Star Wars : épisode 1 – La Menace fantôme 3D (George Lucas, 2012)

de le 28/02/2012
 
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Star Wars : épisode 1 – La Menace fantôme est le premier épisode révélé en 3D au public, les fans s’impatientaient et trépignaient à l’idée de voir Jar Jar en 3 dimensions, le grand seigneur Lucas a répondu aux attentes et a finalement cédé à la pression de cette technologie en vogue. Le résultat de l’opération est au niveau de l’originalité ou de la finesse voulues pour cette préquelle. Inutile et désastreux.

Lorsque George Lucas avait annoncé son souhait de réaliser trois nouveaux films qui précèderaient historiquement la trilogie que l’on connait tous, la nouvelle avait créé un tsunami auprès des fanboys. Mécontentement pour les puristes et joie pour d’autres qui ont placé dans ces prochains volumes toutes leurs espérances concernant le commencement du conte légendaire. En 1999, quand le premier épisode La Menace fantôme s’affiche sur la toile, la surprise est à son comble et peu de gens avaient imaginé un tel résultat. Sans vouloir paraphraser le film Fanboys, une minorité s’était vraiment demandé « et si le film craint ? ». George Lucas en grand immature, dépassé par sa folie de tout vouloir contrôler seul (cette fois ci), a proposé un premier volet bien en dessous des films d’origine. La Menace fantôme ressemble à un film de SF dédié aux moins de 12 ans et malgré les Jedis et les sabrolasers, la production ne ressemble en rien aux Star Wars qui ont illuminé l’enfance de toute une génération.

Dans les nouveautés qui marquent le premier épisode il y a Jar Jar, ce personnage incompris, ridicule, pathétique, ennuyant et lourd, qui fait la fierté de son créateur Lucas et qui ne gagnera jamais le cœur des fans. Un peu bouffon sur les bords avec un physique ingrat, Jar Jar trouve cependant un certain succès auprès des tout petits. La cible de Lucas en somme. Le cinéaste a carrément dragué une catégorie de personnes qui ne fait pas parti de son public initial. En plus de ne pas ravir les plus assidus, il les insulte carrément en écrivant un scénario douteux et incohérent. Certains points fâchent totalement les connaisseurs et à vouloir attirer le monde entier dans les salles pour devenir numéro 1 au box-office mondial, Lucas se met à dos toute une génération qui ne lui pardonnera jamais. La grosse erreur d’écriture et la plus frappante dans cet épisode est certainement l’allusion faite sur le pouvoir des Jedis. A l’origine, la force est abstraite, quasiment décrite comme une entité, mais pendant La Menace fantôme on apprend que celle-ci est purement scientifique et qu’elle est décelable via des prises de sang. Amnésique Lucas ? Ou vengeance personnelle ? L’absurdité totale provient du personnage d’Anakin. Le futur Jedi/Dark Vador est en gros le Jésus de l’espace, la mère explique qu’il n’a pas de géniteur… Quoi qu’il en soit, La Menace fantôme attire les spectateurs en salle grâce à sa bannière Star Wars mais ne remporte pas un énorme succès auprès du public. Trop long, insignifiant et superflu, le film n’apporte rien de concret. L’épisode 1 ne s’inscrira jamais dans la légende mais son contenu fait encore débat parmi les fans.

Pour remonter aux origines du projet de convertir cet épisode en 3D, il faut revenir en 2005. George Lucas rejoint James Cameron et Robert Zemeckis à un congrès à Las Vegas mettant en avant les vertues des projections numériques, le but étant de convaincre les cinémas pas encore équipés de passer à l’étape supérieure et d’acquérir des projecteurs adéquats pour le cinéma de demain. Lucas était à l’époque définitivement contre la 3D, ce procédé était pour lui qu’un gadget. Il avait tenu ces propos :  » Si c’est pour se retrouver face à un écran avec des personnages collés à notre nez, je ne trouve pas cela intéressant « . De plus, le cinéaste estimait que la 3D était un outil trop compliqué à gérer sur un plateau de tournage. Et pourtant, pendant cette fameuse conférence, une dizaine de minutes de l’épisode 1 ont été diffusées et la réaction de Lucas ne s’est pas faite attendre. Il fut extrêmement emballé par le résultat et a vite compris que s’il ressortait toute la saga sous un nouveau format les dollars allaient affluer à nouveau. Même si le fondateur d’ILM a eu un coup de cœur pendant le visionnage, il s’est souvenu que la 3D n’était pas encore au point à l’époque et qu’il fallait un peu de temps avant que celle-ci ne murisse.

