Wanted : Choisis ton destin (Timur Bekmambetov, 2008)

de le 20/07/2008
 
FacebooktwitterFacebooktwitter

Voilà le premier vrai blockbuster d’action estival de 2008! Après un foutraque mais intéressant Nightwatch et attendant de voir Daywatch, on retrouve le russe Timur Bekmambetov aux commande d’un budget hollywoodien colossal, et le bougre s’en sort avec les honneurs pour quiconque est réceptif à un spectacle aussi tape à l’oeil que régressif. Wanted c’est au départ un comic-book assez fin du tout aussi fin Mark Millar. Une oeuvre qui porte la patte de son auteur, c’est à dire violente et légèrement subversive. Pour son adaptation cinéma, c’est à considérer par les puristes comme une trahison tant les modifications apportées par Michael Brandt et Derek Haas (avec l’aide de Chris Morgan) sont énormes et semblent aboutir sur quelque chose de fondamentalement différent. Wanted version cinéma porte lui essentiellement la patte de son réalisateur avec sa mise en scène bling-bling qui se situe toutes proportions gardées quelque part entre les frères Wachowski et David Fincher, à savoir une caméra virevoltante sans cesse à la recherche d’effets de style inédits. Bekmambetov n’a pas du entendre les critiques qui reprochaient à Nightwatch d’être formellement plus proche un gigantesque clip de MTV que d’une oeuvre de cinéma, car il persiste et signe une peloche bourrée à l’adrénaline et aux effets de style virtuoses mais totalement gratuits.

Par ailleurs les réfractaires aux mouvements de caméra violents sont priés d’éviter soigneusement la vision de cet objet filmique hors du commun! Mais pour qui adhère au style ouvertement too much, le film est carrément jouissif. Entre une scène d’ouverture hautement improbable (et qui fait très peur de se retrouver devant un nouveau Matrix-like et rien d’autre), 2 poursuites en bagnole qui ne laissent pas le temps de respirer (la première est tout de même assez mal filmée, la caméra qui tremble réduit drôlement la lisibilité de la scène), un accident de train hallucinant et des bastons/gunfights sortis d’une autre dimension, on ressort complètement lessivé. Il y a bien quelques baisses de rythme mais les scènes d’action sont tellement réussies qu’on les oublie vite. Et l’air de rien, c’est quand même la première fois qu’on voit des balles prendre des trajectoires comme ça!

Les acteurs sont tous plutôt bons, Angelina Jolie a toujours ce regard félin carrément sexy qui peut faire fondre un iceberg. Le scénario est parfois un peu bête mais tient la route et intrigue même avec son histoire de société secrète. Mais l’important n’est pas là. Bekmambetov a réussi le pari improbable de mixer Matrix et Spider-Man avec Fight Club en amenant des centaines d’idées de mise en scène toutes plus folles les unes que les autres. Ce type a un vrai talent pour l’action, il a bien compris que quantité de spectateurs qui se déplacent au cinéma veulent surtout du spectacle. Et bien là on en a pour son argent niveau spectaculaire, et à ce titre on n’est pas prêt d’oublier l’arrivée de Wesley dans la fabrique de tissus, une scène gigantesque représentative de l’énergie qui émane de ce film et du style outrancier mais communicatif.

[box_light]Ça fait franchement plaisir ce genre de film décomplexé, sans limites, explosif et vraiment bien torché. En plus le score d’Elfman est terrible, une raison de plus d’aller prendre son pied devant Wanted. Avec ce film, Timur Bekmambetov s’impose comme une des figures majeures du cinéma d’action, un vrai poseur avec un vrai talent qui maîtrise l’image comme peu de ses pairs.[/box_light]

FICHE FILM
 
Synopsis

Wesley Gibson a toutes les raisons du monde d'être malheureux. Tyrannisé par son patron, malmené par ses collègues de bureau, trompé et humilié par sa petite amie, ce jeune loser victime d'angoisses récurrentes, ne survit qu'à coup de tranquillisants et de plateaux repas macrobiotiques. Dur à vingt-cinq ans... C'est alors qu'une fille de rêve fait irruption dans sa triste vie. Fox est une tueuse d'élite, affiliée à une secte ultrasecrète : la Fraternité, dont les membres se sont érigés en instruments du Destin. Leur devise séculaire : "Un homme de tué, mille hommes de sauvés"... L'heure est venue pour Wes de prendre la suite de son père et de découvrir en lui-même des ressources, une soif de violence, des réflexes et des aptitudes insoupçonnés. Sous la tutelle du mystérieux et charismatique Sloan et de Fox, Wes commence un entraînement rigoureux qui va faire de lui le meilleur assassin de la Fraternité. Devenu le favori de la secte, Wes a aussi la tardive satisfaction se venger de ses anciens tourmenteurs. Mais l'ivresse du pouvoir n'a qu'un temps ; bientôt, il devra apprendre ce que nul ne peut lui enseigner : tracer sa propre voie et contrôler sa destinée...