Quantum of Solace (Marc Forster, 2008)

de le 06/11/2008
 
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Attendu de pied ferme après le surprenant Casino Royale, qui n’annonçait pas seulement un renouveau dans l’acteur incarnant Bond mais surtout une révolution dans l’esprit de la saga, ce Quantum of Solace confirme une toute nouvelle approche du mythe modernisé, plus humain et brutal, sans pour autant atteindre la grâce du précédent.

Tout commence à 200 à l’heure avec une scène d’ouverture endiablée, course poursuite italienne où Bond dit bien vite bye-bye à sa belle Aston Martin. Vient le moment tant attendu du générique… Le visuel est comme souvent magnifique et le morceau « Another way to die » composé par Jack White et interprété par lui-même et Alicia Keys oublie les paillettes et nous offre un son brutal qui annonce clairement le spectacle à venir. Quantum of Solace est la suite directe de Casino Royale, il est absolument nécessaire de voir ce dernier pour espérer ne pas se perdre dans l’intrigue et les personnages.

Là où l’opus précédent alternait avec maestria des scènes d’action spectaculaires et LA scène de poker, Quantum of Solace ne nous offre que peu d’accalmie. En effet les quarante premières minutes s’enchaînent sans laisser aux spectateurs le temps de reprendre leur souffle. Et c’est une première pour un James Bond, toutes les scènes d’action sont justifiées et ne servent pas juste à masquer le vide d’un scénario (comme c’était souvent le cas dans la saga il faut bien l’admettre). Et c’est peut-être là que les détracteurs appuieront, James Bond génération Craig n’est plus du tout celui qu’ils connaissaient. Adieu le côté sexy et charmeur, adieu le cinéma pop et outrancier. Dans le concept, c’est une bonne chose, sauf que l’exécution ne suit pas.

Daniel Craig est le choix idéal pour ce rôle, froid, dur, brutal… et pourtant doté d’un charme incroyable. Il incarne à merveille cet homme torturé qui n’agit plus que par vengeance. A ses côtés on retrouve la belle Olga Kurylenko, James Bond Girl très en retrait par rapport à 007 même si elle démontre des talents d’actrice intéressants, Mathieu Amalric campe un ennemi d’une sobriété étonnante… Il est très bon alors qu’il est capable d’être excellent. Les autres seconds rôles sont tout à fait au niveau du film (quel plaisir de retrouver Mathis !). Si le rythme retombe un peu aux 3/4 du métrage, l’ensemble passe à une vitesse folle au point qu’on se demande si on a bien passé presque 2h dans la salle. Le souci est que cette course à la vitesse, symptomatique du cinéma d’action moderne, se traduit malheureusement par une gestion catastrophique de l’action à l’écran. Si la mise en scène de Marc Forster en elle-même n’est pas tant à remettre en cause, Quantum of Solace est meurtri par un découpage assez peu intelligent et un montage hystérique qui rend illisible la moindre scène d’action. Alors oui, ça va vite, on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer, mais on ne comprend pas grand chose à ce qui vient de se passer dans le cadre en ayant que trop peu de temps pour analyser l’action.

Épisode charnière dans la saga, Quantum of Solace déçoit un peu. Il se pose clairement en dessous de Casino Royale, mais également loin de bon nombre des 22 films. Les influences de la saga Jason Bourne, le regard d’un réalisateur plus « auteur » que faiseur, un acteur impeccable, tout est là pour marquer la révolution mais à vouloir à tout prix jouer la carte de l’action en accéléré permanent sans posséder le talent pour, le résultat final n’est tout simplement pas à la hauteur. Le film ne manque pourtant pas de charme, et notamment l’accent appuyé sur l’humanité détruite de l’intérieur de James Bond, l’intensité de sa haine et cette approche plus brutale qu’exotique, mais l’ensemble reste beaucoup trop brouillon à l’écran pour convaincre. Une sorte de coup d’arrêt assez inattendu après les belles promesses de l’épisode précédent.

FICHE FILM
 
Synopsis

Même s'il lutte pour ne pas faire de sa dernière mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à le trahir. En interrogeant Mr White, 007 et M apprennent que l'organisation à laquelle il appartient est bien plus complexe et dangereuse que tout ce qu'ils avaient imaginé...
Bond croise alors la route de la belle et pugnace Camille, qui cherche à se venger elle aussi. Elle le conduit sur la piste de Dominic Greene, un homme d'affaires impitoyable et un des piliers de la mystérieuse organisation. Au cours d'une mission qui l'entraîne en Autriche, en Italie et en Amérique du Sud, Bond découvre que Greene manoeuvre pour prendre le contrôle de l'une des ressources naturelles les plus importantes au monde en utilisant la puissance de l'organisation et en manipulant la CIA et le gouvernement britannique...
Pris dans un labyrinthe de traîtrises et de meurtres, alors qu'il s'approche du vrai responsable de la trahison de Vesper, 007 doit absolument garder de l'avance sur la CIA, les terroristes et même sur M, afin de déjouer le sinistre plan de Greene et stopper l'organisation...