La Revanche de Godzilla (Ishiro Honda, 1969)

de le 04/05/2014
 
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Godzilla, Episode 10. Les Envahisseurs Attaquent devait être le dernier volet de la saga, mais victime de son énorme succès, la Toho reprend son rythme et sort dans la foulée un épisode ciblé pour enfants et presque entièrement constitué de stock-shots des précédents métrages. En résultera le pire film de tous les Godzilla jamais entrepris.

la revanche de Godzilla 1Plutôt que de continuer la lignée ambitieuse lancée par son illustre prédécesseur, La Revanche de Godzilla régresse d’un cran la saga en retournant au ton du Fils de Godzilla, dont il se fait une variation directe, le charme surréaliste en moins.

Jamais sorti en France, il aurait pourtant fait la joie de distributeurs français tant il semble créer un pont entre le moralisme des productions AB du Club Dorothée et la débilité kitsch de L’île aux enfants. Techniquement, l’épisode n’est même pas vraiment canonique puisque les kaijus impliqués n’existent que dans l’imaginaire d’un écolier.

la revanche de godzilla 2

Honda prend à revers les attentes des fans en voulant faire un épisode destiné aux enfants et peu concerné par ses kaijus, qui ici ne sont que des représentations mentales de l’évolution très mécanique de la pensée d’un enfant ayant des problèmes de confiance en soi. Le petit Ichiro comprend ainsi au contact d’un Minilla parlant qu’il doit être assez courageux et que si des brutes lui mènent la vie dure, il ne faut pas embêter les adultes avec ces histoires et se débrouiller tout seul. Mais oui les enfants, vos parents ont autre chose à faire que de s’occuper de vos petits problèmes comme vous faire casser la gueule à la sortie de l’école. Godzilla par exemple, il doit détruire Tokyo. Des problèmes de grandes personnes, quoi.

La métaphore est plutôt hallucinante. Ainsi la brute qui le martyrise, nommé Gabara, prend la forme d’un kaiju (aussi appelé Gabara) sur Monster Island essayant de tuer Minilla et dont Godzilla doit le secourir. Oui, l’imaginaire d’un enfant de 10 ans constitué de kaijus est plus rationnel que la morale du film.

la revanche de godzilla 4La Revanche de Godzilla est traversé de séquences totalement artificielles où sont replacées hors-contexte des scènes entières des films précédents, notamment avec les Kamacuras, Ebirah, Kumonga, Anguirus, Manda et le Gorosaurus. D’ailleurs si vous avez déjà vu tous les Godzilla qui précédent, vous ne verrez ici que tout au plus une grosse demi-heure d’images inédites. L’arnaque se ressent d’autant plus que l’histoire du gamin est horripilante de morale à l’emporte-pièces et que les rares scènes de kaijus inédites, c’est a dire le combat entre Minilla, Godzilla et Gabara sont peut-être les pires jamais vues jusque là, et certainement les plus faibles mises en scène par Ishiro Honda. Voir Minilla changer de taille a volonté et parler nous ramène à l’ère Casimir dans une version cauchemardesque (souvenez-vous que Minilla ressemble à une version zombie d’Hippolyte, le cousin de Casimir, qui vous supplierait de l’achever), les scènes humaines sont lourdaudes et très embarrassantes, et le tout est filmé avec une mollesse impardonnable.

Rien a sauver, insupportable d’opportunisme et d’effets outranciers, même pas drôle au second degré, La Revanche de Godzilla est le pire film de toute la franchise.

FICHE FILM
 
Synopsis

Ichiro est un petit garçon japonais à l'imagination débordante mais souffrant de solitude. Maltraité par des brutes, Ichiro trouve un échappatoire en s'imaginant visiter Monster Island où il devient l'ami de Minilla, le fils de Godzilla, qui se retrouve inexplicablement avoir le pouvoir de changer de taille et de parler. C'est a travers ces voyages de l'imaginaire que l'enfant va apprendre à dépasser ses peurs et faire face à l'adversité avec courage et détermination, comme Minilla l'apprend lui-même de son père.