Spider-man : Homecoming (Jon Watts, 2017)

de le 11/07/2017
 
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Pour son retour chez Marvel Studios, Spider-Man revient avec un cocktail mêlant action et pur teen-movie. Sans être le grand divertissement espéré, l’Homme-Araignée signe de nouvelles aventures drôles et rafraîchissantes pour cette période estivale.

Sony s’est cassé les dents à deux reprises avec deux versions différentes des aventures de Spider-Man. D’un côté l’approche premier degré et très (trop) sérieuse de Sam Raimi, de l’autre une version plus jeune, plus romantique signée Marc Webb. Mais l’insuccès critique de The Amazing Spider-Man 2 aura eu raison de la mainmise de Sony sur l’homme-araignée. Au point de décider le studio à en créer une nouvelle mouture en coopération avec Marvel Studios.

Après Tobey Maguire et Andrew Garfield, chacun approchant de la trentaine au moment de jouer un Peter Parker prétendument lycéen, Marvel a casté Tom Holland, qui n’avait même pas 20 ans au moment du tournage de Captain America – Civil War. Après ce film d’introduction dans lequel il avait fait des débuts convaincants, l’acteur anglais irradie Spider-man : Homecoming de sa fougue et de son talent. Mêlant à la fois la timidité du Peter de Maguire mêlé à l’humour du Parker de Garfield, le jeune homme confirme son potentiel de successeur de Tony Stark parmi les grandes stars de l’écurie Marvel.

On doit l’avouer, son talent sauve quelques meubles dans ce film signé Jon Watts, sorti du cinéma indépendant, et dont les débuts dans le genre blockbuster sont bien faibles en terme de mise en scène. Le personnage a rarement été aussi peu icônisé, un comble pour un héros pareil. Même si l’ensemble reste sympathique grâce à des dialogues qui sentent bon les teen-movies de notre adolescence (la touche « Breakfast Club » est effectivement très présente), les set-pieces ne sont jamais spectaculaires et la photographie est décidément bien plate.

Heureusement donc que le casting, mené par Holland et un Michael Keaton qui évite de justesse les pièges du surjeu, rendent le film attachant. La véritable révélation du film, à ce titre, c’est Zendaya. « Michelle », son personnage, est un concentré de sarcasme et de punchlines dont chaque réplique fait mouche. Dommage qu’elle soit autant relayée au troisième plan, même si c’est compréhensible : après tout, le love-interest du film est Liz Allen. Ironiquement, la demoiselle est moins intéressante que Michelle, ce qui rend son flirt avec Peter moins palpitant que prévu. Idem pour Flash, relayé à une poignée de répliques pas forcément bien senties. Cela étant, le meilleur ami de Peter, Ned, remporte la palme du cœur en incarnant ce que n’importe quel enfant ressentirait si son meilleur ami était Spider-Man. Malgré quelques ratés donc, les personnages sont une réussite et contribuent à la réussite du film. Pour la première fois de ses aventures cinématographiques, le lycée est autant mis en valeur que le reste de la vie de Peter, avec ses clubs de maths, son journal, ses profs… Ce qui rend l’expérience très réaliste, et aisément compréhensible pour le spectateur.

Si l’affrontement entre le Vautour et Spider-Man occupe une bonne partie du film, l’objectif majeur de Peter est de rejoindre les Avengers après leur « rencontre » en Allemagne. La promotion du film faisait craindre une overdose de références, en plus de la présence de Tony Stark (Robert Downey Jr.). La bonne nouvelle c’est que Stark (et Iron Man) sont moins présents que prévu, laissant Spider-Man se débrouiller seul pendant les deux tiers du film, en plus d’offrir un retour sympathique pour Happy Hogan (Jon Favreau). Si on peut regretter une fin trop simple et irréfléchie concernant l’état d’esprit de Peter, elle colle malgré tout avec l’aspect plus modeste et humble d’un héros qui n’hésite pas à guider les gens dans la rue.

C’est probablement le point le plus paradoxal à propos de Spider-man : Homecoming : l’impression de voir un film bourré de défauts, sans réelle implication dramatique, mais finalement très attachant grâce à son casting, sa modestie, son humilité et sa candeur. Mais au final, pour un film censé raconter les aventures spectaculaires d’un jeune homme possédant des pouvoirs et un costume incroyables, on finit par se dire que cette approche aura eu raison de l’action et de son efficacité visuelle.

Bilan, donc : ce ne sera absolument pas le pire blockbuster que vous verrez de l’année, ce sera même probablement le plus drôle. Mais il manque une identité visuelle, un sens de l’icônisation et un vrai sens du drame pour en faire une complète réussite. Est-ce le chaînon manquant entre Raimi et Webb ? Probablement pas, mais le potentiel est en tout cas bien là pour la suite des aventures du personnage dans le Marvel Cinematic Universe.

FICHE FILM
 
Synopsis

Après ses spectaculaires débuts dans Captain America : Civil War, le jeune Peter Parker découvre peu à peu sa nouvelle identité, celle de Spider-Man, le super-héros lanceur de toile. Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier. L’apparition d’un nouvel ennemi, le Vautour, va mettre en danger tout ce qui compte pour lui...