Godzilla X MechaGodzilla (Masaaki Tezuka, 2002)

de le 31/05/2014
 
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Godzilla, Episode 27. Après un épisode ayant été classé parmi les meilleurs du genre, la Toho change une nouvelle fois inexplicablement son fusil d’épaule et propose un énième reboot de sa saga. Mais en revisitant une énième fois le personnage de MechaGodzilla, ils vont enfin parvenir à renouer avec les cimes du genre. Mecha Vs Kaiju, Round 1 : Fight !

Godzilla X Mechagodzilla 1 Godzilla X MechaGodzilla est le cinquième reboot consécutif en cinq films dans l’histoire de la franchise. Mais à l’exception de tous les autres opus de l’ère Millenium, il va avoir la chance de connaître une suite l’année suivante, qui s’appellera Tokyo S.O.S. Ce diptyque va être l’occasion d’installer une histoire sur deux films, avec les mêmes personnages, la construction d’une continuité cohérente et un crescendo dans les enjeux et le spectaculaire.

Le film reprend donc le principe de la formule « mecha contre kaiju » en la modernisant à sa manière. Oubliez donc les incarnations précédentes de MechaGodzilla, puisque ici le film se place comme une suite directe du film de 1954. Dans cette version, le Godzilla des origines est bien mort comme l’a présenté le film de Honda, et le Godzilla actuel est un successeur apparenté. Les os du premier Godzilla sont donc récupérées pour servir de squelette à Kiryu, robot géant sur-armé capable de se mesurer à Godzilla. Kiryu, oui, pas « MechaGodzilla« , malgré ce qu’affiche le titre du film.

Godzilla X Mechagodzilla 2

Mais peu importe son nom, tant le résultat l’emporte sur toute considération analytique. Le voilà, le combat ultime, le kaiju-eiga moderne qu’on attendait, le précurseur véritable du Pacific Rim de Guillermo Del Toro. Les combats entre Godzilla et MechaGodzilla sont tout simplement admirables. Les designs de l’un et de l’autre, parfaits. La réalisation les met en valeur à chaque occasion possible. L’éclairage, la photo, les effets spéciaux, les maquettes, la musique, le montage : toute la technique s’est acérée pour maximiser l’impact de chaque plan iconique, de chaque bruitage, de chaque impact de coups, de chaque explosion, de chaque destruction de maquette. Plongées dans les ténèbres, ces séquences mettent en valeur le lien que partage les deux adversaires. Il y a un élément tragique, presque émouvant, à voir le Godzilla d’origine incapable de ne pas attaquer le Godzilla actuel alors qu’il est ce qui se rapproche le plus d’un frère, d’un fils, d’une famille. Et au-delà de cette dimension, le film regorge de moments bourrins, avec une tonne de gadgets affublés à Kiryu (qui signifie « dragon mécanique » en japonais), de quoi faire fantasmer les enfants qui sommeillent en nous, comme un jouet qu’on rêverait de manipuler.

Godzilla X Mechagodzilla 3Pourtant mis en scène par Masaaki Tezuka, le réalisateur de l’affreux Godzilla vs Megaguirus, la réalisation semble avoir fait plusieurs bonds depuis le volet de la libellule géante. Il y a des compositions de plans superbes, notamment avec des éclairs ou de face-à-face dans la ville entre les monstres. Les raccords fonctionnent, il y a du travail dans le découpage et une implication manifeste pour rendre honneur à ses icônes.

Une fois n’est pas commune, les personnages humains ont de la consistance. Ils existent à l’écran et font plus que commenter l’action ou justifier les prétextes de science-fiction permettant les éléments d’intrigue les plus farfelus. Ils sont partie intégrante de la narration et la font avancer comme les kaijus. C’est sans doute dû au scénario, bien plus travaillé que d’habitude, et qui force le respect du spectateur envers le film de 1954 pour mieux s’élever en se posant sur ses épaules. On ressent une volonté sincère d’inscrire le film parmi les plus sérieux films de la franchise, ce qui provoque naturellement une implication du spectateur dans l’histoire.

Godzilla X Mechagodzilla 4

Tout cela étant posé, Godzilla X MechaGodzilla n’est pas le kaiju-eiga parfait. Les dialogues sont un peu pompeux et un petit peu plus d’action aurait suffi à le placer comme le must absolu du genre. Il a en plus le malheur d’avoir un second acte avare en action et assez mal rythmé. Mais avec un film atteignant a peine 1h28 au compteur, générique inclus, vous comprendrez qu’avec un peu de patience, il y a largement de quoi savourer les morceaux de bravoure de ce qui parait comme l’un des meilleurs volets de toute la saga. Si en plus, on prend en considération qu’il a forcément influencé un réalisateur de l’envergure de Guillermo Del Toro, on prend conscience que ce volet précis a une importance toute particulière pour tout fan du genre qui se respecte.

Et le meilleur dans tout ça, c’est qu’il a une suite directe encore plus décomplexée. Le monde est bien fait, parfois.

FICHE FILM
 
Synopsis

Pour combattre Godzilla, l'armée construit un robot géant nommé Kiryu, construit sur les ossements du premier Godzilla, mort en 1954. Mais lorsque l'incarnation la plus récente rencontre son double métallo-fantômatique, ce dernier reprend le contrôle du nouveau corps qui lui a été donné, et commence à ravager le Japon dans des proportions encore plus grandes que ne l'aurait fait le Godzilla actuel. Tandis que les forces armées tentent de reprendre le contrôle de leur créature déchaînée, Godzilla ne peut résister à l'appel du combat face à son ancêtre, transformé en MechaGodzilla !