Recherche bad boys désespérément (Julie Anne Robinson, 2012)

de le 05/02/2012
 
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Stéphanie Plum c’est un chasseur de prime pas comme les autres. Ancienne vendeuse en lingerie, elle doit changer de boulot pour payer ses factures. Et ça craint. C’est accessoirement le personnage créé par l’écrivain Janet Evanovich pour une série qui en est aujourd’hui à 16 volumes, une série de best-sellers sur lesquels le cinéma ne s’était bizarrement pas encore penché. Mais au moment de racler les fonds de tiroir, voilà ENFIN les aventures de Stéphanie Plum sur grand écran, devant la caméra rompue aux épisodes de Grey’s Anatomy de Julie Anne Robinson. Son précédent fait d’armes au cinéma n’était autre qu’un obscur drame heureusement inédit chez nous et qui mettait en scène une bête d’acting, Miley Cyrus dans The Last Song. Recherche bad boys désespérément (oui c’est le titre le plus élégant de l’année) marque à la fois l’adaptation du premier roman des aventures de Stéphanie Plum, La Prime paru en 1995, que les retrouvailles avec une des actrices de Grey’s Anatomy, Katherine Heigl, l’actrice qui se sent tellement honteuse d’avoir un jour joué dans un grand film sous la direction de Judd Apatow qu’elle ne cesse depuis de repousser les limites de la médiocrité.

Pendant 1h30 des plus pénibles, on assiste à l’enterrement en règle d’un genre pourtant sympathique, la comédie d’action. Sous ses airs de véhicule girl power, Recherche bad boys désespérément repousse sans cesse les limites de la bêtise. Chaque scène, chaque ligne de dialogue, chaque moment d’action et chaque personnage semblent pensés et construits comme un challenge. La ligne directrice : comment faire plus débile ? Comment éviter soigneusement toute empathie ? Comment dérouler l’intrigue la plus foireuse possible ? Où trouver les gags les moins drôles ? Et on peut dire que dans cette optique, Recherche bad boys désespérément est une franche réussite. Pendant une bonne heure, place à la comédie pas drôle avec une accumulation de clichés dégueulasses comme on n’a pas souvent l’occasion d’en voir, de la famille disfonctionnelle aux prostituées noires, les caricatures entrent et sortent du cadre sans apporter quoi que ce soit à une intrigue qui bat de l’aile au bout de deux minutes. Au défilé de personnages de plus en plus agaçants s’ajoute un trio principal qui a bien du mal à tenir la route. Entre Katherine Heigl, insipide, Jason O’Mara (Rutger Hauer du pauvre) et Daniel Sunjata (Dwayne Johnson du pauvre), on est plutôt bien servis question médiocrité du jeu d’acteurs, tant ils semblent tous convaincus qu’ils peuvent faire pire l’un que l’autre, s’entrainant allègrement dans le cabotinage outrancier. Avec un personnage principal dont le seul et unique objectif est de se venger du type avec qui elle a eu son premier rapport sexuel et qui ne l’a jamais rappelée ensuite, on atteint vite des limites dramatiques. Alors on saupoudre le tout d’un humour bien gras mais qui reste toujours dans la forteresse du politiquement correct, à l’image de la ridicule scène de la baignoire qui s’en sort tout de même pour être vulgaire au possible. Et étant donné que la réalisatrice n’a rien à dire de bien intelligent, elle en profite pour adopter un étrange ton moralisateur. Ainsi, le type qui ose tendre son majeur en criant « screw God » se doit de périr dans une explosion dans les secondes qui suivent tandis qu’on nous rabâche constamment des réflexions sur la malbouffe. Tout en lourdeur bien entendu.

Pas drôle dans ses deux premiers tiers, malgré les nombreuses tentatives, Recherche bad boys désespérément se prend carrément au sérieux dans un dernier acte qui en devient peut-être encore plus ridicule. Si on ajoute à cela le retournement de situation le plus on vu depuis des lustres, on tient bien un film-champion de la médiocrité. Bien entendu, il faut ajouter à tout ça une bande son ringarde et une mise en scène sans cesse à côté de la plaque, bien plus proche du téléfilm bas de gamme que de quoi que ce soit d’autre. Atrocement découpé, mal rythmé, le cinéma est insulté en permanence. Tentative de redéfinition du terme « nullité », Recherche bad boys désespérément confirme surtout une chose : Katherine Heigl s’impose encore un peu plus comme une Dennis Quaid au féminin, un indice quasi infaillible sur la qualité du film.

FICHE FILM
 
Synopsis

Stéphanie Plum ne manque ni de fierté ni d’aplomb, même si elle vient de se faire virer et qu’un créancier vient lui prendre sa voiture. Fauchée, elle parvient à convaincre son cousin, un type plutôt louche, de l’engager dans son agence de cautionnement... comme chasseuse de primes ! Stéphanie n’y connaît rien, ce qui ne l’empêche pas de se lancer aux trousses de Joe Morelli, un ancien flic suspecté de meurtre qui avait eu en plus le mauvais goût de la séduire avant de la plaquer lorsqu’elle était au lycée… Entre l’envie d’empocher la prime et un léger parfum de revanche, Stéphanie est remontée à bloc. Pourtant, même si le très expérimenté Ranger lui enseigne quelques trucs, sa mission va vite s’avérer plus compliquée que prévu. Si on ajoute à cela sa famille envahissante, un boxeur qui pourrait bien être un tueur, des témoins qui tombent comme des mouches et son cœur qui bat la chamade pour celui qu’elle est censée arrêter, le nouveau job de Stéphanie risque de lui changer la vie – si elle n’en meurt pas !