichés, un rythme de téléfilm, tout ça pour confirmer que le réalisateur de la Maison de Cire et d’Esther n’a aucun talent.

Appelé de dernière minute dans la sélection pour cause de blessure, l’outsider, le mal-aimé les Collègues de Philippe Dajoux. Sans doute trop plein de clins d’oeils qui n’auront fait rire qu’une seule région en France, c’est clairement un film de potes où le frangin Cantona et Patrick Bosso se la régalent avec un gardien dopé au pastis et un buteur qui ne peut pas toucher un ballon de la tête sous peine de se décoiffer. C’est très con, pas très bon si on reste objectif, mais cette mondialette possède un certain charme, et c’est toujours plus drôle que Taxi.

Passons à la charnière centrale, élément clé où il est nécessaire de placer de vrais joueurs. On y retrouve tout d’abord Maradona par Kusturica, véritable déclaration d’amour au demi-dieu argentin. Un sérieux manque de recul de la part de Kustu qui rencontre son idole mais un film-portrait touchant sur l’homme derrière le mythe de la mano de dios.

Autre mythe sur la pelouse, bien moins controversé, Zidane, un portrait du XXIème siécle. Ni film, ni documentaire, c’est une oeuvre d’art purement expérimentale qui n’a rien d’un coup marketing. Fascinant pour les uns, vain pour les autres, cet étrange objet filmique possède un pouvoir d’attraction assez fascinant dopé par un travail dément sur la composition picturale et sonore.

Mais pour animer ce centre il fallait bien un film du calibre de Looking for Eric. Malgré la présence limitée de Cantona, dieu vivant du football en Angleterre, le film de Ken Loach alterne tragédie et comédie dans un ensemble drôle et intelligent, mais surtout très humain, et hanté par le poète footballeur au tempérament d’acier.

On passe au trio d’attaque sans lequel il est impossible de gagner, et comme on n’est pas chauvins du tout, on y trouve 2 films français. Tout d’abord A Mort l’Arbitre du trublion Jean-Pierre Mocky. Loin de toute provocation facile, le réalisateur qu’on aime détester livre un portrait au vitriol du milieu des supporters, complètement décalé, grinçant, bourré d’humour noir, du cinéma frondeur qui fait du bien.

Parmi les cadres de l’équipe, il en fallait un solide comme un roc et rentre dedans, place de choix pour Coup de Tête de Jean-Jacques Annaud. Aujourd’hui culte cette comédie satyrique fait toujours figure d’électron libre dans la filmographie du réalisateur. Pour sa peinture du milieu du foot amateur, pour la prestation des acteurs avec en tête l’immense Patrick Dewaere, c’est un des rares indispensables sur le football.

Enfin terminons cette sélection avec la star de l’équipe, le frimeur qui roule en sportive italienne mais qui réussit des coups de génie à chaque match, et cela ne surprendra personne il s’agit du déjà mythique Shaolin Soccer de Stephen Chow. Mariage délicieux entre football version Olive et Tom et arts martiaux du film de kung-fu, comédie, action, romance, aventure… c’est l’occasion pour l’acteur/réalisateur de montrer l’étendue de ses talents au monde entier, c’est un concentré de franche rigolade et d’idées de mise en scènes folles, il n’a pas volé sa place au soleil!