Journal du BIFFF 2013 : Frankenstein’s Army et Ghost Sweepers

de le 06/04/2013
 
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L’évènement à ne pas rater ce 5 Avril était bien entendu la Masterclass de Jean-Jacques Rousseau. Non le philosophe n’est pas revenu d’outre-tombe pour botter le fion de ceux qui parlent en son nom mais il s’agit plutôt ici du turbulent Belge, auteur de plus de 40 films, et qui porte les cagoules comme personne. Une bonne occasion donc de découvrir, pour ceux qui ne le connaissent pas, ce personnage hors du commun et par la même occasion de jeter un œil sur son dernier bébé : L’amputeur Wallon.

Sinon, en plus de Modus Anomali de Joko Anwar, Antiviral de Brandon Cronenberg et Vanishing Waves de Kristina Buozyte, il y avait aussi Ghost Sweeper et Frankenstein’s Army.

Frankenstein's Army posterFrankenstein’s Army de Richard Raaphorst.

Non non se n’est pas une énième suite des films avec Frankenstein, rien à voir donc avec la Fiancée de Frankenstein, Frankenstein rencontre le loup-garou ou encore Chair pour Frankeinstein.

Souvenez-vous de ce que je disais quelques jours plus tôt sur The 25th Reich et sa non-utilisation de l’énorme potentiel nazi dans un film de genre.

Et bien Frankenstein’s Army est l’exemple même de l’expression de se potentiel incroyable. 10 ans que le réalisateur hollandais murit son idée de voir des nazis mutants zombies sur grand écran, 10 ans de préparation pour voir son rêve se réaliser et après tant d’années il peut être fier du résultat.

Projeté tout droit pendant la seconde guerre mondiale, on suit une équipe de soldats russes partis à la recherche de leurs camarades portés disparus. En filmant exclusivement caméra à l’épaule, Richard Raaphoorst réussit le tour de force incroyable de s’éloigner des films références en la matière pour livrer quelque chose de nettement plus personnel se permettant même une petite référence à Blair Witch.

Une fois que l’équipe de soldats a trouvé le repère de cette armée de nazis mutants le film bascule dans un autre univers. On se retrouve clairement dans un jeu vidéo façon Doom où des monstres sortent de partout et où ça défouraille dans tous les sens pour essayer de sauver son petit cul de communiste.

Ce parti-pris périlleux et audacieux est une totale réussite tant il colle parfaitement au thème du film et fait référence à des jeux que ce public connait par cœur.

Mention spéciale aussi aux costumes des nazis mutants absolument incroyables et bluffants, il y en a à foison et pas un n’est identique à l’autre, grosse performance d’imagination et de réalisation des costumes associés à des effets spéciaux à l’ancienne extrêmement bien réussis qui confèrent à l’ensemble un petit côté rétro bien sympathique.

Film réussi et très professionnel dans sa réalisation qui évite de surcroit le manichéisme lourdingue qu’on aurait pu craindre dès qu’on parle de nazis, Frankeinstein’s Army est un petit bijou.

Ghost sweepers posterGhost Sweepers de Sin Jeong-won.

Après la bonne tenue de Chaw, une comédie horrifique à base de jeune policier, de vieux chasseur et surtout de sanglier pas très commode, Sin Jeong-won nous présente son 3ème film Ghost Sweepers.

Avec ce gros blockbuster très attendu en Corée du sud, le réalisateur mise gros et il s’agirait de ne pas se planter.

Alors le réalisateur va prendre les mêmes recettes qui ont pas trop mal marché pour Chaw. On va réunir 6 personnages sur les lieux de la traque et c’est parti pour la chasse au fantôme.

L’atout indéniable de Ghost Sweepers comme pour Chaw, c’est l’humour. Toujours très efficace et bon enfant, l’humour typiquement coréen fait de dérision et de choses parfois plus potache est toujours un régal. Malheureusement ça ne suffit pas toujours.

Car au delà de l’humour, le rythme du film, l’histoire et l’ambiance générale sont largement en deçà de nos attentes.

Le rythme tout d’abord, assez mou, il se passe finalement très peu de choses, trop peu de choses pour continuer à garder le spectateur en haleine. Pas vraiment aidé par une histoire qui traine en longueur et qui aurait largement mérité d’être amputée d’une bonne 1/2 heure. Deux défauts majeurs qui plombent allègrement le film sur la fin et qui donnent l’impression d’un essoufflement préjudiciable à la qualité globale du film.

L’ambiance à présent. Même si le film est fortement ancré dans l’humour et ne semble pas vouloir s’en déloger, on aurait bien aimé qu’il soit aussi un peu plus ancré dans l’horreur allant taquiner un peu plus l’espace du Ghost movie dans un mélange des genres qui aurait pu être détonnant.

Petite déception donc, car ce film qui démarrait pourtant bien se voit presque saboté par le réalisateur lui-même en trainant en longueur l’histoire, un rythme qui devient donc de plus en plus lent et des gags qui n’arrivent plus à soutenir les carences. Dommage donc.

En compétition internationale, les défauts du film seront un gros frein pour lui dans la compétition.