Horsehead (Romain Basset, 2014)

de le 09/09/2014
 
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Étrange Festival 2014 : inédits et avant-premières

Malgré tous les efforts apportés par une équipe de français motivés, Horsehead se révèle comme un long-métrage cliché et fauché. Le cinéma fantastique français ne renaîtra de ses cendres devant la caméra du jeune réalisateur Romain Basset, tombé dans le piège des effets de manche en oubliant les fondamentaux du genre. Une première production Starfix qui risque de ne même pas trouver le chemin des salles de cinéma.

Horsehead 1“Encore”, vous allez dire encore que nous désespérons que le cinéma fantastique et plus généralement de genre ne s’épanouisse pas en France. Exception culturelle sûrement, mais nous ne cessons de courir après d’autres cinémas nationaux qui osent faire de l’horreur et de l’épouvante, et qui le réussissent si bien que leurs films s’exportent au-delà de leurs frontières. Il nous vient forcément en exemples les espagnols ou les anglais qui ont actuellement une mécanique qui roule avec des cinéastes spécifiques au genre, mais aussi quelques tentatives européennes qui ne sont pas dénuées de talent. Pourquoi la France accumule-t-elle donc ce retard (culturel) ? Lorsqu’un réalisateur français se lance dans un long-métrage fantastique, devons-nous le défendre à corps et à cri pour ce qu’il représente et pas forcément pour sa qualité intrinsèque ?

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C’est bien la situation difficile dans laquelle nous a mis Fièvre ou plutôt Horsehead, présenté en avant-première à l’Étrange festival. L’histoire de ce film remonte pour son réalisateur Romain Basset à près de sept ans, dont trois années exclusivement réservées à sa production. Dans un univers actuellement sous le joug des télévisions qui financent les long-métrages selon leurs propres critères de diffusion d’un dimanche soir après le JT de 20h, on ne peut qu’imaginer le calvaire d’un projet tel que celui-ci. La surprise aura été totale à la découverte de l’une de ses boîtes de production : Starfix ! Ce nom entré dans les annales de la culture SF et fantastique en France est passé à la production de long-métrages. L’engouement ne pouvait être que total de savoir que l’ancien magazine culte mettrait désormais les mains dans le cambouis de la cinématographie.

Horsehead 5Le pari est osé pour choisir Horsehead comme premier et seul produit d’appel qui sera mis en tête de gondole par Starfix, afin d’attirer de nouveaux projets. Car Horsehead reste un film pour un public restreint et assez hermétique envers ceux qui n’auront pas de grandes connaissances dans le genre. S’ouvrant sur une séquence de cauchemar fantasmagorique, où le personnage principal incarné par Lilly-Fleur Pointeaux (plus connue récemment pour sa prestation dans la série Platane d’Éric Judor) se retrouve sous la menace d’un monstre avec une tête de cheval. Jessica se réveille alors dans un train direction la maison de sa grand-mère où ses parents l’attendent : la matriarche est décédée il y a peu. Tente de s’installer ensuite une ambiance assez confuse. Tout d’abord en huis-clos dans la vieille bâtisse, Horsehead lorgne vers le film hanté d’esprits et de fantômes. Il se tourne finalement vers une recherche d’un secret de famille entre le monde des rêves et la réalité avec sous-texte psychanalytique un peu cheap. Évidemment, le maléfique monstre à tête de cheval rôde et, comme dans la Matrice, si l’on meurt en rêve, on meurt en vrai.

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Si l’histoire n’apporte pas grand chose de nouveau à ce type de récit éculé, c’est une accumulation de plein de petits détails qui ne permet jamais à Horsehead de s’élever de la masse. Tout d’abord, le titre est plutôt Horsehead que Fièvre, car aussi étrange que cela puisse paraître, tous les personnages parlent anglais (aidés par Catriona MacColl et Murray Head au casting) alors qu’ils se trouvent dans un village bien français. La faute à une volonté trop marquée de faire un produit international qui n’a pas été réfléchie avec un minimum de logique dans le récit. Si certains y trouvent un rapprochement avec le cinéma de Dario Argento, la photographie n’est pas un point fort du film. Souvent mal cadré, l’éclairage assez uniforme et peu contrasté fait défaut à la crédibilité du maquillage du monstre. Il y a aussi cet éclairage disco avec des lumières en rotation lorsque Jessica passe dans le monde des rêves. Ce ne sera pas non plus la musique originale plombante et assourdissante qui nous aidera à mieux rentrer dans l’histoire. Et comme l’on pouvait s’en douter au départ, il n’y a pas vraiment une ambiance qui parvient à se constituer et à augmenter progressivement jusqu’à un final sonnant creux, affaibli par un terrible manque d’empathie envers les personnages à l’écran.

FICHE FILM
 
Synopsis

Depuis son enfance, Jessica est hantée par des cauchemars récurrents dans lesquels elle est poursuivie par une mystérieuse créature à tête de cheval appelée HORSEHEAD. Dans l’espoir de retrouver la paix, Jessica a entamé des études de psychophysiologie des rêves.
Suite au décès de sa grand-mère maternelle, Jessica est contrainte de retourner dans la maison familiale. A son arrivée, elle découvre que son aïeule défunte reposera dans la chambre mitoyenne de la sienne durant la veillée mortuaire…
Après une première nuit agitée par un nouveau cauchemar, Jessica tombe subitement malade. Clouée au lit par une forte fièvre, la jeune femme décide d’utiliser son état léthargique pour expérimenter le RÊVE LUCIDE et essayer ainsi de prendre le contrôle de ses cauchemars, une pratique dangereuse dont certains ne se remettent jamais.
Jessica évolue alors dans son propre monde onirique. Elle mène l’enquête afin de découvrir le mal qui la ronge elle et sa famille depuis des générations. Elle devra aussi affronter une dernière fois le maléfique HORSEHEAD.