Miruthan (Shakti Soundar Rajan, 2016)

de le 16/07/2016
 
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Miruthan ou quand l’Inde se met au film de zombie. Cela nous donne un  actioner mené tambour battant par la star tamoul Jayam Ravi qui mitraille à tout va. Le réalisateur Shakti Soundar Rajan parvient à mêler les traditions du cinéma indien aux codes plus occidentaux de la série Z par une candide surenchère pour un long-métrage d’exploitation très généreux et très divertissant !

Miruthan 1“Le premier film indien de zombie”. En voilà une sacrée accroche pour le film Miruthan sorti au mois de février en Inde. Ce nouveau produit cinématographique issu de Kollywood affiche d’autant mieux la concurrence féroce que compte donner les studios de Chennai au plus traditionnel cinéma hindi de Bollywood. Car si les productions de ce dernier furent longtemps la référence en terme de cinéma exporté à l’international par l’Inde, la puissante communauté tamoul ne manque pas d’ambition et s’est lancée plus volontiers dans un cinéma de genres en mode over the top dont le plus récent et meilleur exemple reste La Légende de Baahubali de S.S. Rajamouli. La générosité de Kollywood transpire à chaque projet, comme ceux du réalisateur Shakti Soundar Rajan dont Miruthan est le troisième long-métrage après un film de braquage et une comédie policière. Une trop forte envie naïve de cinéma prise au premier degré sur place, mais qui fait néanmoins plaisir à voir en assistant au grand n’importe quoi à l’écran avec un second degré distant qui s’impose.

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Film de zombie donc avec une contamination virale par un produit chimique renversé par erreur dans la nature, contaminant un chien errant qui s’en prendra au patient zéro. Certes, les figurants paraissent un peu gauches dans la meilleure prise gardée par le réalisateur et l’incrustation de certains effets visuels aurait méritée plus d’attention technique, mais le générique clinquant affichant le titre du long-métrage et le nom de Shakti Soundar Rajan en métal, bombardés de flares rougeoyants, sur fond de dubstep électro remet les choses à leur place. On ne pourrait prétendre comparer Miruthan aux autres grands films de zombie, en dehors de son contexte kollywoodien. Lorsque le film semble s’arrêter pour laisser place à un clip où la méga star Jayam Ravi chante son amour infini pour la jeune femme qui le fait chavirer, on comprend que Miruthan se situe au-delà de notre cahier des charges occidental. Il faut alors le prendre comme un pur divertissement sans limites qui n’a pas peur du ridicule. La mise en scène excessive de Shakti Soundar Rajan y va à fond dans la surhéroïsation du personnage incarné par Jayam Ravi lors des scènes d’action ou les séquences plus comiques vis-à-vis de son amour caché pour celui interprété par l’actrice Lakshmi Menon.

Miruthan 3Jayam Ravi est donc Karthik, grand frère célibataire en privé et flic assigné à la circulation à la ville, dont le cœur ne brûle que pour Renuka, docteur qu’il croisa une fois et dont il n’arrive pas à s’enlever de l’esprit, malgré les nombreuses prétendantes que son collègue lui proposera. Si l’on omet les deux ou trois passages musicaux marquant une pause ou une accélération subite du rythme, le récit de Miruthan reste très classique dans sa structure. Le héros au grand cœur, la belle à sauver, la jeune enfant innocente, le sidekick comique, un méchant lâche ridiculisé et l’invasion d’infectés rageurs qui met à la ville à feu et à sang. Évidemment, Karthik semble le seul en mesure de protéger la mission scientifique visant à trouver un antidote au plus vite. Surtout lorsque Jayam Ravi dessoude massivement du zombie à tour de bras quand il ne vide pas un nombre improbable de chargeurs en ouvrant joyeusement le feu sur la foule menaçante. Jamais de pincettes avec Shakti Soundar Rajan. Le réalisateur verse automatiquement dans la surenchère au seul service du spectacle. Mieux encore, alors que Miruthan n’est minuté qu’à 1h45, il se paiera même le luxe de l’interruption d’un entracte en plein milieu de l’un de ses plus gros climax. Il fallait le faire !

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Les clips musicaux illustrant une comédie romantique niaise et sirupeuse ou les scènes d’action surréalistes dignes d’une production Asylum ne vous font pas peur ? Si vous êtes assez curieux de ce que le cinéma indien peut nous proposer actuellement, foncez voir Miruthan. Un long-métrage comme l’on en voit rarement (voire pas du tout) dans le cinéma occidental. La candeur cinématographique du réalisateur tamoul Shakti Soundar Rajan témoigne d’une généreuse fraicheur, préférant nous faire dans le trop à l’écran que dans le propre et soigné. Un premier film de zombie indien donc, ultra divertissant et répondant, autant qu’il le puisse, aux codes du genre, qui nous annonce d’ores et déjà dans sa conclusion un numéro deux pour l’année 2018. On a hâte !

FICHE FILM
 
Synopsis

Un virus émanant d'une expérience chimique ratée transforme les habitants d'une ville entière en Zombie.Comment le policier Ravi mettra t-il fin à ce calvaire.