La Momie : La renaissance du mythe

de le 14/06/2017
 
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Le retour des classiques d’Universal Monsters.

Au rayon des classiques de l’horreur, le vivier d’Universal est un des plus impressionnants qui soit. Des personnages mythiques qui ont fait les beaux jours du studio et lui ont permis de fonder sa puissance. Pas étonnant donc que les producteurs aient l’idée de vouloir ressusciter les monstres. Tout comme Disney plonge dans son catalogue pour alimenter ses productions cinématographiques, Universal a l’envie de remettre tous ses monstres légendaires sur le devant de la scène. Un peu à la manière des films de super-héros, nous allons avoir droit à des crossovers entre tout ce beau monde. Le premier sur la liste est La Momie. Et comme il ne s’agit pas de faire les choses à moitié, le studio met le paquet pour nous en mettre plein les yeux. Côté casting, Tom Cruise et Russell Crowe. A la création, Alex Kurtzman, scénariste et producteur chevronné ayant œuvré sur Transformers ou encore Star Trek. Un vrai blockbuster avec action et effets spéciaux, avec en prime la belle (et française !) Sofia Boutella dans le rôle de la momie. Avant de vous plonger dans cette Momie, nous avions envie de revenir sur l’histoire des plus célèbres films de monstres faits par Universal.

 

L’Historique

Il faut remonter en 1913 pour trouver le premier film de loups garous produit par Universal : The Werewolf d’Henry MacRae. Le film est aujourd’hui considéré comme perdu. The White wolf suit rapidement en 1914. A cette époque, Universal ne fait pas partie des grands studios hollywoodiens. Il produit des comédies, des westerns et des séries destinés à un public large mais rien qui sort vraiment du lot.

Le tournant se fait avec Notre-Dame de Paris de Wallace Worsley en 1923. L’adaptation du roman de Victor Hugo met en scène Lon Chaney dans le rôle de Quasimodo. Avec ce film au succès retentissant, Chaney devient une vedette du film d’horreur. Continuant sur sa lancée, il tourne Le Fantôme de l’Opéra de Rupert Julian en 1925. Lon Chaney élabore lui-même ses maquillages et crée un personnage encore plus terrifiant. Universal gagne une réputation de grand faiseur de films d’horreur muets. La Volonté du mort (1927) et L’Homme qui rit (1928) tous deux réalisés par Paul Leni viennent un peu plus assoir cette réputation. Mais la grande période Universal Monsters débute en 1931, après l’arrivée du cinéma parlant.

 

Dracula

La parade des monstres commence en 1931 par l’adaptation du chef d’œuvre de Bram Stoker, Dracula, réalisé par Tod Browning. C’est Bela Lugosi, acteur hongrois, qui officie sous le maquillage. Plus tard, suites obliges, Dracula aura une fille en 1936 et un fils en 1943. Il croisera le loup-garou en 1945 dans La Maison de Dracula et sera de la fête réunissant pas mal de monstres dans Deux nigauds contre Frankenstein (réalisé par Charles T. Barton en 1948).

 

Frankenstein

Le filon se poursuit toujours en 1931 avec Frankenstein, adapté cette fois de Mary Shelley. D’abord proposé à Lugosi, ce dernier se retire du projet car il apparait trop peu reconnaissable sous le maquillage de la créature. C’est Boris Karloff, comédien anglais jusqu’alors de second couteau, qui hérite et triomphe dans le rôle. Le film, réalisé par James Whale, obtient un succès retentissant et se voit interdit dans plusieurs pays en raison de son caractère « horrible ». Le film aura une suite des plus réussies avec La Fiancée de Frankenstein, mis en scène en 1935 toujours par James Whale, dans laquelle Boris Karloff donne la réplique à la très belle Elsa Lanchester. En 1939 ce sera Le Fils de Frankenstein, puis Le Fantôme de Frankenstein en 1942. Frankenstein rencontre le loup garou (1943) est le premier crossover mettant en scène deux monstres mythiques. La Maison de Frankenstein (1944) et Deux nigauds contre Frankenstein (1948) poussent encore plus loin le concept.

 

L’Homme invisible

Une autre manière d’aborder le genre voit le jour avec L’Homme invisible en 1933. Réalisé par James Whale d’après le roman de H.G. Wells, le film présente un héros malade (joué par Claude Rains) devenant invisible après avoir pris des médicaments. Il fera son retour en 1940 puis sera décliné au féminin dans La Femme invisible également en 1940. L’Agent invisible contre la gestapo (1942) et La Vengeance de l’homme invisible (1944) complètent la saga.

