The Constant Gardener (Fernando Meirelles, 2005)

de le 20/03/2009
 
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En 2003 déboulait sur les écrans une véritable bombe, la Cité de Dieu, réalisé par un brésilien inconnu et qui nous a mis une immense claque. Immersion dans les favellas de Rio, film nerveux, cru et violent dans son propos. Il a remis le couvert ensuite avec la série la cité des hommes, tout aussi réussie bien que moins percutante et a embrayé sur ce Constant Gardener… Projet pas super simple car il s’agit d’une adaptation d’un roman de John Le Carré, spécialiste du thriller politico-dénonciateur. Ses écrits sont passionnants mais tellement riches d’informations non-cinématographiques qu’on peut avoir un peu peur du résultat avant de voir le film. Mais le bonhomme a un sacré talent et le confirme pour son deuxième long-métrage.

Meirelles film les bidonvilles du Kenya comme il a filmé les favellas, sans artifices. Il nous montre la réalité telle qu’il la ressent. Il a d’ailleurs tenu à tout prix à tourner son film dans ce pays, alors que la production souhaitait reconstituer le Kenya en Afrique du Sud, pays plus sur… En résulte une vision de l’Afrique qu’on n’a pas l’habitude voir, pauvre mais toujours généreuse, vivante et colorée.

Mais le film n’est pas une carte postale. C’est plutôt un triste constat sur comment ces gens sont utilisés et massacrés en secret. Comment des géants de l’industrie pharmaceutique testent leurs nouvelles molécules qui tuent des milliers de personnes et utilisent des organisme humanitaires pour ces « médicaments » soient délivrés en même temps que les vrais… C’est bien simple, le propos de ce film, basé sur de vraies recherches bien que ça soit une oeuvre de fiction, fait froid dans le dos. C’est révoltant de voir comment on tue des gens en leur faisant croire qu’on les soigne…

Mais The Constant Gardener n’est pas un documentaire, et avec ce background déjà bien triste, Meirelles inscrit un drame humain poignant. Un diplomate anglais est envoyé au kenya, sa femme qui aime taper dans la fourmillière part avec lui et tente bien sur de faire bouger les choses pour qu’éclate un scandale à propos des agissements des laboratoires, elle meurt dès le début du film…

Les acteurs sont fabuleux, que ce soit Rachel Weisz et son personnage à fleur de peau, à la fois fragile et forte ou Ralph Fiennes en mari rongé par la douleur puis le doute et qui enfin trouve en lui la même passion qui animait celle qu’il aimait. C’est vraiment une très belle histoire qui nous est contée, triste, révoltante mais traversée de beaux moments plein de bonheur, d’amour et de passion.

Niveau mise en scène, Meirelles continue sur sa lancée en alternant plans fixes et caméra à l’épaule très énergique mais sans jamais tomber dans l’illisible. Il joue avec le contraste de couleurs entre l’Afrique et l’Europe, n’étale jamais plus de violence que nécessaire… Bref c’est vraiment maitrisé. De plus le montage est très intelligent, même si certains risquent de s’ennuyer pendant la première partie.

Encore une réussite pour Fernando Meirelles, qu’il confirmera encore avec Blindness. Un film qui comble le vide laissé entre un Lord of War cynique et un Blood Diamond trop orienté action.

FICHE FILM
 
Synopsis

Dans une région reculée du nord du Kenya, Tessa Quayle, une brillante avocate aussi militante que passionnée, est retrouvée sauvagement assassinée. Le médecin africain qui l'accompagnait est porté disparu, et tout porte à croire qu'il s'agit d'un crime passionnel. Sandy Woodrow, Sir Bernard Pellegrin et les autres membres du Haut commissariat britannique s'imaginent que l'époux de Tessa, leur discret et modeste collègue, Justin Quayle, ne cherchera pas à prendre l'affaire en main. C'est bien mal le connaître...