Journal du BIFFF 2013 : Community et Rurouni Kenshin

de le 09/04/2013
 
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Tout le monde avait des petit yeux en ce dimanche 7 avril, la nuit a du être courte.

Toutefois pas le temps de mégoter car l’évènement au BIFFF c’était bien entendu le cosplay contest. Les cosplayers ont sorti leur costume du dimanche et se sont tous réunis à la grande messe annuelle qui verra désigner le représentant belge lors de la grande finale à Londres. C’était l’occasion, après les zombies de samedi, de voir défiler Sangoku avec une bière ou Naruto mangeant un jambon beurre.

Week-end déguisement au BIFFF. Et pour ceux qui préfèrent les dinosaures de synthèse il y avait Jurassic Park 3D !

En plus de Stitches et de Jurassic Park 3D, il y avait Community et Rurouni Kenshin.

Community posterCommunity de Jason Ford.

Il semblerait que le film de genre britannique soit en train du muter ou du moins est en train d’explorer de nouveaux territoires. Après une période survival assez intéressante où sont apparus des mecs comme Neil Marshall avec The descent ou encore Christopher Smith avec Creep, qui ont livré des petits bijoux du genre avec peu de moyens et qui ont redonné un peu d’énergie au cinéma de genre qui commençait à se scléroser, c’est au tour d’une nouvelle génération de réalisateurs de montrer de quoi ils sont capables en s’aventurant dans un univers très peu exploité, les zones urbaines déshéritées.

Et c’est quasiment en même temps que le Citadel de Ciaran Foy que sort le Community de Jason Ford, au risque malheureusement de sans cesse les comparer. Et c’est vrai que la tentation est forte, mais le sujet et le message sont très différents l’un de l’autre. Même si on retrouve un environnement commun, une banlieue défavorisée, des habitants pas très accueillants, les deux films ne tournent pas sur les mêmes obsessions.

Pour son deuxième film, il met l’accent sur ces habitants incompris et craints des gens extérieurs mais incapables de s’extraire de leur condition et qui pour la supporter consomment de la drogue. Une drogue un peu particulière dont seule «Tatie», personnage inquiétant et haut en couleur du film, a le secret.

A la frontière entre le survival urbain et le torture-porn soft, Community ne se range pas dans un genre bien précis et navigue entre plusieurs eaux au risque parfois de ne plus trop savoir où aller et de manquer d’audace dans l’écriture. Malgré tout, Il en ressort un film assez marquant et baignant dans une atmosphère glauque et crade que représentent ces banlieues.

Film parfois violent et viscéral comme savent le faire les britanniques, avec sous texte social mais qui ne prédomine pas, Community est une belle réussite. En compétition pour le Mélies, il a toutes ses chances pour remporter quelque chose.

Rurouni Kenshin posterRurouni Kenshin de Keishi Ohtomo.

Après avoir fait exploser les compteurs du box office japonnais, l’adaptation du manga de Nobuhiro Watsuki débarque chez nous avec le même objectif.

Il est toujours assez dangereux de se lancer dans l’adaptation de manga au cinéma. Les écueils sont nombreux et le risque de se casser la gueule est grand. Mais à la sortie du film force est de constater que le pari est réussi.

Rurouni Kenshin est un véritable Chanbara comme on les aime. Violent, sanglant, aux combats absolument incroyables et très bien chorégraphiés. La gestion de l’espace est totalement maitrisée, c’est limpide, c’est beau. Cette période assez particulière au Japon donne l’occasion de se faire côtoyer armes à feu et sabres dans des affrontements qui dégagent une énergie assez incroyable.

Malgré un récit classique, qui raconte l’histoire d’un samouraï qui a juré de ne plus tuer et qui essaye de trouver le chemin de la paix intérieure et une trame assez linéaire et sans surprise, Keishi Ohtomo livre une œuvre percutante alternant les scènes de combat énergiques et grandioses et les moments plus calmes pour laisser se développer une histoire qui reste somme toute sans surprise.

Évitant avec soin de plonger dans la tentation d’essayer de retranscrire l’exubérance inhérente au manga à l’écran, Rurouni Kenshin est une adaptation réussie qui respecte à la lettre l’œuvre originale jusque dans la morale presque enfantine mais anecdotique tant l’intérêt du film se situe ailleurs.

Un chanbara pur et dur qui ne devrait pas décevoir les amateurs du genre et qui parlera aux deux publics, ceux qui ont lu le manga et ceux qui aiment juste les Chanbaras de qualité.