Les Monstres du continent perdu (Ishiro Honda, 1975)

de le 09/05/2014
 
FacebooktwitterFacebooktwitter

Godzilla, Episode 15. Suite directe de son bien-aimé prédécesseur, la Toho fait appel pour huitième et dernière fois aux services du grand Ishiro Honda pour mettre en scène ce match-retour entre Godzilla et MechaGodzilla. Il signera ici son dernier film, faisant ses adieux au Roi des monstres qu’il a contribué à créer en même temps qu’il offrira un chant du cygne honorable pour l’âge d’or de Godzilla.

les monstres du continent perdu 1Ainsi s’achève l’ère Showa de Godzilla, après pas moins de 15 films produits en 21 ans. De cette période, on retiendra surtout l’incontournable Godzilla de 1954 et le merveilleux Mothra contre Godzilla de 1964, tous deux réalisés par Ishiro Honda. Ce dernier revient donc une dernière fois, ici sur ce Terror of MechaGodzilla (appelé en France « Les Monstres du continent perdu » ou MechaGodzilla contre-attaque), faisant suite au très sympathique volet de Fukuda sorti l’année précédente.

Les mêmes aliens (sans leur visages de singes cette fois) comptent prendre leur revanche sur Godzilla en lui envoyant une fois de plus leur robot MechaGodzilla dans les pattes, mais il sera cette fois aidé par le Titanosaurus, un dinosaure amphibien contrôlé par des personnages malveillants. Pour une fois, Godzilla assume seul son rôle de héros. Aucun sidekick pour l’aider, pas de fils, pas de robot, pas de Mothra, rien. Et pour la première fois depuis longtemps, Godzilla parait enfin en difficulté et en mesure de perdre un combat.

les monstres du continent perdu 4

Honda redonne à son monstre des lettres de noblesse. Il y apparaît menaçant, puissant, plus sérieux et ses apparitions de nuit lui confèrent une aura comme on n’en avait pas vu depuis trop longtemps dans la saga. Si le scénario est toujours aussi basique (kaijus contrôlés par méchants vs Godzilla héros-malgré-lui), la réalisation l’est moins. Sans atteindre des sommets du genre ou l’aura des débuts, ce volet est traité un peu plus sérieusement que d’habitude et les scènes de destruction et de combat entre kaijus donnent des séquences parfois plutôt inventives et prenantes. MechaGodzilla est toujours un superbe méchant terriblement sadique, le Titanosaurus est assez inquiétant (il a un cri qui ressemble à un rire de clown psychopathe géant) et la direction de la photo se sert enfin un peu de la profondeur de champ et de la lumière pour mettre en valeur ses monstres.

Alors, on est loin d’être face à un chef d’œuvre, des stock-shots sont encore utilisés (cette fois, ceux du premier MechaGodzilla), les intrigues humaines peinent à nous attacher à leur destin ou leurs personnages, on a un nombre incalculable de clichés collés au genre et bien sûr la qualité des effets spéciaux fait peine a voir en comparaison des épisodes ultérieurs. Cependant, enfin débarrassés de Jun Fukuda, on peut au moins apprécier les scènes de kaijus comme un vrai classique du genre et on ne sent pas face à une parodie cynique du genre.

les monstres du continent perdu 3Hélas, le film sera un bide en salles, alignant moins d’un million de spectateurs dans les salles japonaises. Il signera la fin de la carrière de réalisateur de Honda, qui retournera comme assistant-réalisateur d’Akira Kurosawa sur les chefs d’œuvres Ran, Kagemusha et Rêves, dont il signe un segment entier en suivant les instructions de Kurosawa sans signer la réalisation au générique. Il mourra en 1993, après avoir prêté main-forte une dernière fois au maître sur son dernier film, Madadayo. La franchise, quand à elle sera enterrée par la Toho pendant neuf ans, jusqu’en 1984. Ce sera alors le début d’un âge d’argent pour le Roi des monstres, connu sous le nom de l’ère Heisei. L’Histoire est un éternel recommencement.

FICHE FILM
 
Synopsis

Les aliens de la troisième planète du Trou noir récupèrent la carcasse de MechaGodzilla dans le but de le lancer une nouvelle fois contre Godzilla, le protecteur de la Terre. Le robot malfaisant sera aidé par le Titanosaurus, un dinosaure contrôlé par des scientifiques.