Real Steel (Shawn Levy, 2011)

de le 06/10/2011
 
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De l’insipide Shawn Levy nous ne pouvions rien attendre de bon. Du médiocre remake de La Panthère rose au détestable Crazy Night, en passant par La Nuit au musée et sa suite, le bonhomme n’a rien prouvé d’autre qu’une absence totale de personnalité. Autant dire qu’on attendait le pire de cette nouvelle adaptation live d’une nouvelle de Richard Matheson (auteur à l’origine de Je suis une légende et The Box, pour prendre des exemples assez récents) qui avait déjà été portée au petit écran en 1963 dans la cinquième saison de la Quatrième dimension. Un récit de science-fiction pas des plus inintéressants dans lequel l’humain s’effaçait au profit du robot et avouait sa faiblesse face à la technologie, tout en participant à son évolution, et qui dans les mains de John Gatins (scénariste de Coach Carter et Hardball notamment) devient un bon drame à l’américaine autour d’une nouvelle forme de boxe et de la rencontre entre un père et son fils. Un film rempli de bons sentiments et de robots qui se tapent sur la gueule, un mélange des genre un brin casse-gueule mais qui se pose comme un divertissement familial finalement loin d’être honteux.

Ceci dit il n’y a rien d’exceptionnel non plus. Real Steel c’est un peu Steven Spielberg et Robert Zemeckis (respectivement producteur exécutif et producteur tout court) qui se seraient penchés sur une nouvelle version futuriste d’Over the Top (le machin 80’s pas terrible avec Sylvester Stallone qui sert ici de matrice étrange) en y insufflant leurs obsessions sur l’enfance et la technologie tout en y ajoutant des éléments du série B du type film de tournoi ou même des images propres au post-nuke façon Mad Max. Un mélange des genres à priori très étrange présenté ainsi mais au final ultra classique dans sa structure comme dans sa mise en images. Une chose est claire, c’est qu’il s’agit du meilleur film de Shawn Levy, et de très loin. Une autre l’est beaucoup moins : Jusqu’à quel point Real Steel est son film? Quel a été le niveau d’implication des deux producteurs? Car à la vue du résultat il semble presque évident qu’ils se sont impliqués jusque dans la mise en scène de certaines séquences tant on passe d’une imagerie médiocre sur ses précédents films à quelque chose qui a franchement de la gueule ici. Dans le fond comme dans la forme, Real Steel possède beaucoup d’une production Amblin mais pas seulement, et c’est en cela qu’il est faible. Quand il creuse la relation père/fils complexe, d’abord inexistante puis se construisant face à l’adversité, il est intéressant. Quand il pose les bases d’une histoire entre un enfant et un robot, prenant pour essence ce qu’il y avait de plus beau dans E.T. il touche même au sublime. Quand il met en scène des combats de boxe entre robots, piochant le meilleur de Transformers tout en le rendant enfin lisibles et proche des humains, allant même jusqu’à illustrer à l’écran le principe technologique de la performance capture, il peut impressionner. Oui Real Steel possède de véritables qualités qu’on attend légitimement de tout divertissement destiné à tous les publics avec une orientation claire vers les plus jeunes. Mais à côté de ça, il contient tellement d’éléments simplement bêtes qu’il ne peut provoquer l’adhésion totale du spectateur un brin exigeant.

Car devant Real Steel il faut par exemple se farcir une galerie de clichés ambulants rapidement insupportables, la palme du ridicule revenant au japonais forcément condescendant et mystérieux, forcément hystérique et mauvais perdant, auquel il ne manque que l’appareil photo autour du cou. Globalement le film atteint une bêtise assommante dans la construction de tous ses seconds rôles, soit inconsistants soit trop bêtes pour qu’on puisse y croire. Un autre exemple typique vient de la séquence du combat dans une sorte de communauté de dégénérés comme on n’en voit pas souvent, grotesque. Et il y a cette conclusion, au delà du happy end qui ne surprendra personne, franchement gênante pour un projet dans lequel on trouve Zemeckis. Sans entrer dans les détails pour ne rien déflorer, on nous dit tout de même que finalement la technologie c’est bien beau mais ça n’aura jamais la stature de l’être humain. Non seulement cette affirmation est probablement fausse, mais elle ressemble à l’aveu d’une régression dans un discours tourné vers l’avenir. Alors bien sur ce n’est pas le coeur du film qui reste avant toute chose un mélo entre un père et son fils qui apprennent à se connaître, parsemé de combats de « roboxe » assez percutants, mais il y a ce petit quelque chose qui dérange, comme un discours moralisateur tellement simpliste qu’il en devient très bête. À cela il convient d’ajouter la piètre prestation de Hugh Jackman qui n’incarne rien et se contente de montrer ses muscles à chaque plan, comme s’il prenait la pose. On en vient même à se dire qu’il va se mettre à danser dans le final mais il laisse faire son jeune acolyte qui imite très bien Justin Bieber (toutes les entrées des combats ont droit à la petite chorégraphie qui fera tomber les midinettes fans de mèches). Toutefois, s’il n’y a pas vraiment de quoi crier au génie, Real Steel reste un film qui remplit son rôle, qui ravira les plus jeunes, pourra un peu ennuyer les moins jeunes, mais assure le minimum syndical au niveau du spectacle, avec rigueur mais sans éclat.

FICHE FILM
 
Synopsis

Dans un futur proche, la boxe a évolué pour devenir un sport high-tech. Charlie Kenton, un ancien boxeur, a perdu toute chance de remporter le championnat depuis que les humains ont été remplacés sur le ring par des robots d’acier de 900 kilos et de 2,40 m de haut. A présent, il n’est plus qu’un manager minable qui utilise des robots bas de gamme fabriqués à partir de pièces de récupération. Il gagne juste assez pour survivre d’un combat à l’autre. Lorsque Charlie touche le fond, il accepte à contrecœur de faire équipe avec son fils Max, qu’il a perdu de vue depuis des années, pour construire et entraîner un champion. Dans l’arène où tous les coups sont permis, les enjeux sont plus élevés qu’ils ne l’ont jamais été. Contre toute attente, Charlie et Max ont une chance, une seule, de faire leur grand retour…