Terminator 2 : Le Jugement dernier 3-D (James Cameron, 2017)

de le 12/09/2017
 
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L’une des pierres angulaires du cinéma hollywoodien des années 1990 revient sur nos écrans dans un nouvel écrin. Avec une conversion 3-D très soignée, James Cameron ne fait que confirmer l’intemporalité de son Terminator 2 : Le Jugement denier. Bonheur renouvelé que de retrouver ce film d’action et d’exception qui, plus de 25 ans après sa sortie, n’a toujours pas pris une ride, tout en n’étant plus tout à fait le même. It’s back !

Qui aurait pu croire en 1991 que Terminator 2 deviendrait l’un des films les plus célébrés de l’Histoire du cinéma ? Il est vrai que certaines madeleines de Proust ne s’expliquent pas. Il y a comme un sentiment, dans l’air, imprimé sur la pellicule et projeté sur l’écran qui vous donne un certain goût de classique instantané. Et sans doute au grand dam de la génération précédente, qui n’y voit là qu’un énième spectacle pyrotechnique supplémentaire. James Cameron fut l’un des artisans de ce basculement dans les années 1980 du cinéma hollywoodien, amorcé (malgré eux) par Steven Spielberg et George Lucas lors de la décennie précédente. Des auteurs du Septième art bouleversaient ainsi une industrie en associant leurs obsessions d’auteur à un succès commercial. Cette ère bénie des réalisateurs n’a pas empêché Cameron d’essuyer le sérieux revers d’Abyss en 1989. Mais cette fresque de science-fiction sous-marine, qui n’avait pas trouvé son public à l’époque, a désormais été réhabilitée en tant que chef d’œuvre, dans le sillage de la reconquête d’Hollywood par le cinéaste canadien achevée par ses immenses Titanic et Avatar.

Et cette reconquête s’amorçait donc avec ce Terminator numéro 2, intitulé Le Jugement dernier, que Cameron nous présente aujourd’hui dans une conversion stéréoscopique du plus bel effet. Ne versant jamais dans le fatalisme, ce dernier avait aussitôt remis le pied à l’étrier, tandis que l’échec d’Abyss menaçait son avenir dans les films à gros budget. Or, la règle d’or (sans cesse brisée) pour garantir un succès à Hollywood, c’est de faire écho à un précédant. Lui qui avait dû abandonner son idée de suite à Aliens, forcé de quitter la saga dont il avait confirmé la réussite, James Cameron n’eut d’autre choix que de fonder sa propre franchise. Avec son budget modeste et ses économies de bout de chandelle, son Terminator avait su conquérir le monde de 1984. Futur dystopique, paradoxes temporels et robot tueur, tous les ingrédients nécessaires à un bon film d’action et de science-fiction sous haute tension, où une jeune Linda Hamilton se faisait traquer par l’ancien monsieur univers autrichien Arnold Schwarzenegger, affublé d’une veste en cuir, de lunettes noires et d’un sacré arsenal, en plus de son accent à couper au couteau.

Passant de six semaines à huit mois de tournage et de 7 à 100 millions de dollars de budget, James Cameron joua gros sur cette suite qui reprenait quasiment les mêmes éléments de départ que le volet initial. Avec l’aide de William Wisher Jr., le scénario prit autant ses distances avec le premier Terminator qu’il jouait sa redondance dans l’action. Car cette fois-ci, le fameux robot tueur était revenu dans le passé en mission de bienfaisance. Et le miracle s’accomplit. Terminator 2 parvint même à la troisième place du box office mondial de tous les temps après Star Wars et E.T.. Le jugement dernier de James Cameron fut repoussé. Mais vingt-cinq ans plus tard, son long-métrage prouve encore toute son efficacité. Certes, le perfectionnisme de son auteur se ressent. La conversion de son Titanic en était déjà un bel exemple, à l’heure des conversions bas de gamme des blockbusters produits à la chaîne, aboutissant à l’abandon de la 3-D par les salles IMAX. Par petites touches discrètes, le cinéaste canadien a retravaillé la photographie de son film, corrigé des éléments de continuité ou parfois incrusté le visage de Schwarzenegger lors de certaines cascades assurées par d’autres.

Aux premières percussions de la bande originale épurée de Brad Fiedel, les sensations nous reviennent très vite. Le spectacle est toujours aussi total avec cette redécouverte. Contrairement à d’autres restaurations, Terminator 2 n’avait nullement besoin de passer par là pour affirmer sa position d’objet de culte dans nos mémoires. Cette ressortie suscite plutôt une vraie curiosité sur ce que James Cameron pourrait nous offrir de plus qu’avant. Il faut dire qu’en attendant ses quatre prochains Avatar qui ne cessent d’être retardés, le cinéaste semble s’être engagé à transposer en 3-D toute sa filmographie ! Toutefois, il serait dommage de louper cette occasion de revoir ce film sur le grand écran et surtout de le faire découvrir dans les meilleures conditions possibles à de nouvelles générations de cinéphiles. Une pointe de regret vient même ternir cette image d’Épinal en replaçant ce Terminator 2 dans notre époque. La nostalgie d’un temps où Hollywood s’autorisait de miser sur des blockbusters plus matures et creusés, sans que cela réponde nécessairement à une tendance du marché de la demande.

Rien de plus normal alors qu’un film d’action, qui présente l’une des scènes de poursuite les plus impressionnantes du cinéma, nous propose également une lecture de la famille recomposée autour d’un robot venu du futur et faisant office de figure paternelle. La force du cinéma de James Cameron se situe dans ce juste équilibre. Il s’agit autant d’aborder des thématiques sérieuses et évocatrices que de garantir un divertissement jamais vu. Et si on peut ajouter quelques répliques qui font mouche, pour inscrire instantanément le film pour la postérité… S’il n’avait su repousser les limites des animatronics de Stan Winston ou des effets visuels de la société ILM, qu’en serait-il advenu de Jurassic Park sorti l’année d’après ? Terminator 2 fait aussi partie de l’histoire du cinéma pour ce qu’il a contribué à l’usage et au perfectionnement du numérique dans les effets spéciaux, en recréant Robert Patrick en un T-1000 se fluidifiant à souhait pour se charger du jeune garçon rebelle, incarné par Edward Furlong. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que nous (re)découvrons Terminator 2 : Le Jugement dernier en 3-D.

FICHE FILM
 
Synopsis

En 2029, après leur échec pour éliminer Sarah Connor, les robots de Skynet programment un nouveau Terminator, le T-1000, pour retourner dans le passé et éliminer son fils John Connor, futur leader de la résistance humaine. Ce dernier programme un autre cyborg, le T-800, et l'envoie également en 1995, pour le protéger. Une seule question déterminera le sort de l'humanité : laquelle des deux machines trouvera John la première ?