La Promesse De L’Aube: Portrait de Romain Gary

de le 23/12/2017
 
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« Avec l’amour maternel, la vie vous fait, à l’aube, une promesse qu’elle ne tient jamais. Chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. »

A travers La Promesse de l’Aube, l’un de ses romans phares, Romain Gary ne cherche pas réellement à raconter sa vie mais un amour immodéré : celui d’une mère et d’un fils. L’adaptation cinématographique d’Eric Barbier restitue à l’écran fidèlement la force et l’émotion du récit de l’auteur, portée par les interprétations habitées de Charlotte Gainsbourg, en mère fantasque et déterminée, et de Pierre Niney en fils ambitieux d’accomplir un destin préalablement fantasmé. Histoire d’une ascension sociale, récit d’aventure et épopée sentimentale, le film, malgré un certain manque de souffle, emporte l’adhésion par la puissance de son contenu. Personnage multiple, Romain Gary a vécu plusieurs vies en une et nous avons souhaité redécouvrir un peu les différentes facettes de ce grand homme.

L’écrivain

L’œuvre littéraire de Romain Gary est mondialement connue et reconnue. Le fruit d’un travail acharné et d’une ambition démesurée. Le rêve d’une mère de voir son fils être un grand artiste. D’origine russe, Romain a 14 ans lorsque sa mère et lui arrivent en France en 1928. Le jeune homme affirme très tôt son goût pour les lettres. Sa première publication, une nouvelle intitulée L’orage, se fait dans un hebdomadaire alors qu’il n’a que 21 ans. Mais son premier roman, Le vin des morts, se voit refusé par tous les éditeurs. Sa carrière débute véritablement avec la publication d’Education Européenne en 1945 pour lequel son talent est remarqué. En 1956, il signe l’une de ses œuvres les plus marquantes : Les racines du ciel (prix Goncourt). Un récit fort et engagé envers la protection de la nature. La promesse de l’aube arrive en 1960 et se présente comme une œuvre autobiographique en même temps qu’une déclaration d’amour vibrante à sa mère. A partir de cette œuvre, l’auteur devient prolifique, enchainant essais et romans, usant même de pseudonymes. Ainsi, sous le nom d’Emile Ajar, Gary publie en 1975 La vie devant soi, obtenant un second prix Goncourt (ce qui est formellement interdit). La supercherie n’est véritablement dévoilée qu’après la mort de Gary, faisant de lui le seul auteur à avoir obtenu par deux fois le prestigieux prix.

Le soldat

Naturalisé français en 1935, le jeune Romain est mobilisé pour faire son service militaire trois ans plus tard. Le jeune homme a 24 ans. Il devient mitrailleur et instructeur de tir. Durant le conflit mondial, admirateur du Général De Gaulle, Romain regagne le Royaume Uni et s’engage dans les Forces aériennes françaises libres. En 1943, il est rattaché en Grande Bretagne et affecté à la destruction des bases de lancement de missiles. Le soldat se distingue. Il est fait Compagnon de la Libération et devient Capitaine à la fin de la guerre.

Le diplomate

Romain Gary connait une carrière de diplomate à la fin de la deuxième guerre. Durant 15 années d’exercices, de secrétaire d’ambassade à consul général, il sert la France en Bulgarie, à Paris, en Suisse, à New-York, à Londres et à Los Angeles. Il défend des idées qui lui tiennent particulièrement à cœur telles que la protection de l’environnement, indépendances des colonies françaises, protection des droits de l’homme…

Le cinéaste

Romain Gary a été approché par le cinéma de bien des manières. Les adaptations de ses œuvres (La promesse de l’aube par Jules Dassin, Clair de femme par Costa-Gavras, La vie devant soi par Moshe Mizrahi…) mais aussi directement en tant que scénariste. On le retrouve au générique du Jour le plus long, des Racines du ciel (signant l’adaptation de son propre roman) et de Dressé pour tuer (adaptation de son roman Chien Blanc dont Gary signe en partie le scénario). Mais l’homme de plume a été aussi réalisateur. Les deux films ne sont pas passés à la postérité mais la patte de l’auteur reste bien présente dans les thématiques abordées. Les oiseaux vont mourir au Pérou et Kill sont réalisés fin des années 60 et début des années 70. Les deux films sont interprétés par Jean Seberg, son épouse à l’époque. Deux drames/ thriller tournant autour de la passion amoureuse pour le premier et de la drogue pour le second.