Julianne Moore : L’Équilibre Parfait

de le 08/12/2017
 
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Julianne Moore, c’est tout à la fois le charme, la grâce et le talent. Adorée du cinéma d’auteur, elle n’oublie pas de se balader dans quelques films grands publics. On peut la voir chez Todd Haynes dans le très beau Musée des Merveilles ou encore devant la caméra de George Clooney dans Bienvenue à Suburbicon. Il y a quelques mois à peine, on jubilait de sa prestation formidable de sadique déjantée dans Kingsman : Le Cercle d’Or. Julianne Moore s’est faite connaitre du grand public il y a un peu plus de vingt ans et depuis elle n’a pas cessé de nous surprendre. Loin des clichés de la star hollywoodienne, Julianne Moore est une actrice passionnée au talent indiscutable et au parcours exemplaire. Une sorte de classe incarnée. Portrait d’une actrice insaisissable.

Persévérante.

Si la plupart des comédiennes voient leur étoile briller à l’aube de leur jeunesse, la belle Julianne devra attendre la trentaine pour taper dans l’œil des réalisateurs et du public. Débutant à la télévision, elle change de voie et se dirige avec audace vers le cinéma. Si aujourd’hui les comédiennes rousses sont plus visibles (Amy Adams, Jessica Chastain…), au début des années 90 Julianne fait figure d’exception. Elle est une bosseuse acharnée et ose tout. Après quelques rôles dans des séries B, dont l’excellent La main sur le berceau, Robert Altman la remarque et lui confie un personnage marquant dans son chef d’œuvre Short cuts. Dès lors, Julianne va enchainer les films jusqu’à obtenir son premier grand rôle dans Safe de Todd Haynes. Elle a alors 35 ans.

Éclectique.

Ce qui frappe immédiatement dans la filmographie de Julianne Moore, c’est la diversité des films dans lesquels elle a joué. Dans la seconde moitié des années 90, outre Safe, on la voit aux côtés de Stallone dans Assassins, chez Spielberg dans Le monde perdu (le second volet de Jurassic Park), chez les frères Coen dans The big Lebowski et chez Paul Thomas Anderson (Boogie Nights et Magnolia). Elle navigue entre cinéma indépendant et grosses productions, faisant preuve à chaque fois d’une implication totale. Il y a peu de temps encore, en jouant chez Cronenberg (Maps to the stars), dans la saga Hunger Games, ou encore Free Love et Kingsman : Le Cercle d’Or, elle confirme que rien n’a changé. La belle appartient à toutes les familles de cinéma. Star du porno, femme fatale ou au foyer, arnaqueuse, flic, politicienne, tueuse déjantée, Julianne Moore a tout joué. Et elle n’hésite pas à se frotter à des personnages complexes. Même lorsque le film n’est pas à la hauteur (comme le remake de Carrie), la comédienne tire son épingle du jeu et trouve matière à explorer un registre nouveau. Sa composition dans Still Alice est magnifique. Une fois encore, elle fait preuve d’un investissement hors normes. Mais comme elle le dit si bien, elle ne fait que son métier.

 

Célébrée.

Dès sa collaboration avec Paul Thomas Anderson, les nominations et les récompenses pleuvent. Les prix les plus prestigieux se font attendre mais font à ce jour de Julianne Moore la seule comédienne (avec Juliette Binoche) à avoir remporté un prix d’interprétation dans les trois plus grands festivals de cinéma du monde : Venise pour Loin du paradis, Berlin pour The hours et Cannes pour Maps to the stars. Et bien sûr l’oscar de la meilleure actrice pour son rôle de victime de la maladie d’Alzheimer dans le très beau Still Alice.

Épanouie.

Sa carrière l’a fait rencontrer les plus grands cinéastes et incarner des personnages excessifs. Dans sa vie, Julianne se définit à l’opposé de ça. Rangée, sage, elle est organisée et aime contrôler les choses. Mariée au cinéaste Bart Freundlich et mère de deux enfants, Julianne est une femme investie dans pas mal d’associations pour l’enfance puis milite pour le mariage pour tous et le droit à l’avortement. Ambassadrice de la marque L’Oréal, elle assume fièrement son âge, une cinquantaine épanouie. L’actrice se révèle auteur. Elle a publié trois livres pour enfants et un roman en hommage à sa mère écossaise.