Cub (Jonas Govaerts, 2014)

de le 15/09/2014
 
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Étrange Festival 2014 : compétition internationale.

Avec son premier long-métrage, le réalisateur belge Jonas Govaerts s’inscrit humblement dans la tradition des slashers forestiers. Malheureusement, Cub a du mal à convaincre en s’éparpillant dans ses intentions et oubliant qu’avec une histoire simple, il est plus facile d’être efficace.

Evelien Bosmans is Jasmijn in Welp/CUB (Jonas Govaerts/Potemkino 2014).Promenons-nous dans les bois… C’est ce que propose Jonas Govaerts à une bande de jeunes scouts en herbe dans son premier long-métrage intitulé Cub (« chiot » en Anglais). Tapis dans l’ombre, ce qui attend cette petite bande de louveteaux en culotte courte leur fera passer un séjour pour le moins mémorable. Venant des court-métrages et de la série télévisée vers le grand écran, le guitariste du groupe de rock belge The Hickey Underworld s’est lancé dans ce film empreint de nombreuses références qui plaisent tant à l’Étrange Festival. Il parviendra néanmoins à s’en distinguer, tout en sachant ne pas nous les asticoter sous le nez pendant les 83 minutes de Cub qui sent malgré tout le déjà vu.

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On ne peut pas dire que Jonas Govaerts a pris énormément de risques sur sa première tentative sur le grand écran. Il ouvre son film sur cette image d’une belle jeune blonde dans la fleur de l’âge en uniforme de scout, courant au milieu de la nuit et de la forêt. Quelque chose de terrible la traque et elle finit par tomber entre ses griffes. La menace sur la figure scout étant posée, nous passons à un groupe de jeunes flamands d’une douzaine d’années en quête d’aventures et de vie en communion avec la nature, sous la direction de deux monos. Mais dans cette joyeuse bande il y a Sam, campé par Maurice Luijten, solitaire et le vague à l’âme qui devient rapidement la tête de turc de certains de ses camarades. Pourtant, il sera le seul à venir le danger qui les guète : le « kaï », une créature des bois imaginaire, mais qui s’avèrera bien réelle et dont on ignorera les motivations.

cub 3Sans chercher à faire plus interagir son être mystique avec le reste des personnages, Jonas Govaerts perd la mise en danger qu’il avait instauré dans son prologue. Le kaï n’étant pas inquiétant pour les enfants, Cub devient surtout le théâtre du drame de la vie en communauté pour le petit Sam, persuadé que le kaï existe. Pour compenser cette part de fantastique désamorcée, le réalisateur et scénariste a pensé qu’introduire une autre menace serait une bonne idée. Pas forcément lorsqu’il s’agit d’un meurtrier mécanisant son procédé en posant des pièges partout dans les bois. Provenant d’un tout autre univers, cette sorte de légende urbaine nous lance dans un autre film. Néanmoins, Jonas Govaerts semble ne pas l’assumer complètement. La présence à l’écran de ce tueur est négligeable jusqu’au dernier acte qui le fait enfin sortir de sa cachette.

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Ce ne sera donc que dans les vingt dernières minutes que Cub trouve son intérêt. Censé jouer sur les risques encourus par ces scouts imprudents, le long-métrage n’accepte sa condition que sur son troisième acte. Jonas Govaerts avait de quoi plaire : une belle photographie par Nicolas Karakatsanis (le chef opérateur de Bullhead), une bande originale sur les traces des Goblins (vous attendra une référence explicite à Suspiria), un casting convaincant, notamment Maurice Luijten dans le rôle principal. Cub n’est pas plus un échec qu’une réussite. Il nous en reste un long-métrage qui essaie de bien faire tout en s’emmêlant parfois les pinceaux. En ce qui nous concerne, on retiendra la piètre image des francophones de Belgique, grotesques et arriérés face aux Flamands plus civilisés, en espérant que cela ne soit bien que du second degré…

FICHE FILM
 
Synopsis

Un jeune scout d’une douzaine d’années va camper en forêt avec sa tribu de louveteaux. Hélas celle-ci est truffée de pièges machiavéliques remettant en question la survie de « la meute »...