Dark Skies (Scott Stewart, 2013)

de le 08/06/2013
 
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Après ses deux chefs d’œuvres Legion et Priest, c’est peu dire que le monde entier attendait fébrilement le nouveau film de Scott Stewart. Pour son troisième film il rejoint l’écurie Jason Blum qui inonde les écrans de ses productions horrifiques depuis le succès phénoménal de Paranormal Activity. A l’arrivée, la recette est toujours la même, sauf que quand il y a peu de moyens mais également peu de talent, il ne peut pas y avoir de miracle.

Depuis l’arnaque Paranormal Activity, Jason Blum active sa machine à billets en produisant des dizaines de thrillers horrifiques pour trois fois rien, faisant parfois appel à des grands noms. Ainsi, de cette mécanique sont sortis Insidious, Sinister, Lords of Salem, The Bay, en attendant les prochains films de Kevin Greutert, Joe Johnston, Peter Cornwell, Daniel Stamm et Oren Peli. Sans doute en pleine galère pour trouver un financement après ses horribles Legion et Priest, c’est sous son aile protectrice que Scott Stewart a pu se remettre au travail. Le bonhomme, ancien technicien dans les effets spéciaux et cofondateur de The Orphanage, s’est mis en tête qu’il était scénariste et cinéaste, deux professions dans lesquelles il ne devrait pas persister. Car si Dark Skies est assez clairement ce qu’il a fait de mieux à ce jour, il ne s’est pas vraiment foulé pour proposer quelque chose de neuf. Au niveau du traitement des rapports avec les extraterrestres, on se situe là bien plus du côté de Phénomènes paranormaux que de Fire in the Sky ou Signes, auquel Scott Stewart emprunte bien volontiers mais pour n’aboutir sur rien de solide.

Dark Skies

Et s’il y a bien un modèle que va suivre Dark Skies, c’est celui de Poltergeist dont il se pose finalement en sorte de remake avec des petits hommes verts à la place des esprits. On retrouve d’ailleurs un esprit très Amblin dans la première moitié du film, avec quelques très jolies scènes sur l’enfance, avant que le film ne se concentre sur sa motivation première : refaire le film de Tobe Hooper en essayant de faire très peur au public avec des effets de style qui ne servent à rien. En effet, on se demande si Scott Stewart a confiance en son script et en son thème car ce dernier est tout de même suffisamment effrayant (la possibilité d’enlèvements d’enfants par des extraterrestres) pour ne pas venir le ponctuer d’une course au jump scare le plus efficace, à grands coups d’effets qui ne fonctionnent plus vraiment. Dark Skies est un film qui peine à construire une ambiance de terreur et c’est une fois de plus la solution de facilité qui est choisie : claquer des portes, faire des gros bruits qui font sursauter, soit la panoplie complète du petit film d’horreur illustré. Sauf que si ces artifices font partie du jeu, quand tout repose sur eux cela pose un sérieux problème de consistance. Le film de Scott Stewart ne provoque aucune frayeur, aucune émotion, et transforme une potentielle bonne idée en une baudruche. En effet, utiliser la mécanique interne d’un film de fantômes pour traiter d’extraterrestre est une idée plus que valable sur le papier, sauf que son application à l’image n’engendre rien de phénoménal. Dark Skies n’est malheureusement qu’une relecture de Poltergeist avec des aliens et rien d’autre.

Dark Skies

Le mimétisme va tout de même très loin avec le même parallèle entre une famille incapable de construire des fondations solides pour le développement des enfants (ici à travers les restes de la crise financière, le chômage et la baisse d’activité des agents immobiliers) et l’apparition de phénomènes incompréhensibles. Le souci est que la majorité des séquences, y compris les plus fortes à priori, ont déjà été vues des centaines de fois, qu’il s’agisse de l’utilisation d’un réseau de caméras de surveillance, des manifestations géométriques en pleine nuit, de l’appel au spécialiste en la matière (le motif de l’exorciste/médium/ancienne victime/psychopathe interchangeable, ici incarné par J.K. Simmons) ou des marques apparaissant sur le corps des enfants pour que tout le monde pense qu’ils ont été maltraités. Aucune surprise donc, à peine quelques petits sursauts de rien du tout, des acteurs tellement mauvais que cela devient vite embarrassant et un tissu d’incohérences qui rend l’ensemble impossible à intégrer. Quand une seule maison d’un quartier résidentiel est victime d’une attaque massive d’oiseaux kamikazes (la scène étant en elle-même plutôt efficace) et que la police ne se pose pas vraiment la question sur le fait que ce soit l’unique maison qui subisse ce phénomène, c’est de la bêtise pure et simple. Une bêtise qui court jusqu’au final surréaliste qui vient ruiner tranquillement le semblant de parcours psychologique effectué sur les personnages, ultime preuve – après les belles thématiques avortées sur l’enfance – d’une écriture bâclée qu’il aurait mieux valu confier à un véritable scénariste. Tandis que sur le plan de la mise en scène, Scott Stewart ne fait pas de miracle non plus et se contente d’une mise en images tout ce qu’il y a de plus banale et sobre, sans éclair de génie ni raté majeur. Un peu à l’image de tout le film tant Dark Skies est finalement quelque chose de totalement anecdotique et transparent.

FICHE FILM
 
Synopsis

Dans une banlieue paisible, la famille Barrett voit soudainement sa vie basculer suite à des évènements étranges qui, chaque nuit, viennent troubler la tranquillité de sa maison. Lorsque leur fils cadet évoque un mystérieux « Ogre des sables » lui rendant visite le soir, le quotidien de Daniel et Lacy Barrett tourne alors au cauchemar : ils deviennent victimes d’inquiétants trous de mémoires, et de soudaines pertes de contrôle de leur corps. Ne trouvant aucun soutien autour d’eux, ils se retrouvent impuissants pour affronter ce qui va se révéler être une force extra-terrestre cherchant à s'emparer de leurs enfants...