Journal du BIFFF 2013 : The 25th Reich et Kiss of the Damned

de le 04/04/2013
 
FacebooktwitterFacebooktwitter

Cette année, pour sa 31ème édition, le Brussel International Fantastic Film Festival change d’écrin. Une page se tourne après plusieurs années formidables passées dans l’enceinte de Tour & Taxi nous voilà atterris au Palais des beaux arts de Bruxelles, en plein cœur de la capitale.

Mais ce n’est pas pour autant qu’il faille tout changer. Aussi, même si cette année le traditionnel bal des vampires n’aura pas lieu, on garde néanmoins les fondamentaux du BIFFF, la zomBIFFF day, la japanimation entre autres réjouissances. Et pour ceux qui craignaient que l’ambiance devienne plus guindée aux Bozar et bien qu’ils soient rassurés, l’ambiance inimitable de ce festival a migré avec les organisateurs dans sa nouvelle enceinte.

Hier c’était donc la cérémonie d’ouverture avec 2 films (Byzantium et The Imposter) projetés dans 2 salles combles et qui aura vu Neil Jordan (réalisateur de Byzantium) se faire introniser Chevalier de l’ordre du corbeau avant de proposer le lendemain une masterclass où il nous parlera de sa filmographie pour le moins hétéroclite.

The 25th Reich posterThe 25th Reich de Stephen Amis.

On pourra dire ce qu’on voudra d’Hitler mais lui et sa foutue armée auront quand même inspiré pas mal de cinéastes et de scénaristes de films de genre en commençant par l’épopée de la nazisploitation jusqu’à dernièrement les très bons Dead Snow ou Iron Sky.

Mais ceux qui attendaient du nazi zombie ou du nazi de l’espace seront gravement déçus car même si ça s’appelle The 25th Reich on ne voit pas du tout de nazis et encore moins de 25ème Reich et à la sortie du film une question nous taraude : mais qu’a voulu faire le réalisateur ?

Dès les premières images, le film est directement catalogué série Z. Des cadrages approximatifs, une qualité de pellicule médiocre, on se croit en face d’un film de la Troma. C’est donc sourire aux lèvres que le spectateur croit s’aventurer dans un film iconoclaste, drôle et gore digne des productions de Lloyd Kaufman.

Mais on déchante assez vite. Peu d’action, des dialogues insipides, un humour qui tombe à l’eau quand il n’est pas inexistant, des acteurs mauvais. En somme un addition de défauts impardonnables si on n’offre pas en contrepartie quelques scènes sanglantes et potaches histoire de montrer qu’on ne se prend pas au sérieux.

Or là ça reste très ambigü comme positionnement, on se demande réellement s’il a fait exprès de faire un film médiocre ou s’il a hérité de la naïveté esthétique d’un Ed Wood. Et quand bien même aurait-il voulu rendre hommage aux films de série B il n’était nullement nécessaire d’en faire un nanar pareil.

Alors entre la direction d’acteurs atroce, les effets spéciaux dignes d’un jeu vidéo de playstation 1, un scénario inintéressant, des nazis robots que l’on ne voit que 5 minutes, le tout ajouté à tous les défauts possibles d’un film à petit budget, The 25th Reich fait sa grande entrée dans le monde des nanars de compétition. Si c’est un hommage, il est amplement raté.

Kiss of the Damned posterKiss of the Damned de Xan Cassavetes.

Personne n’a pu, parfois malheureusement, échapper au tsunami des vampires qui ont envahi nos écrans.  Que ce soit en série ou en film cette vague immense, au thème aussi vieux que le cinéma, ne semble pas vouloir opérer son reflux et continu d’inspirer et fasciner les cinéastes de tout bord.

Si certains ont préféré prendre le parti de renouveler un genre maintes fois traité donnant des films incroyables comme Midnight Son ou Morse, Xan Cassavetes, fille de l’illustre John Cassavetes, prend le parti d’un retour aux fondamentaux du genre sans pour autant mettre spécialement l’accent sur les caractéristiques propres aux vampires, laissant ainsi en ses personnages un peu d’humanité.

L’histoire de ce film c’est avant tout celle d’un sacrifice. Celui de Paolo, qui décide de se faire transformer en vampire pour être pour l’éternité avec celle qu’il aime. Geste romantique qui donnera lieu à une scène de vampirisation terriblement érotique et sensuelle qui ne laisse pas de marbre.

Cet érotisme latent ne quittera pas le film d’une semelle, mettant en exergue le côté séducteur du vampire allié à la permanente tentation de sang dont il est victime, faisant un parallèle entre la séduction et l’envie.

Les références et les inspirations sont multiples et Xan Cassavetes jongle avec habileté avec elles en proposant un ensemble totalement cohérent allant même jusqu’à pencher parfois vers le giallo sans jamais faire de fausses notes.

Un premier long métrage très encourageant, qui ne propose certes pas une vision révolutionnaire du vampire mais qu’importe, le style vintage, l’exacerbation du côté physique et libertin mettant au centre du film le côté prédateur du vampire, non seulement sexuel mais animal aussi. Un retour aux sources du mythe qui semble le bienvenu.

En compétition internationale, ce petit bijou a toute ses chances de remporter un petit quelque chose.