En 2009, Lucas trippe complètement sur Avatar de James Cameron. En plus d’adorer le film il comprend que la 3D c’est pour maintenant. Il a dit :  » J’ai aimé Avatar, je fais des films exactement comme ça, la 3D fonctionne bien et je suis content que cela rencontre un énorme succès « . Orgueilleux certes, ce n’est que quelques temps plus tard qu’il obtiendra le feu vert pour convertir toute la saga Star Wars en 3D, en 2010.

Dans un élan de bonheur et d’excitation, ou peut-être dans la précipitation, George Lucas et ILM commettent l’irréparable. Ce n’est pas la première fois que Lucas aura eu une mauvaise idée d’ailleurs, mais celle-ci est fâcheuse et lui portera préjudice. Le choix de la société qui convertira en 3D Star Wars s’est orienté vers Prime Focus, un groupe dédié aux effets spéciaux et à la conversion 3D. Pour vous situer, ils ont converti Green Lantern ou Le Choc des titans entre autre. Ce dernier s’était d’ailleurs attiré les blâmes de James Cameron qui avait complètement détesté la conversion. Cameron, le pote de Lucas qui lui a pourtant donné envie de doper la saga Star Wars à la 3D.

Aucun épisode de Star Wars n’a été pensé en 3D. En 1977 pour les trois premiers films ou en 1999 avec les trois derniers volets, Lucas n’a jamais eu l’ombre d’une idée à ce sujet. Évidemment, ce fait a surement rendu la tâche plus difficile à la compagnie Prime Focus, le support sur lequel l’équipe a travaillé n’était pas destiné à ce format mais les techniciens n ‘ont pas fait grand chose pour rehausser le ton. La base n’a pas été restaurée. Sachant que la 3D exacerbe les couleurs et certains effets spéciaux, aucun effort n’a été entrepris. L’effet reste peu présent pendant le visionnage. L’immersion est absente, la profondeur de champ est du même acabit, la magie de la 3D plante profondément l’ensemble préférant poser un lapin à tout ses admirateurs.

Quel est l’intérêt ? En voulant gratifier l’épisode 1 avec la 3D Lucas nous ramène tout simplement en 1999, avec une image insipide ressemblant à de la 2D gonflée. L’idée était aussi de permettre aux jeunes générations de voir les films sur grand écran. Ressortir le film aurait surement fait l’affaire, mais le prix du ticket pour la 3D étant supérieur, les espérances de Lucas auront plus de chance d’être réalisées. La Menace fantôme vient d’ailleurs de dépasser le milliard de dollars au box office mondial (1 001 679 009 $ pour être précis).

Fidèle à lui même, Lucas échoue complètement dès qu’il entreprend une retouche auprès de la saga Star Wars, celle qu’il a érigé avec ses collaborateurs à la fin des années 70 et complètement détruit 20 ans plus tard, mais tout seul cette fois-ci. La Menace fantôme ne crée pas la surprise et est donc à éviter. À moins que Jar Jar et les incohérences d’écriture entre l’épisode 1 et la trilogie d’origine puissent représenter un quelconque intérêt.

FICHE FILM
 
Synopsis

Avant de devenir un célèbre chevalier Jedi, et bien avant de se révéler l’âme la plus noire de la galaxie, Anakin Skywalker est un jeune esclave sur la planète Tatooine. La Force est déjà puissante en lui et il est un remarquable pilote de Podracer. Le maître Jedi Qui-Gon Jinn le découvre et entrevoit alors son immense potentiel. Pendant ce temps, l’armée de droïdes de l’insatiable Fédération du Commerce a envahi Naboo, une planète pacifique, dans le cadre d’un plan secret des Sith visant à accroître leur pouvoir. Pour défendre la reine de Naboo, Amidala, les chevaliers Jedi vont devoir affronter le redoutable Seigneur Sith, Dark Maul.