Pirates des Caraïbes – Jusqu’au bout du monde (Gore Verbinski, 2007)

de le 03/06/2009
 
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Bon, on s’en doutait un peu que ça ne pouvait pas durer… Après une Malédiction du Black Pearl pleine de surprises et un Secret du Coffre Maudit qui jouait la carte de la surenchère pour un résultat encore meilleur, le dernier épisode subit la triste loi qui veut que le troisième épisode d’une saga soit toujours le moins bon (Le parrain, Terminator, Star Wars…). Ça commençait pourtant bien, la scène d’ouverture est bien glauque avec ses exécutions et on sent presque une volonté d’ajouter au spectacle un message rebelle quand les pirates affrontent la mort en chantant… mais malheureusement on déchante assez vite car le film est long, très long… 3 heures c’est un peu la limite à partir de laquelle il est difficile de tenir le spectateur attentif, et à vouloir trop en faire, trop expliquer des choses inexplicables, le film se retrouve plombé par des baisses de rythmes conséquentes, c’est dommage car il y a de très belles choses.

Premier problème, Jack Sparrow n’apparait qu’au bout de 25 minutes de film, c’est dire à quel point on l’attend! (faut dire qu’il porte quand même tout sur ses épaules!!). Donc il manque le personnage le plus charismatique… heureusement que Barbossa est de retour et que leur voyage vers le monde de Davy Jones comporte son lot de moments magiques pour compenser l’absence de Depp… Et puis il y a ces scènes de Singapour qui sont vraiment très belles, avec encore un univers attachant et puis l’apparition de celui que j’attendais le plus, Chow Yun-Fat, qu’on verra finalement peu… c’est vraiment le film des rendez-vous manqués.

Mais au bout d’un moment apparaît enfin Jack Sparrow et c’est le retour du show Johnny Depp. Seul avec lui-même et son bateau, dans un désert infini, la scène est complètement surréaliste, chaque facette de sa personnalité se voit incarnée en un double… c’est vraiment drôle et c’est surtout un sacré numéro d’acteur! Sauf que les autres le retrouvent et qu’ils repartent dans le monde des vivants… et c’est le retour d’un scénario qui cumule les sous-intrigues inutiles, les rebondissements impossibles, des trahisons, re-trahisons, et encore plus et qui se perd dans une bouillie finalement sans queue ni tête!!! Le Kraken est éliminé on ne sait comment, ni comment Sparrow s’est retrouvé là où il était…

Et les déceptions s’accumulent… le très charismatique Sao Feng est éliminé trop rapidement, l’apparition tant attendue de la déesse Calypso est juste ridicule… et c’est bavard!!! A un point qu’on en vient à s’ennuyer sévère par moments et qu’on attend le final annoncé comme énorme… Et là pas d’arnaque, c’est en effet gigantesque, la bataille dans le maëlstrom permet au film de retrouver ce souffle épique qui lui manquait, les scènes dantesques s’accumulent pour un plaisir non dissimulé. Mais avant ça il aura fallu s’en taper des dialogues vides de sens et des blagues pas drôles… Au rayon des réjouissances il faut parler de la scène de pourparlers qui est un bel hommage aux westerns spaghettis, vraiment très sympa!

Au final que reste-t’il? De très belles scènes dont certaines sont vraiment hallucinantes, la très bonne interprétation des acteurs avec en tête bien sur un Johnny Depp qui en fait des tonnes (mais c’est trop bon!) et Bill Nighy vraiment excellent derrière les tentacules de Davy Jones, personnage vraiment tragique, une noirceur encore plus présente et l’apparition de ce dieu vivant du nom de Keith Richards qui nous hypnotise… mais l’ensemble est une déception. Trop long, trop faussement complexe avec un scénario qui ne tient pas la route, et puis on s’ennuie trop. C’est d’autant plus rageant quand on voit l’efficacité de certaines scènes qui laissent voir que le talent de l’équipe derrière la trilogie ne s’est pas envolé. Mais à trop vouloir en faire trop vite, le résultat n’est vraiment pas à la hauteur pour conclure la saga d’une belle manière… dommage.

FICHE FILM
 
Synopsis

L'âge d'or de la piraterie touche à sa fin. Même le terrifiant Vaisseau Fantôme et son capitaine maudit Davy Jones servent à présent Lord Cutler Beckett et la Compagnie anglaise des Indes Orientales. L'invincible Hollandais Volant écume désormais les sept mers, massacrant sans pitié pirates de tous bords et sabordant leurs navires. Will Turner, Elizabeth Swann et le capitaine Barbossa n'ont qu'une seule chance de résister à Beckett et à son armada destructrice : ils doivent rassembler les Neuf Seigneurs de la Cour des Frères, mais l'un des membres les plus éminents, le capitaine Jack Sparrow, manque à l'appel. Will, Elizabeth et Barbossa, secondés par Tia Dalma, Pintel et Ragetti, doivent faire voile vers des mers orientales inconnues, pour affronter un pirate chinois, le capitaine Sao Feng, et s'emparer des cartes qui les conduiront au-delà des limites du monde connu, là où Jack est retenu...