The Bodyguard (Yue Song, 2016)

de le 12/09/2016
 
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Malgré ses intentions très premier degré, le pompeux réalisateur chinois multi-fonctions Yue Song aura rendu très fun The Bodyguard. Le constant surdosage d’action over the top fait rapidement tomber le film dans un ridicule hilarant, le rire étant la meilleure arme pour nous protéger d’un scénario abrutissant et de personnages inintéressants au possible.

the-bodyguard-1Il y a des fois où l’on obtient l’effet inverse au but que l’on recherche. C’est ainsi que peut interpréter la galère dans laquelle s’est embarqué le réalisateur, scénariste,  acteur et cascadeur chinois Yue Song. Persuadé qu’il est le dernier et unique représentant du cinéma d’action chinois dans la plus pure tradition hongkongaise, son égo surdimensionné nous aura comblé malgré lui avec sa dernière production intitulée The Bodyguard, sorte d’actioner ultra classique usant de tous les ressorts scénaristiques usés jusqu’à la corde. Or si Yue Song vise clairement une ambition internationale, il n’a ni la sympathie ou le talent filmique d’un Jackie Chan ou d’un Stephen Chow. Tout est premier degré dans son cinéma. Et pourtant…

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Après son King of the Streets de 2012, Yue Song taille un nouveau rôle à sa mesure : celui d’un humble et consciencieux disciple d’un maître du kung-fu. On le retrouvera d’ailleurs dans la même position que Stephen Chow au début de Shaolin Soccer, prouvant autant son habilité physique que celle de reprendre les bonnes idées de ses aînés. Cela dit, compte tenu du générique explosif avec des flammes et une typo métallisée bad ass qui fait du boucan, l’humilité ne fait pas tellement partie de son vocabulaire. Rapidement, la situation dégénère lorsque le petit garçon bêtement grassouillet se moquant de lui se fait bousculer par une bande de malfrats à la poursuite d’un homme. Le héros solitaire ira directement régler la question à coup de pieds et de poings, projetant ses ennemis à travers le décor. Ce sauvetage inopiné le propulsera dans l’univers des gardes du corps et se verra assigner la protection de fille de l’homme qu’il sauva.

the-bodyguard-3Yue Song va nous assommer avec tous les poncifs éculés du genre : une histoire de frères séparés par le destin dont l’autre aura basculé du côté obscur, une romance balourde avec l’amour fou envers sa cliente qui le déteste cordialement avant de découvrir qu’il casse des têtes comme personne, un grand méchant qui tue ses sbires sans état d’âme… Tout n’est que cliché grotesque dans ce scénario uniquement prétexte à enchaîner les scènes d’action. Alors que pour certains la surenchère ridicule de The Bodyguard est tout bonnement insupportable, puante de prétention, elle peut aussi susciter une réaction opposée et provoquer le rire chez le spectateur. Pourtant, il ne fait aucun doute dans l’esprit de Yue Song qu’il s’agit là du meilleur film d’action chinois de tous les temps… enfin, jusqu’à son prochain. Mais la manière généreuse avec laquelle il organise ses combats et hauts faits du super héros qu’il incarne à l’écran reste assez fraiche et trompe l’ennui.

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Avec de mauvais acteurs et de mauvaises intentions, Yue Song nous propose une grosse marrade avec cet actioner bête comme les pieds du héros, enfermés depuis des années dans des bottes en métal ! Oui, devant The Bodyguard, il ne faut pas chercher de sens à tout ça. Surtout avec un troisième acte construit comme la succession d’arènes d’un jeu-vidéo. Même les séquences making of du générique de fin sont à sa gloire. Yue Song qui a encore beaucoup à apprendre sur la façon de réaliser un film et de s’adresser à ses spectateurs. On ne serait pas surpris de voir poindre un deuxième opus dans les années à venir, car nous attendons encore voir cette fameuse “voie des 108 coups de pied” qui manquait tant au frère du héros pour le vaincre.

FICHE FILM
 
Synopsis

Après avoir été élevé dans la tradition des arts martiaux, Wu-Lin arrive en ville et se fait remarquer par un riche homme d’affaires. Ce dernier lui propose de devenir le garde du corps de sa fille Faye. Quand celle-ci se fait enlever, Wu-Lin va devoir mettre en pratique ses années d'apprentissage.