Sunshine (Danny Boyle, 2007)

de le 18/05/2009
 
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Juste avant de toucher le jackpot avec Slumdog Millionaire, le réalisateur anglais du culte Trainspotting s’est essayé à un genre sur lequel beaucoup se sont cassés les dents, le film de Science Fiction à tendance métaphysique… il faut dire que se lancer dans l’aventure c’est marcher dans les traces de géants tels que Stanley Kubrick ou Andrei Tarkovsy et que la comparaison avec ses deux génies est rarement à l’avantage du nouveau venu! Avec Sunshine, Danny Boyle réussit presque le pari! Pendant les 3/4 du film il touche au but en réalisant ce qui s’est fait de mieux en SF depuis… longtemps en fait. Mais dans la dernière partie il retombe dans ses travers habituels depuis la Plage… Il change complètement le ton de son film, de même que sa mise en scène. C’est très déstabilisant et j’avoue qu’à la première vision la déception était grande… mais en le revoyant à tête reposée, on trouve finalement un sens à tout ça.

Par contre il faut avouer que dès la première vision, jusqu’à ce qu’ils repartent d’icarus I, c’est magnifique! Boyle trouve l’accord parfait entre le huit clos et le gigantisme de certaines scènes. Il nous montre à merveille comment un conflit peut éclater à toute vitesse quand une poignée d’hommes et de femmes sont enfermés longtemps dans un espace restreint. Stabilité mentale défaillante, réflexes psychologiques qui font défaut… le ton ne nous ment pas, on sait vite qu’une catastrophe va arriver! Mais là où Boyle nous fait vraiment rêver c’est lors de ces scènes d’exposition solaire… Je ne me rappelle pas avoir déjà vu d’aussi belles images sur un écran!

Entre les plans extérieurs et surtout les scènes dans la salle où certains s’envoient des « shoots solaires » c’est beau à en pleurer. Le thème de l’addiction souvent présent dans la filmographie du réalisateur prend ici une toute autre dimension car c’est une addiction que nous connaissons tous sauf que ses personnages en souffrent d’une façon multipliée et surtout contrairement à nous qui en jouissons de loin au naturel, ça devient pour eux un moyen de s’évader de la froideur de leur vaisseau, une vraie drogue mais pas seulement, c’est aussi un moyen pour certains d’accéder à une forme de connaissance supérieure. Le concept n’est pas nouveau, on sait que les drogues permettent ce genre d’illusion (ou pas) chez certaines personnes mais là c’est encore décuplé puisque cette connaissance passe par l’astre solaire, la seule chose dont on n’est sur de l’existence et qui nous permet de vivre…

Et on touche là la grande thématique de Sunshine, la rencontre de l’homme avec son créateur. Kubrick s’y était déjà intéressé sur 2001 l’odyssée de l’espace, Boyle lui emboîte le pas d’une manière un peu moins finaude. Il illustre à la lettre le principe même de l’illumination, l’accès à un univers supérieur. Il met aussi face à face l’homme d’aujourd’hui (enfin, celui de 2057…) avec celui de demain, une nouvelle forme d’évolution qui est représentée par l’intrus.

Le problème c’est qu’avec la présence de ce personnage, Boyle en profite pour ajouter quelque chose à son film qui n’était pas nécessaire… Il en fait une sorte de boogeyman qui transforme le film dans sa dernière partie en slasher de bas étage, en ajoutant en plus des effets de style carrément moches alors que tout était géré à la perfection jusque là! Vraiment dommage… Mais avec le final on comprend bien l’utilité de ce personnage déclencheur, c’est juste problématique qu’il s’amuse à changer de ton de cette façon, on a l’impression d’assister à un autre film.

Sunshine est donc une semi-réussite, le dernier acte l’empêchant d’accéder au statut d’œuvre essentielle de la SF, alors qu’il aurait très bien pu. Mais un message fortement optimiste sur l’être humain et sa faculté à finalement se protéger et surtout cette belle réflexion sur un état de transe absolu qui permet de voir la vérité en font tout de même une œuvre importante. D’autant plus que c’est souvent magnifique (la sortie pour réparer les panneaux est inoubliable) et porté par un casting haut de gamme et international (pour une fois on n’a pas que des américains pour sauver la planète!) dominé tout de même par Cilian Murphy et Chris Evans opposés en tout et qui livrent une prestation d’acteurs fabuleuse!

FICHE FILM
 
Synopsis

En cette année 2057, le soleil se meurt, entraînant dans son déclin l'extinction de l'espèce humaine. Le vaisseau spatial ICARUS II avec à son bord un équipage de 7 hommes et femmes dirigé par le Capitaine Kaneda est le dernier espoir de l'humanité. Leur mission : faire exploser un engin nucléaire à la surface du soleil pour relancer l'activité solaire. Mais à l'approche du soleil, privés de tout contact radio avec la Terre, les astronautes perçoivent un signal de détresse en provenance d'ICARUS I, disparu sept ans auparavant. Un terrible accident les contraint à modifier leur trajectoire. Ils doivent désormais lutter pour rester en vie, ne pas sombrer dans la folie, mais avant tout pour mener à bien leur mission essentielle pour l'avenir de l'humanité.