The Karate Kid (Harald Zwart, 2010)

de le 18/08/2010
 
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Noriyuki « Pat » Morita et Ralph Macchio, plus la toute jeune Elisabeth Shue. On garde tous, sous réserve d’avoir grandi dans les années 80, un souvenir ému des du premier Karate Kid réalisé en 1984 par John G. Avildsen et un peu moins de ses suites. Objectivement le film n’est pas très bon, il s’est pris un sérieux coup de vieux, mais la nostalgie aidant il subsiste une réelle tendresse envers les aventures de Daniel-san et son inoubliable maitre Miyagi, en grande partie grâce au regard nouveau que posait le film sur les arts martiaux en mettant en avant ses vraies valeurs plus que la violence. Le monde du cinéma étant ces derniers temps dans un mouvement recyclant le plus possible, jusqu’à l’écœurement, les vieilles figures des 80’s, ce n’était qu’une question de temps avant de voir débarquer un remake du culte Karate Kid. Un remake très modernisé bien sur, sur le fond comme sur la forme et qui s’il se nomme toujours Karate Kid ne parle plus du tout de karaté. En effet l’action a été carrément délocalisée en Chine et l’art martial japonais passé de mode chez les jeune occidentaux se voit donc remplacé au pied levé par le kung-fu, enfin plutôt par du wushu plus exactement. Par la même occasion le film apporte plusieurs changement radicaux et bienvenus par rapport au Karate Kid original mais en conserve les grandes lignes. À l’arrivée le résultat ne sera sans doute jamais aussi culte que l’original, impossible pour un remake, et se trouve être un divertissement estival de plutôt bonne qualité bien que plombé par des choix peu judicieux et cette impression tenace qu’il s’agit plus d’un véhicule pour la reconnaissance prématurée de Jaden Smith, le fils du tout puissant Will Smith qui lui a semble-t-il légué ses plus mauvais tics d’acteur médiocre, qu’autre chose.

Coproduction sino-américaine oblige, Karate Kid fait la part belle à la représentation de la Chine moderne, celle de Beijing où se côtoient réminiscences d’un passé glorieux et gigantesque et nouvelle architecture sans âme. Si on a parfois un peu l’impression d’assister à une visite guidée des endroits à ne pas louper pour les touristes occidentaux, de la cité interdite (exceptionnellement ouverte à un tournage depuis le Dernier Empereur de Bertolucci) à la grande muraille en passant par les constructions des jeux olympiques, l’ensemble s’avère suffisamment dépaysant pour proposer un spectacle agréable et finalement assez loin des clichés. Et heureusement que les images sont belles car on a bien le temps de les apprécier avec les quelques 2h20 que dure ce nouveau Karate Kid! Qu’on ait vu ou pas l’original importe peu, on sait à l’avance ce qu’il va se passer et comment tout cela va se terminer, et sans surprises sur une telle durée, on ne peut que trouver le temps long. D’autant plus que le réalisateur Harald Zwart (Agent Cody Banks et la Panthère Rose 2, un grand artiste donc) n’est pas vraiment qualifié pour l’action et la dose avec parcimonie. On peut même dire qu’il est plutôt avare en bastons pour un film de kung-fu!

Après c’est sans surprise, le petit black de Detroit est mal vu par les jeunes chinois qui lui cassent la gueule, un maitre de kung-fu torturé par un vieux drame qui l’a fait se retirer du monde des arts martiaux va le prendre sous son aile et l’entrainer pour un tournoi dont on sait déjà l’issue heureuse à la première minute. Et tout cela s’étale beaucoup trop à grands coups de séquences inutiles qui n’auraient jamais dû passer à la table de montage. On appréciera par contre le choix de baisser l’âge des personnages car une histoire d’amour platonique et la découverte du désir pudique chez des jeunes de 20 ans c’était tout de même loin d’être crédible. Là ils ont 12 ans et ça ne choque pas, même si on n’y prête finalement que peu d’intérêt à cette pseudo-romance qui rend le rythme encore un peu plus boiteux. Et si le tout est plutôt plaisant, il manque tout de même une petite dose de magie qui parvenait par exemple au Royaume Interdit de s’élever au delà du film oubliable, The Karate Kid est très ancré dans le réel et cela l’handicape sérieusement parfois. Il lui manque le rêve et surtout les principes des arts martiaux sont relativement bafoués car la leçon que subit le jeune Dre ne lui sert qu’à acquérir des mouvements et non une harmonie ou une philosophie de vie.

Techniquement le réalisateur jette aux oubliettes l’esthétique cheap de l’original pour une mise en scène alliant autant la caméra à l’épaule parce que c’est la mode que des plans bien plus posés en particulier lors des séquences d’entrainement. Rien de transcendant ou de bien original cela dit, d’autant plus que la bande originale de James Horner, plutôt que d’apporter une touche d’exotisme bienvenue, souligne les choses de façon bien trop grandiloquente. Karate Kid n’est qu’un petit film estival et se voit doté d’un traitement sonore digne d’une grande fresque épique, le résultat est des plus pompeux. Les quelques séquences d’action, qui au passage mettent en scène de jeunes enfants se prenant de gros KO souvent violents, ont été laissées judicieusement aux soins de la Jackie Chan Stunt Team et plus particulièrement à Wu Gang qui signe des chorégraphies efficaces pour des combats plutôt bien shootés et, dieu merci, rendues lisibles par un montage jamais trop cut. Toutefois si les combats sont réussis ils sont souvent vite expédiés et ne proposent pas vraiment de mouvements originaux.

Jaden Smith s’en sort plutôt bien dans un film dédié à sa future gloire, et ce même s’il a trop tendance à singer les expressions insupportables de son père. Il fait preuve de belles capacités physiques surtout, qui rendent ses combat relativement crédibles. On regrettera par contre cette manie de montrer des afro-américains qui ne sont pas capables de s’exprimer et de bouger autrement que comme des stars de hip hop, c’est lassant à la longue. La bonne surprise c’est que Jackie Chan s’en sort bien, chose extrêmement rare dans ses films américains. Même si on est loin de ses performances récentes dans Shinjuku Incident ou Little Big Soldier, en ne jouant pas le chinois de service il réussit à donner de l’épaisseur dramatique à son personnage et il faut avouer que ça fait très plaisir de le voir en forme dans un vrai rôle non comique, lui qui a gâché son talent dans tellement de productions indignes chez l’oncle Sam.

[box_light]Loin d’être aussi honteux que ce qu’on pouvait craindre, ce remake modernisé de Karate Kid remplit parfaitement son rôle de pur divertissement estival pour un public assez jeune. Un récit sans surprise, de jolis décors et un propos simpliste, le tout agrémenté de rares mais belles scènes de fight et d’un duo d’acteurs qui fonctionnent vraiment bien, avec un mention pour Jackie Chan rarement aussi à l’aise dans une production US. On regrettera vraiment que le film soit si long et au final relativement ennuyeux sur la durée. Car même s’il est oubliable, un timing plus serré l’aurait rendu bien plus intéressant et rafraichissant.[/box_light]

FICHE FILM
 
Synopsis

Lorsque la carrière de sa mère l'entraîne à Benjing en Chine, le jeune Dre Parker doit faire face à des changements radicaux. Au bout de quelques jours, il se retrouve mêlé à une altercation au sein de son école, impliquant Cheng, l'un des garçons les plus doués en Kung Fu et qui lui fait définitivement perdre le respect de ses camarades de classe. Témoin de cet affrontement, Mr Han, professeur de Karaté à la retraite, embauché par les Parker comme chauffeur et assistant, décide d'aider Dre à regagner le respect de son entourage.