Fast & Furious 7 (James Wan, 2015)

de le 24/03/2015
 
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Carburateurs rutilants, sueur sur les corps et ambiance plouc : pas de doutes, la saga Fast & Furious est de retour. Après le virage entamé avec le cinquième opus, donnant un coup de polish à une série de films ayant commencé sur des bases peu glorieuses (souvenons-nous de Rob Cohen, l’un des pires metteurs en scène américains), force est de constater que la licence a pu parvenir à proposer une action dynamique, fun et orgiaque, là où en parallèle, les Expendables se sont lourdement plantés. Ainsi de suite, un inévitable septième volet semble reprendre l’esprit des deux précédents, et pourtant quelque chose cloche en route, une régression est plutôt marquée, débouchant sur un film aux ponctuels pics agréables, mais globalement lourd et au ton solennel parfois pénible.

Fast & Furious 7 1Aucun doute sur le fait que la mort de Paul Walker ait joué sur le ton pris par l’écriture du film, qui, malgré des séquences d’action toujours over the top, met éventuellement de côté l’esprit décomplexé des derniers épisodes de Justin Lin. Il y a fort à parier que pour Vin Diesel, également producteur, Fast & Furious 7 était l’occasion d’un hommage à travers un film moins assumé dans sa bêtise, renouant quasiment avec la sérieux beauf ou le sentimentalisme niais et nanardisant des débuts de la saga. Le reste de l’écriture est bâclé et peine à proposer du neuf, recyclant des séquences vues auparavant dans Fast & Furious, voire en mieux dans d’autres blockbusters de ces dernières années.

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De la sorte, un acte entier du film se déroulant à Abu Dhabi prend des allures de transposition peu inspirée du chapitre à Dubaï du virtuose Mission Impossible : Protocole Fantôme, la maestria en moins cependant. Car si Justin Lin était parvenu à affiner un style de mise en scène pas forcément subtil mais finalement efficace, James Wan s’y perd et sombre dans une réalisation tantôt formatée, tantôt illisible. On pourra toujours reconnaître l’auteur de Death Sentence à quelques tics de mise en scène bien sentis dans le découpage de certaines séquences, mais difficile de ne pas être dubitatif devant ces poursuites qui ont peu d’ampleur, pas toujours jolies, ou encore devant ces combats à la chorégraphie trop hachée par un montage épileptique, davantage lorsque le tout est relevé à la sauce Brian Tyler, peut-être le pire compositeur hollywoodien en activité.

Fast & Furious 7 3C’est d’autant plus dommage que le réalisateur australien ne parvienne pas à davantage s’imposer (on l’imagine bien comprimé par une production aux demandes exigeantes) comme il le fait néanmoins dans la séquence d’ouverture introduisant le personnage de Jason Statham, pour le coup généreuse et jouissive, au ton allumé que n’aurait presque pas renié Last Action Hero. Mais condamné à hériter d’un lourd cahier des charges imposé préalablement par le style de Justin Lin, le changement de metteur en scène pour James Wan n’apparaît pas nécessairement comme gagnant, encore plus lorsque l’on peut attendre davantage de la part du réalisateur ou du potentiel fun offert par Fast & Furious.

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Navigant constamment entre deux eaux, ce dernier film peine largement plus à convaincre que ses deux grands frères, mettant moins en avant son capital sympathie de plaisir coupable sur tout le long. Il apparaît presque fainéant tant toutes les pièces pour un film d’action réussi et jouissif semblent présentes, mais trop peu exploitées. Comme en témoigne encore le ridicule personnage que le hélas trop sous-employé Djimon Hounsou interprète, ou encore celui de Kurt Russell dont on cherche encore le réel intérêt. Tant bien que mal, on patiente alors systématiquement en attendant plutôt chaque réapparition de Hobbs, campé par le toujours herculéen et sur-charismatique Dwayne Johnson. L’ultime séquence, en montage-hommage à Paul Walker devient le fan-service de trop, concluant un film motorisé partiellement sympathique, mais très relativement engageant quand se profile, au loin, à l’horizon, le titan Mad Max : Fury Road.

FICHE FILM
 
Synopsis

Cette fois la menace prend les traits d’un tueur à gages des opérations spéciales britanniques aussi insaisissable qu’impitoyable, qui n’a d’obsession que la vengeance. Commençant par éliminer sans autre forme de procès Han à Tokyo, puis s’attaquant à Hobbs à Los Angeles, Deckard Shaw ne s’arrêtera que lorsqu’il aura liquidé l’ensemble de l’équipe qui a fait tomber son frère, Owen Shaw lors de leur dernière mission. Quand Shaw fait exploser la maison de Dom Toretto, faisant ainsi voler en éclat le symbole de l’unité familiale de son équipe, ce dernier se voit contraint de demander de l’aide à un autre « fantôme » dans les hautes sphères du gouvernement. Cette fois le marché sera le rapatriement d’un prototype top secret pour le gouvernement américain. Il s’agit en fait d’un géo localisateur de pointe dont ils pourront se servir afin de débusquer l’insaisissable Shaw avant qu’il ne frappe de nouveau. Dom, Brian, Hobbs, Letty, Roman, Tej et Mia vont devoir affronter comme un seul homme le plus grand danger de leur existence, et ce aussi bien dans leur environnement quotidien qu’au bout du monde, d’Abu Dhabi aux rues de Los Angeles…