Pirates des Caraïbes – la malédiction du Black Pearl (Gore Verbinski, 2003)

de le 01/06/2009
 
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Après une cure de films tous plus noirs et bizarres les uns que les autres, rien de tel qu’un divertissement de qualité pour un retour à la normale. Et la saga Pirates des Caraïbes c’est exactement ça, du pur divertissement hollywoodien, mais pas du genre con comme du Michael Bay, on peut garder son cerveau devant les films de Verbinski! Et avec cette trilogie qu’il m’a fallu du temps pour re-évaluer, ce réalisateur prouve qu’il a tout compris au cinéma de grand spectacle et grand public… non seulement avec une histoire simple mais prenante (les 2h30 passent comme une lettre à la poste), mais aussi avec des acteurs qui y croient et surtout sans négliger la mise en scène! Et sur ce dernier point, et bien il faut avouer que le bonhomme qui jusque là n’avait rien fait d’extraordinaire (le Mexicain c’est très bof et le remake de the Ring… c’est un remake…) fait preuve d’un talent insoupçonné!!

Pourtant ça ne partait pas sur de super bases… une production Bruckheimer c’est souvent synonyme de bouillie indigeste, le scénario est adapté d’une attraction Disney (après les jeux vidéos, les BDs, les livres, les attractions… à quand l’adaptation sur grand écran de Space Moutain??), et c’est une production Disney, ce qui signifie en d’autres termes que ça doit être non violent et sans la moindre goutte de sang… c’est d’ailleurs ce qui restera comme le plus gros défaut du film (ben oui, y’a des morts et pas de sang, c’est pas le top…) car pour tout le reste, la réussite est totale!! Non seulement on a un spectacle hallucinant, drôle et superbement mis en scène mais en plus il s’agit là de la renaissance d’un genre qui avait fait les plus belles heures d’Hollywood des années 30 à 50 et tombé dans l’oubli suite à l’échec cuisant de l’île aux pirates de Renny Harlin (11M$ de recettes pour un budget de 100M$!!).

Et pour une telle réussite il faut dire qu’en plus d’être un réalisateur de talent qui possède un vrai sens du cadre, capable de composer chaque plan comme un tableau (les scènes magnifiques se comptent par dizaines), Verbinski se voit doté d’un atout de choix, Johnny Depp… on sait que c’est un acteur de talent, peut-être le meilleur de sa génération, il le prouve film après film, mais là, dans un blockbuster bourré de dollars on ne l’attendait pas forcément à ce niveau!!! Il fait tout simplement des merveilles, a réussi à se créer un personnage qui est une ordure mais tellement complexe, tellement drôle qu’il en devient véritablement attachant!! Il lui a créé une histoire et son comportement à priori illogique en devient crédible… et puis il y ses mimiques, ses regards, sa gestuelle… c’est une très grande performance d’acteur!!

A côté de lui c’est clair qu’Orlando Bloom fait un peu de la peine mais Keira Knightley s’en sort vraiment très bien, tout comme le toujours excellent Geoffrey Rush qui campe un capitaine Barbossa, un pirate qui à la différence de Jack Sparrow entre parfaitement dans l’image des pirates de l’inconscient collectif, cruel, sans pitié, moche… Alors que Johnny Depp incarne un pirate comme on n’en a jamais vu!

Mais au delà de tous ces éléments brillamment mis en oeuvre, le plus important c’est l’immense plaisir qu’on prend devant tout ça! C’est comme un retour en enfance, ce monde de la piraterie a tout pour faire rêver et Verbinski fait vivre ce rêve devant nos yeux… tous les éléments sont là, un trésor, une demoiselle en détresse, des pirates pleins de rhum, des navires immenses, des malédictions… et ces images fantomatiques, crades et qui créent une ambiance magnifique.

L’univers recrée est vraiment merveilleux, aussi grâce à des SFX au top et cette musique entêtante de Klaus Badelt, on ne s’ennuie pas, on vibre… Verbinski a réussi à faire revivre le divertissement hollywoodien qu’on avait presque oublié, c’est 2h30 de bonheur, tout simplement.

FICHE FILM
 
Synopsis

Dans la mer des Caraïbes, au XVIIe siècle, Jack Sparrow, flibustier gentleman, voit sa vie idylle basculer le jour où son ennemi, le perfide capitaine Barbossa, lui vole son bateau, le Black Pearl, puis attaque la ville de Port Royal, enlevant au passage la très belle fille du gouverneur, Elizabeth Swann. L'ami d'enfance de celle-ci, Will Turner, se joint à Jack pour se lancer aux trousses du capitaine. Mais Will ignore qu'une malédiction frappe Barbossa et ses pirates. Lorsque la lune brille, ils se transforment en morts-vivants. Leur terrible sort ne prendra fin que le jour où le fabuleux trésor qu'ils ont amassé sera restitué...