Divergente 2 : L’insurrection (Robert Schwentke, 2015)

de le 02/03/2016
 
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C’est sans surprise que le réalisateur de Red et R.I.P.D. Brigade fantôme joue les yes man pour prolonger l’expérience Divergente. Cette suite directe parvient à être plus ratée et insipide que le premier opus. Terrible est de constater que la rareté des héroïnes fortes au cinéma les réduisent à des franchises pauvres et formatées, seulement intéressées par les bénéfices que leur apporterait leur public.

Divergente 2 l'insurrection 1Après le succès calculé du premier épisode, il ne pouvait en être autrement pour ses producteurs que de poursuivre Divergente avec un second opus. Son prédécesseur avait encouru peu de risques, coincé entre une adaptation molle des préceptes de K. Dick sur les dystopies totalitaires, avec un discours gogol au premier degré d’un système parfait qui ne fonctionne pas, et un récit initiatique de plus de deux heures sous forme de plagia puritain d’éléments de Starship Troopers, où les actions violentes ne versent aucune goutte de sang à l’écran. C’est à Robert Schwentke qu’incombe la tâche ingrate de reprendre le poste de Neil Burger qui avait gentiment mis en scène Divergente, mais sans aucune saveur. Les producteurs n’ont eu aucun scrupule à confier cette suite au réalisateur dont le CV est lesté de Flight Plan, Red ou R.I.P.D. Brigade fantôme.

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On prend les mêmes et on recommence avec Divergente 2 : L’Insurrection qui, aussi surprenant que cela soit, ne répond pas à la promesse émise à la fin du premier film. Alors que le final de Divergente nous emmenait littéralement dans le mur, ou plutôt au-delà, nous retrouvons les héros fugitifs encore dans l’enceinte de la ville de Chicago. Après son coup d’état manqué, le personnage de Kate Winslet, chef de Érudits, déclare la loi martiale et trouve sa nouvelle obsession dans une mystérieuse boîte contenant, sans doute, la solution pour se débarrasser des divergents. Si le premier film s’éternisait dans l’apprentissage de Tris (Shailene Woodley) pour intégrer les audacieux, Divergente 2 : L’Insurrection la transforme en élue des élus. En plus d’être une divergente, elle est la seule à pouvoir intégrer les cinq factions et sa nouvelle fonction est d’être la clé pour découvrir le contenu de cette étrange boîte venue du passé. De là, les péripéties des nos gentils héros s’enchaineront pour s’enchaîner sans véritable cohérence pour nous ramener au même troisième acte du long-métrage précédent.

Divergente 2 l'insurrection 3Cependant, la patte Robert Schwentke se fera ressentir dès les premières hallucinations superflues et inconséquentes de Tris. À l’instar d’un grand artiste du mauvais goût, le réalisateur propose des effets de mise en scène grandiloquents et ridicules, abusant plus que de raison sur les possibilités des effets visuels. Pourtant, il semble suivre un cahier des charges imposé en reprenant la formidable illisibilité des séquences de nuit où tout est noir ou gris. On ne trouvera pas plus d’intérêt de la part de Schwentke envers ses personnages. Les plus secondaires poppent au milieu d’une séquence d’action pour disparaître complètement à la fin de la suivante. Les morts brutales (et ridicules) d’autres sont gratuites et sans aucune tâche de sang (afin de bien respecter la classification américaine et ne pas se priver d’un public large). La motivation opportuniste de l’entreprise derrière la saga cinématographique est donc toujours aussi formelle. D’autant que le troisième et dernier ouvrage de la série sera également divisé en deux films, afin de mieux rentabiliser l’investissement initial.

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Bien que la présentation des deux factions les moins abordées dans Divergente cherche à mieux nous familiariser avec un monde catégorisé assez hermétique, le film reste désespérément creux et vain. Rien ne semble véritablement évoluer, hormis une nouvelle coiffure raccourcie pour l’héroïne. Sa situation particulière ne lui octroie aucun pouvoir, mais lui fait d’autant plus subir l’action en étant le centre d’intérêt de tous les autres protagonistes. On pourra aussi noter que cette fois-ce l’amorce de scène d’amour ne finit plus avec plus de vêtements qu’avant. Le plus honteux viendra sûrement du twist final qu’il faudrait incomber à Veronica Rott, auteure du livre adapté. Sans en révéler le contenu, celle-ci s’est allègrement inspirée de la fin du premier tome d’une autre saga young adults également transposée au cinéma depuis. À savoir : Le Labyrinthe. Mais Robert Schwentke n’en sortira pas plus innocent pour autant d’avoir réalisé cette série B prétentieuse et balourde. Et dire qu’il rempile pour le troisième épisode…

FICHE FILM
 
Synopsis

Dans un monde post-apocalyptique où la société a été réorganisée autour de 5 factions (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères et Fraternels), Tris a mis au jour un complot mené par la faction dominante, les Érudits, dirigés par Jeanine. Abandonnant une ville à feu et à sang, à la recherche d’alliés, Tris et Quatre sont désormais traqués par les autorités. Jeanine décrète la loi martiale pour anéantir les Divergents, tandis que la guerre entre les factions prend de l’ampleur. Pourquoi les Divergents sont-ils une menace pour la société ? La découverte d’un objet mystérieux, hérité du passé, pourrait bien bouleverser l’équilibre des forces…