Le Dernier chasseur de sorcières (Breck Eisner, 2015)

de le 26/10/2015
 
FacebooktwitterFacebooktwitter

Plus que les sorcières, ce sont notre intelligence et notre intérêt qu’a chassé Vin Diesel dans ce DTV bas de gamme et bas du front. À croire que la seule présence de la star de Fast and Furious a permis à ce film idiot de Breck Eisner de trouver le chemin des salles de cinéma. À une autre époque, ce genre d’œuvre aurait certainement conduit ses auteurs au bûcher !

Le Dernier chasseur de sorcières Avec la mort accidentelle de Paul Walker, la production du septième Fast and Furious ne fut pas la seule à être touchée par cette tragédie. Vin Diesel enchaînant les projets, celui qui suivait, à savoir Le Dernier chasseur de sorcières, dû également être mis en stand by afin que sa tête d’affiche et producteur soit disponible. Car cette honorable production à 90 millions de dollars n’aurait pu démarrer sans Vin Diesel, faisant de cette dernière une vitrine supplémentaire pour lui et son ego surdimensionné. Malgré des choix étonnants en début de carrière, en apparaissant chez Spielberg notamment, l’acteur devenu producteur aura rarement su démontrer une pertinence artistique dans ses choix de cinéma. Il ne faudra pas longtemps au Dernier chasseur de sorcières pour correspondre à cette règle et qu’il ne devienne l’un des plus tristes exemples de mépris de Vin Diesel pour son public avec ce “truc” digne des plus mauvaises productions Asylum.

Le Dernier chasseur de sorcières

L’ouverture nous plonge d’abord dans une parodie de Game of Thrones, avec une bande de guerriers se baladant au milieu d’un relief enneigé, où chaque changement de d’axe de caméra est ponctué par une grosse percussion à la musique. Le ton est donné. Vin Diesel, alias Kaulder, vient tuer la reine des sorcières, responsable de la peste. Nous avons alors l’amère impression d’avoir un remake du Treizième guerrier de McTiernan… mais en raté ! Qui d’autre qu’un yes man affamé pour déraper aussi loin en acceptant les moindres caprices de Diesel ? Fils de, Breck Eisner n’aura de talent que pour afficher son incompétence à proposer un minimum de mise en scène. Sa traversée du désert avait commencé, pour le coup, avec l’échec de la super production Sahara il y a dix ans. Même s’il y a cinq ans, son remake de The Crazies s’avérait efficace, le pauvre bonhomme va sûrement replonger dans les limbes d’Hollywood. Aussi étonnant que cela puisse paraître, si l’on veut bien y croire, Vin Diesel serait un fan du jeu Donjons et Dragons, amenant cette anecdote en avant pour promouvoir Le Dernier chasseur de sorcières. Mais, à nouveau, lorsque le film abandonne le Moyen-Âge pour aujourd’hui, cet argument devient caduque.

Le Dernier chasseur de sorcièresVictime d’une malédiction qui le condamne à l’éternité, Kaulder s’est transformé en une sorte de Van Helsing spécialisé dans la traque de sorcières. Soit. À ceci prêt qu’à ses heures perdues, ce dernier se prend pour Bruce Wayne en conduisant des belles voitures, vivant dans un appartement avec des compartiments secrets dissimulant son équipement, mais aussi avec Alfred, euh… Michael Caine qui tient le rôle d’un prêtre ami, allié et confident de Kaulder, tout en ayant plus la forme du majordome qu’il incarnait dans la trilogie Batman de Christopher Nolan. L’idée est que son grand âge le pousse à être remplacé par un nouveau, perpétuant la chaîne depuis des siècles, qui n’est autre qu’Elijah Wood, autre acteur en perdition. Le pitch voudrait qu’une nouvelle menace de sorcellerie plane sur la Terre et que Vin Diesel soit le dernier rempart de l’humanité face à cette magie noire. Prenez les scénaristes de Dracula Untold et ajoutez-leur celui de Priest et vous aurez une idée du potentiel de cette histoire. Celle-ci essaye grossièrement d’instaurer les règles d’un univers qui devient de plus en plus grotesque à mesure que les minutes s’égrainent.

Le Dernier chasseur de sorcières

Libre de faire n’importe quoi, Vin Diesel est un intrus devant sa propre caméra. Les traits de son visage expriment en alternance le néant ou le surjeu. Le producteur-acteur croit profondément en sa connerie, jamais remis en cause. Le Dernier chasseur de sorcières est la meilleure preuve, s’il en fallait une, que Diesel seul n’est pas un bon acteur et qu’il a besoin d’un réalisateur suffisamment concerné qui puisse lui donner des indications à suivre. Le récit constamment en roue libre pousse, sans raison particulière, un héros solitaire sur près de mille ans, à passer lourdement son bras autour des épaules d’une jeune sorcière sexy et célibataire pour tenter de la consoler (et plus si affinités). On ne sait pas si tout cela fait suite à un manque involontaire de talent des scénaristes et de réalisateur ou d’un choix délibéré, conscient et cynique, de leur part en pensant que le spectateur est prêt à se bâfrer de tout ce qu’ils déverseront dans son auge. Premier degré, le long-métrage n’est ni fun, ni drôle, ni bien, tout simplement. On ne vous en révèlera rien ici, mais un twist moisi vous attend au tournant de la baston finale mal filmée dans un décor vide. Et ce ne sera pas cette fin ouverte poussive qui nous donnera envie de voir des suites, espérant qu’il s’agira bien du dernier chasseur de sorcières.

FICHE FILM
 
Synopsis

Notre monde actuel repose sur un pacte fragile régissant la paix entre humains et sorcières. Ces dernières sont autorisées à vivre secrètement parmi nous tant qu’elles n’ont pas recours à la magie noire. Kaulder, membre de la confrérie de la hache et de la croix qui garantit ce pacte, chasse les sorcières insoumises depuis plus de 800 ans. Mais lorsque l’un des membres de son groupe est assassiné, la guerre est sur le point d’éclater et de faire des rues de New York un véritable champ de bataille.