Godzilla 80 (Jun Fukuda, 1973)

de le 08/05/2014
 
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Godzilla, Episode 13. Dans la continuité de l’infâme Godzilla vs Gigan, Jun Fukuda continue à enchaîner les mauvais produits, de plus en plus indiscernables et médiocres les uns que les autres. Triste période pour la franchise, qui aborde la fin de sa première ère par un de ses pires films.

godzilla vs megalon 1User la corde à ce point relève de l’exploit. Godzilla vs Megalon, connu en France sous le titre ridicule de Godzilla 80, est un quasi-remake identique à son prédécesseur, lui-même déjà constitué quasi-exclusivement d’éléments utilisés et répétés par la franchise. La franchise du roi des monstres arrive peut-être ici à son apogée de cynisme et d’opportunisme, alignant une pauvreté créative hallucinante en se servant de la même formule sans tenter d’y apporter quoi que ce soit.

Le précédent film opposait donc Godzilla et Anguirus contre Ghidorah et Gigan, ici c’est Godzilla et Jet Jaguar contre Megalon et Gigan. Une civilisation sub-terrienne envoyant leur dieu (Megalon donc) a remplacé la classique invasion alien envoyant leur monstre, et c’est tout. Les personnages humains sont a peine esquissés et le métrage donne la part belle au véritable héros du film, le robot Jet Jaguar.

godzilla vs megalon 2

Jet Jaguar prend ses racines dans l’animation japonaise et les mangas qui fleurissent à l’époque. Situé entre le sentaï et le mecha, Jet Jaguar peut changer de taille et donc passer des scènes avec des humains comme avec des kaijus, ce qui est pratique. Il est accompagné d’une chanson insupportable clamant son nom et nous est présenté comme l’ami des enfants. Ce plagiat d’Ultraman est en réalité l’idée d’un écolier japonais qui a soumis l’idée à la Toho lors d’un concours. Ce film devait d’ailleurs lancer sa franchise et Godzilla n’était même pas prévu pour y apparaître à l’origine, ce qui explique qu’il semble une fois de plus servir de faire-valoir à l’intrigue.

Filmé en trois semaines, Godzilla Vs Megalon marque par un bricolage bisseux, monté une fois de plus avec de nombreux stock-shots, dont beaucoup du film précédent et frise l’amateurisme absolu par sa réalisation comme son montage. Fukuda ne fait aucun effort pour marquer une quelconque empreinte et se contente juste de recycler les idées des autres avec un budget plus troué qu’un gruyère.

godzilla vs megalon 3Le méchant du film, Megalon est un des plus moches kaijus jamais vu de toute la franchise. Armé de deux épaisses perceuses en guise de bras, son corps se situe à mi-chemin entre le cafard, la mouche et le rhinocéros, en plus d’ailes oranges et noires. Anti-charismatique et semblant juste être une mauvaise copie de Gigan, il n’offre aucun beau combat au film et ne représente qu’une maigre menace pour Godzilla, encore moins accompagné de Jet Jaguar, avec qui il tente de communiquer entre les combats.

Il n’y a absolument rien à sauver dans cet épisode. Ni les kaijus, ni le scénario (quel scénario ?), ni la réalisation (quelle réalisation ?). On s’ennuie ferme jusqu’à la fin si on ne s’est pas endormi avant, le peu qui sort de l’ordinaire n’a rien d’impressionnant et même les stock-shots utilisés font peine à voir, étant eux-même tirés de mauvais films.

A part un plaisir coupable pour insomniaques, difficile d’y trouver un quelconque intérêt. On remarquera juste l’aspect increvable de la franchise pour survivre à autant de mauvais films produits en dépit du bon sens. Heureusement, un petit vent de fraîcheur va souffler sur la saga, et son nom est MechaGodzilla. Mais ça, c’est une autre histoire.

FICHE FILM
 
Synopsis

Dérangés par les essais nucléaires des humains, une civilisation sub-terrienne décide d'envoyer leur dieu Megalon pour les punir. Le robot Jet Jaguar et Godzilla vont devoir faire équipe pour l'empêcher de détruire la terre, mais le monstre géant va obtenir un renfort inattendu en la personne de Gigan, qui compte prendre sa revanche sur la Terre.