Raiponce (Nathan Greno & Byron Howard, 2010)

de le 26/11/2010
 
FacebooktwitterFacebooktwitter

À chaque Noël son Disney qui va avec, comme une tradition ancestrale. Même si le dernier en date, la Princesse et la Grenouille, est sorti en janvier de cette année, il renouait avec cet héritage magique. Le film avait ses défauts, mais retrouver le coup de crayon de l’animation traditionnelle dans des décors luxuriants et pour une fois très originaux était un réel bonheur. C’est dire si on trépignait d’impatience de voir Raiponce, premier dans la grande course des films d’animation de fin d’année. Impatience à la hauteur de la semi-déception à la sortie de la salle. Avec les films de Pixar ou Dreamworks, on en avait presque oublié que le coeur de cible de Disney restait les enfants, exclusivement. Et en adaptant tout en modernisant un vieux conte des frères Grimm, Raiponce (Rapunzel), Nathan Greno et Byron Howard (Volt, Star malgré lui) ne font pas grand chose pour se sortir du carcan du film de princesse made in Walt Disney. Et si l’heure est à l’animation de synthèse, la recette est finalement la même. Ce qui amène à se poser quelques questions: Est-ce que ce qui fonctionnait il y a plus de 10 ans a encore sa place aujourd’hui au cinéma? Difficile à dire, car en tant que spectateur adulte ayant grandi avec certains des grands classiques, il est parfois plus compliqué de se laisser emporter par un film qui ne s’adresse quasiment qu’aux enfants, aux petites filles en particulier. Cela n’enlève absolument rien aux qualités intrinsèques de Raiponce, qui est sans doute le meilleur Disney depuis Le Roi Lion sorti en 1994, mais cette nécessité de régresser pour l’apprécier complètement est agaçante. En particulier quand la concurrence a compris comment parler aux enfants et aux adultes en même temps.

On passera rapidement sur le fait que le film sorte en 3D (nous l’avons vu en 2D), gadget sans doute inutile mais très lucratif. En toute objectivité, Raiponce persévère dans la voie réouverte par le précédent film du studio et renoue donc avec un passé glorieux. En ligne de mire, toutes ces histoires où les princesses ont fait rêver les petites filles et où les personnages secondaires ont amusé les petits garçons. On pense à la Petite Sirène ou à Mulan pour la relecture de légendes classiques mettant en scène des personnages féminins forts dans les années 90. D’ailleurs concernant cet aspect, il est est clair que Raiponce revisite les contes de façon bien plus intelligente que toute la saga Shrek toute entière par exemple, qui n’allait finalement pas beaucoup plus loin que la simple parodie. Et s’il n’est pas si aisé de retrouver son âme d’enfant, de se laisser porter par une romance basique masquée par une quête identitaire bien trop légère pour convaincre totalement, il faut avouer que John Lasseter a su pousser ses équipes pour véritablement redorer le blason d’un studio à bout de souffle.

Chose amusante avec Raiponce, le film d’amuse à varier les tonalités. La première partie met en avant une volonté d’écraser la concurrence en proposant un récit d’aventure des plus efficaces. C’est clairement la partie qui s’adresse aux jeunes garçons avec des poursuites en tous genres et une bonne dose d’humour grâce aux deux personnages les plus intéressants de tout le film: Maximus le cheval et Pascal le caméléon, ressorts comiques imparables car superbement écrits. La seconde partie tend plus vers la tradition Disney, à savoir une histoire d’amour féerique et la victoire écrasante du bien contre le mal. Rien de tel qu’une princesse aux cheveux longs et à la langue bien pendue, avec un brin de maladresse, pour séduire les petites filles. Il faut l’avouer, Raiponce possède un charme fou, tellement qu’il deviendra sans doute un classique du studio si le public répond présent. Et ce même si comme cela a été dit plus haut, le film possède ses défauts qui le cantonnent essentiellement au jeune public.

Car au delà de l’humour et de l’aventure, d’une efficacité rarement prise en défaut, il y a tout ce côté un peu niais qui aura du mal à convaincre le public adulte. Niaiserie qui se retrouve dans les passages musicaux pour la plupart vraiment faiblards et finalement trop nombreux. Les compositions d’Alan Menken déçoivent et n’atteignent jamais l’efficacité de ses travaux sur la Petite Sirène, la Belle et la Bête ou bien sur Aladdin. À moins que l’âge aidant on n’y soit tout simplement moins réceptifs. Il faut dire que la VF n’arrange pas vraiment les choses, les chansons sonnant parfois vraiment faux. Pour le reste, on retrouve bien la magie Disney. Des personnages hauts en couleurs, du rythme, une morale toute propre et quelques séquences qui touchent au sublime, à l’image de du lâcher de lanternes qui nous tirerait presque une petite larme.

[box_light]Raiponce est un bon cru Disney, un très bon cru même. Une aventure qui se déroule à un rythme d’enfer, un humour ravageur grâce à des personnages très bien écrits et des gags qui font mouche, une belle histoire d’amour entre une princesse et un voleur… une recette efficace appliquée à la lettre. Le public visé est jeune et il sera très certainement comblé. Pour les spectateurs adultes l’affaire n’est pas gagnée car la magie de la souris se perd avec l’âge et la bonne morale basée sur des archétypes ne séduit plus forcément, d’autant plus que les passages chantés agacent. Mais il est clair que les enfants seront aux anges car avouons-le, cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas été autant gâtés.[/box_light]

FICHE FILM
 
Synopsis

Lorsque Flynn Rider, le bandit le plus recherché du royaume, se réfugie dans une mystérieuse tour, il se retrouve pris en otage par Raiponce, une belle et téméraire jeune fille à l’impressionnante chevelure de 20 mètres de long, gardée prisonnière par Mère Gothel. L’étonnante geôlière de Flynn cherche un moyen de sortir de cette tour où elle est enfermée depuis des années. Elle passe alors un accord avec le séduisant brigand… C’est le début d’une aventure délirante bourrée d’action, d’humour et d'émotion, au cours de laquelle l’improbable duo va rencontrer un cheval super-flic, un caméléon à l’instinct de protection surdéveloppé, et une drôle de bande de malfaiteurs.