 

Le Loup-garou

En 1941, Lon Chaney Jr (le fils de Chaney, l’interprète de Quasimodo) est la tête d’affiche du Loup-garou réalisé par George Waggner. L’acteur incarne un homme mordu par un loup-garou et se transformant bientôt en l’animal. Le succès est énorme. Le personnage sera de retour dans Frankenstein rencontre le loup-garou (1943), She-Wolf of London (1946) et Deux Nigauds contre Frankenstein (1948).

 

Le Fantôme de l’opéra

Le Fantôme de l’Opéra fait son retour en 1943 dans un remake parlant et en couleurs. C’est Claude Rains qui reprend le masque du fantôme alors qu’Arthur Lubin officie à la réalisation.

 

L’Étrange créature du lac noir

Après un long repos et un retour au cinéma d’épouvante au début des années 50, Universal lance son ultime monstre avec L’Etrange créature du lac noir de Jack Arnold en 1954. Cette créature meurtrière, mi-homme mi-poisson, tombe sous le charme d’une jeune femme faisant partie d’une expédition scientifique. Le film est tourné en 3D (c’est seulement le deuxième à l’époque utilisant ce procédé). Le film aura deux suites : La Revanche de la créature (1955) et La Créature est parmi nous (1956).

 

La Momie

La première version initiée par Universal date de 1932, réalisée par Karl Freund. Boris Karloff incarne Imhotep, un prêtre de l’ancienne Egypte embaumé vivant pour avoir franchi l’interdit : tomber amoureux de la princesse. En 1921, des archéologues découvrent son sarcophage. Ramené à la vie par accident, il s’enfuit pour revenir 11 ans plus tard sous le nom d’Ardath Bey. Il fait alors partie d’une expédition recherchant la tombe de la princesse. Persuadé de sa réincarnation en la personne de la fille du gouverneur du Soudan, il va s’attaquer aux membres de l’expédition.

Le film s’inspire de plusieurs choses : d’abord l’expédition en 1922 de l’archéologue britannique Howard Carter ressuscitant le tombeau de Toutânkhamon et ses trésors. Une légende se crée autour d’une pseudo malédiction suite à la mort de plusieurs membres de l’expédition peu de temps après. Le producteur d’Universal Carl Laemmle Jr. sait qu’il tient quelque chose dans la mouvance des Dracula et Frankenstein qu’il vient de faire. Cette fois, un roman n’est pas le point de départ du film. Il s’agit bien d’un scénario original, inspiré cependant par une nouvelle de Conan Doyle, L’Anneau de Toth. Autres distinctions, l’action du film est située à une époque contemporaine et il s’agit là d’une œuvre plus fantastique que réellement horrifique.

Quatre suites sont réalisées : La Main de la momie (par Christy Cabanne en 1940), La tombe de la momie (par Harold Young en 1942), Le Fantôme de la momie (par Reginald Le Borg en 1944) et La Malédiction de la momie (par Leslie Goodwins en 1944). Universal va ressusciter le mythe en 1999 avec La Momie réalisé par Stephen Sommers et interprété par Brendan Fraser et Rachel Weisz. Le film, divertissant, jouant un mélange habile d’effets spéciaux et d’aventures, est un énorme succès. Deux suites sont réalisées : Le retour de la momie (en 2001 par Sommers) et La Momie : la tombe de l’empereur Dragon (en 2008 par Rob Cohen). Il donne aussi lieu à un film dérivé, Le Roi Scorpion de Chuck Russell en 2002, reprenant un personnage central du Retour de la momie.

La volonté aujourd’hui de faire revenir La Momie est d’abord celle de donner un blockbuster bourré d’action et de lancer une franchise, le Dark Universe, que le studio Universal espère lucrative. Le personnage joué par Russell Crowe en docteur Jekyll et mister Hyde est clairement un personnage introduit dans l’intrigue pour faire le lien entre les autres. Tom Cruise trouve lui un nouveau rôle mêlant action et humour. Que dire alors de ce reboot ? On aurait pu être inquiet mais force est de constater que la sauce prend bien et que le mélange action dernier cri (la scène du crash d’avion est incroyable) et effets gentiment horrifiques est réjouissant. Malgré un côté un peu brouillon dans le scénario, l’intérêt est là avec en plus l’envie de voir la suite.

La Momie d’Alex Kurtzman avec Tom Cruise, Russell Crowe et Sofia Boutella est actuellement dans les salles.