WALL·E (Andrew Stanton, 2008)

de le 28/03/2009
 
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Quand on va voir un nouveau Pixar, on sait qu’on en aura toujours pour son argent. Et sans rentrer dans une réflexion « lequel est le meilleur? », chaque nouveau film est un grand pas en avant. Et ce Wall-E ne déroge pas à la règle. Ce qui frappe d’entrée c’est la beauté et la complexité des décors! Dans un futur tout droit sorti d’un film post-apocalyptique, la terre est devenue un immense champs de ruines poubelle et la lâcheté de l’homme a fait qu’il a préféré quitter la planète plutôt que de faire face à sa bêtise.

Et au milieu de cette immensité déboule Wall-E, le dernier de sa génération de robots nettoyeurs. Et là Pixar fait très mal. Quand d’autres essayent depuis des années de retranscrire des expressions humaines sur des sujets 3D humains, ce petit tas de ferraille est la plus belle représentation sur un écran de cinéma de la complexité de nos sentiments et expressions. Avec l’arrivée de EVE apparait la mise en place d’un jeu de séduction et une histoire d’amour entre robots qui nous touche plus que ces masses d’histoires à dormir debout dont on nous abreuve au cinéma et auxquelles on ne croit pas une seconde.

C’est un retour aux sources qu’effectue Pixar, retour à des sentiments simples, retour à un cinéma qui va droit au but. Le film puise clairement son inspiration du cinéma muet, car en faisant passer des sentiments sans paroles on est surs de faire quelque chose d’universel. Wall-E n’a rien à envier au romantisme de Chaplin ou à l’humour burlesque de Keaton, il en est le seul et unique descendant. Aucune parole pendant 45 minutes, si ce n’est des extraits de Hello Dolly. Et on rit aux éclats des tentatives de Wall-E pour charmer EVE, de sa naïveté et de son ingéniosité, on est émus quand elle rie et triste quand elle disparait.

A ce moment-là le film bascule complètement avec l’apparition des hommes. Une humanité devenue complètement décadente, victime des lois du marketing et de sa tendance à ne pas prendre les choses en main. Le conte de fées romantique se transforme en véritable fable écolo, en film d’anticipation socio-politique et la magie opère moins.

Mais ce qu’on perd en fantaisie on le gagne en profondeur et en intelligence. Wall-E se rapproche alors d’un 2001 l’odyssée de l’espace dans son message, ou même d’un Nausicaa. Et si chez Pixar il y a toujours un espoir pour l’homme qui reprend le contrôle de son existence in-extremis, son salut passera par 2 adorables robots, Wall-E et Eve (dont le nom n’est pas dû au hasard), points de départ d’une nouvelle humanité.

Bravo Pixar pour cette merveille, un film aux facettes multiples qu’il est difficile d’analyser, mais qui contient des centaines de messages subliminaux importants qui parleront à qui souhaite les entendre. Du grand art et un nouveau chef d’œuvre!

FICHE FILM
 
Synopsis

Faites la connaissance de WALL-E (prononcez "Walli") : WALL-E est le dernier être sur Terre et s'avère être un... petit robot ! 700 ans plus tôt, l'humanité a déserté notre planète laissant à cette incroyable petite machine le soin de nettoyer la Terre. Mais au bout de ces longues années, WALL-E a développé un petit défaut technique : une forte personnalité. Extrêmement curieux, très indiscret, il est surtout un peu trop seul... Cependant, sa vie s'apprête à être bouleversée avec l'arrivée d'une petite "robote", bien carénée et prénommée EVE. Tombant instantanément et éperdument amoureux d'elle, WALL-E va tout mettre en oeuvre pour la séduire. Et lorsqu'EVE est rappelée dans l'espace pour y terminer sa mission, WALL-E n'hésite pas un seul instant : il se lance à sa poursuite... Hors de question pour lui de laisser passer le seul amour de sa vie... Pour être à ses côtés, il est prêt à aller au bout de l'univers et vivre la plus fantastique des aventures !