Objectif terre, mission Apocalypse (Jun Fukuda, 1972)

de le 07/05/2014
 
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Godzilla, Episode 12. C’est un « back to basics » qu’opère la franchise avec un produit dénué de toute identité propre et qui va se contenter de régurgiter une formule déjà usée jusqu’à la corde. Seule nouveauté au menu : Gigan, un kaiju au design aussi improbable que le film qui l’introduit.

Godzilla vs Gigan 1La Toho fait le mauvais choix d’un retour au conservatisme avec trois nouveaux volets réalisés par Jun Fukuda, à commencer par cet Objectif Terre, Mission Apocalypse, plus connu sous le titre Godzilla vs Gigan. Le scénario basique va se contenter de recycler des éléments des anciens films sans jamais chercher à les renouveler, condamnant le film à une place totalement anonyme au sein même de sa propre franchise.

L’histoire raconte l’ouverture d’un parc d’attractions ayant pour thème les kaijus. Le parc est tenu dans l’ombre par des extraterrestres machiavéliques voulant conquérir la terre (encore) en prenant le contrôle mental de kaijus (encore) et envoyant sur les populations King Ghidorah (encore) qui ne pourra être vaincu que par Godzilla (encore et toujours). Petites variantes de ce volet : Godzilla est inexplicablement accompagné d’Anguirus en sidekick et King Ghidorah forme un binôme avec un nouveau monstre, Gigan.

Godzilla vs Gigan 2

Gigan est assez difficile à décrire : il a une tête d’oiseau, un œil unique à la Cyclope des X-Men, des grandes faux en guise de bras, un corps de dinosaure bipède, une scie-circulaire qui lui sort de la poitrine et et une aile dorsale de poisson. Il faut émettre la possibilité, à ce stade de l’enquête, que cette monstruosité est le produit d’un brainstorming d’une vingtaine de scénaristes aux idées totalement divergentes et uniquement rassemblés par une passion commune pour le saké et autres substances psychotropes.

Cet épisode est embarrassant de paresse. Aucun effort n’est fait pour nous impliquer dans l’histoire, pour nous attacher aux personnages humains ou même aux kaijus, qui comme à leur habitude, attendent la fin du film pour se battre sans retenir leur coups. La technique est à la ramasse, le montage nous offre un nombre important de stock-shots des précédents films, surtout avec Ghidorah, qui du coup change inexplicablement de look un plan sur deux. On ressent ici une vision intéressante du cinéma à l’avant-garde de grands auteurs comme Abdellatif Kechiche lorsque les faux-raccords questionnent le regard du spectateur en s’amusant à passer du jour à la nuit dans une même scène. Pour ce qui est des combats, ils sont d’une pauvreté cruelle, en se contentant comme au catch d’un classique deux contre deux, sans jamais nous donner la moindre impression d’enjeux dramatiques.

Godzilla vs Gigan 3Godzilla lui-même semble encore une fois jouer les seconds rôles dans sa propre saga, témoin impuissant de sempiternelles et vaines tentatives d’invasions aliens qu’il se contente de repousser une fois par an. Son design semble s’appauvrir de film en film, les mêmes costumes étant parfois utilisés d’un film à l’autre, on sent une décrépitude du monstre autant qu’une lassitude dans ses aventures.

Accusant le coup d’une baisse de budget significative, la production ne fait rien pour démarquer ce volet des précédents, et c’est un doublon de trop dans la saga. Ennuyeux, mal réalisé, jamais original, Godzilla vs Gigan ne vaut que pour l’introduction de son méchant improbable qui deviendra un des préférés des fans. Et comment les blâmer ? Après tout, qui n’a jamais rêvé d’avoir une scie-circulaire qui lui sort du torse ?

FICHE FILM
 
Synopsis

Un parc d'attractions ayant pour thème les kaijus cache un plan machiavélique d'aliens voulant conquérir la terre en menaçant les populations de la destruction par le contrôle de deux monstres : King Ghidorah et Gigan. Anguirus et Godzilla n'ont d'autre choix que de faire équipe pour sauver une fois de plus la Terre.