Vaiana, la Légende du Bout du Monde (Ron Clements & John Musker, 2016)

de le 25/11/2016
 
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Les studios Disney n’ont jamais été aussi bons qu’en revenant à leurs fondamentaux. C’est le cas avec ce Vaiana, la légende du bout du monde. Visuellement bluffant, le film nous offre un voyage aussi trépidant que dépaysant, traitant de la transmission d’une culture vers l’espoir d’un avenir plus radieux en harmonie avec la nature.

VaianaTel un rouleau compresseur qui a trouvé son rythme de croisière, Disney est une marque implacable sur le box office international d’aujourd’hui. Entre ses films d’animation, les remakes de ses grands classiques et les franchises Marvel et Star Wars, les studios hollywoodiens font partie des rares à accumuler, et à plusieurs reprises, le milliard de dollars de recettes par film. Pourtant, leur politique créatrice est sous le feu de nombreuses critiques, en particulier sur un manque de renouveau. Les blockbusters Marvel qui se ressemblent, Le Réveil de la Force accusé d’être un simple remake, et que dire des transpositions live des dessins animés qui ont bercé l’enfance de tous ? La seule branche qui fait néanmoins l’unanimité s’avère être celle de l’animation, malgré la concurrence féroce dans un secteur quasi trusté par Pixar depuis deux décennies.

Vaiana

Vaiana, la légende du bout du monde est une nouvelle preuve que Disney a su rebondir après l’abandon de l’animation traditionnelle suite à La Princesse et la grenouille. Ironie du sort, ce sont ses deux réalisateurs qui signent cette année l’un des meilleurs films produits depuis Raiponce. John Musker et Ron Clements signent leur septième réalisation commune depuis trente ans, dans lesquelles ont peut compter La Petite sirène ou Aladdin. Encore une fois, c’est une histoire originale que nous offrent les studios d’animation qui se situe dans un monde et une culture encore inexplorés par Disney : ceux des premiers peuples de l’océan Pacifique. Certes, il est possible que l’on trouve redondant le schéma de la “princesse Disney” à travers Vaiana (dont le film se moque un peu facilement dans une réplique). Elle, fille du chef de l’île où la vie est belle, mais les futures responsabilités s’opposent à l’appel du large et de l’aventure. Le destin fera bien les choses en la forçant à quitter les siens avec pour mission de sauver leur monde. Rien que ça ! Nous aurons ensuite le coéquipier contraire et complémentaire, l’animal side kick improbable, les vilains méchants à combattre, les chansons… Et c’est parce que ses réalisateurs sont dans leurs marques que Vaiana excelle sur de nombreux autres points.

VaianaTout d’abord, on ne peut qu’être bluffé par les performances graphiques déployées par les équipes de Disney. L’eau étant un argument (et parfois un acteur) majeur du film, sa définition à l’image est impressionnante de réalisme. La nature n’en est que plus belle et fait passer tranquillement le message écolo du film sans trop en rajouter. La recherche des couleurs sur les nuits et les magnifiques ciels en dégradés que nous garantissent les couchers de soleil sur l’océan sont, tout simplement, à tomber. En un plan, Vaiana met à l’amende l’ensemble insipide et grisâtre des productions standard Marvel. Mais en plus d’être un beau film, les réalisateurs ne se contentent pas seulement du rendu sublime que leur permet les nouvelles technologies numériques. Musker et Clements, dont c’est le premier film entièrement en images de synthèse, jouent avec certaines séquences musicales, cherchant à leur donner différents aspects. Cela est très sûrement organisé pour briser la répétition, un brin monotone, des passages chantés. Leur expérience forgée dans l’animation traditionnelle paye dans Vaiana et lui donne l’aspect et le cœur d’un classique instantané, comparé à des Nouveaux héros ou la fameuse Reine des neiges.

Vaiana

En plus d’être formellement très beau, le nouveau Disney se consolide également sur un fond pertinent. Impossible de savoir à quel point les réalisateurs américains sont proches ou éloignés dans leur vision des cultures du Pacifique, toutefois leur film essaie de paraître le plus respectueux possible. Plusieurs polémiques avaient été rapidement balayées sur le nom de l’héroïne ou l’aspect du demi-dieu Maui interprété par Dwayne Johnson. Il suffit de découvrir le long-métrage pour constater qu’il n’est bercé que de bonnes intentions. Bien entendu, la vie idyllique d’une communauté ne se résume pas seulement sur les rayons de soleil et les noix de coco, mais on se surprend aussi à frissonner à l’écoute de l’écho de ces chants millénaires en ouverture, et cela grâce à la bande originale de Mark Mancina. Les thématiques de l’héritage et de la perpétuation des traditions tiennent une place fondamentale dans la construction du personnage principal qui apprend au cours de son périple marin. Il ne s’agit plus de l’émancipation à la traditionnelle malédiction. Vaiana incarne cette voie lumineuse qui s’offre aux nouvelles générations qui devront transcender cette peur de l’ailleurs inconnu et d’un avenir imprévisible.

FICHE FILM
 
Synopsis

Il y a 3 000 ans, les plus grands marins du monde voyagèrent dans le vaste océan Pacifique, à la découverte des innombrables îles de l'Océanie. Mais pendant le millénaire qui suivit, ils cessèrent de voyager. Et personne ne sait pourquoi...
Vaiana, la légende du bout du monde raconte l'aventure d'une jeune fille téméraire qui se lance dans un voyage audacieux pour accomplir la quête inachevée de ses ancêtres et sauver son peuple. Au cours de sa traversée du vaste océan, Vaiana va rencontrer Maui, un demi-dieu. Ensemble, ils vont accomplir un voyage épique riche d'action, de rencontres et d'épreuves... En accomplissant la quête inaboutie de ses ancêtres, Vaiana va découvrir la seule chose qu'elle a toujours cherchée : elle-même.