Peur Bleue (Renny Harlin, 1999)

de le 21/08/2007
 
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S’attaquer à un film mettant en scène des requins, c’est se confronter directement aux Dents de la mer, chef d’oeuvre indétrônable d’angoisse marine qui continue de terrifier 30 ans après et qui constitue toujours le modèle du genre que toutes ces bonnes âmes d’entertainers en herbe aiment à copier. Malgré toute la sincérité de Renny Harlin, Peur Bleue n’est pas prêt d’approcher le maitre étalon de Steven Spielberg. Il choisit d’ailleurs une autre voie afin de ne pas l’affronter directement pour ne pas se ridiculiser outre mesure.

Les raisons de l’échec relatif viennent sans doute du réalisateur finlandais Renny Harlin principalement, capable du meilleur (Au revoir à jamais) comme du pire (Driven) mais surtout adepte des films moyens (l’île aux pirates, Profession Profiler, 58 Minutes pour vivre…). Harlin ne cherchait sans doute pas à se frotter de trop près aux Dents de la mer car il est clairement « spécialiste » du film d’action et pas vraiment du film d’angoisse mais dès qu’il y a des squales sur une affiche, le doute et l’ombre du géant planent.

Le résultat n’est absolument pas effrayant, on ne sursaute même pas lors des quelques scènes pour lesquelles c’était l’effet recherché. De plus les seuls moments où les requins sont vraiment efficaces et réalistes se situent lorsqu’ils sont en animatronics, les images de synthèses étant véritablement affreuses au point qu’on n’arrive pas à y croire pas une seule seconde.

Par contre dès qu’on prend le film pour ce qu’il est vraiment, à savoir un gros divertissement d’action plutôt con sur les bords, c’est plutôt une bonne surprise. En effet on ne s’ennuie jamais, les attaques des requins sont convaincantes, le film ne se prend pas du tout au sérieux (la scène du discours de Samuel L. Jackson est à ce titre inoubliable) et Harlin se permet même dans la seconde partie de nous rejouer l’ambiance oppressante des Aliens (la comparaison étant à prendre avec des pincettes bien entendu).

Si on est loin du chef d’oeuvre, Peur Bleue est un film qui se laisse regarder sans déplaisir pour peu que l’on aime ces animaux dangereux. Et puis c’est avec ce métrage que Renny Harlin a démarré son nouveau concept : décimer tout son casting mais avec les têtes d’affiche en premier! De plus on y trouve quand même l’une des morts les plus ridicules de l’histoire du cinéma. Petit film d’action pour une bonne soirée, ça ne se refuse pas, il y a bien pire et plus prétentieux. Mais tout cela reste assez crétin même si plutôt bien emballé dans l’ensemble.

Peur Bleue n’est pas Les Dents de la mer, c’est une évidence. Mais ce n’est pas une purge non plus. C’est même plutôt une bonne surprise qui contient quelques scènes d’anthologie, un casting aux petits oignons et qui bénéficie à la fois d’un rythme qui ne faiblit pas, d’une ambiance oppressante à souhait ainsi que d’une mise en scène qui transpire le sérieux. Clairement pas un chef d’oeuvre mais une petite série B franchement sympathique.

FICHE FILM
 
Synopsis

Le docteur Susan McAlester est persuadée de pouvoir remédier à la dégénérescence du cerveau humain à l'aide de protéines de requins. Elle travaille avec une équipe de biologistes au centre de recherche Aquatica, un vaste complexe offshore, où ils se livrent a des expériences aussi secrètes que dangereuses. C'est ainsi que le docteur Susan McAlester n'a pas hesité à recombiner l'ADN de deux grands requins au mépris de l'éthique médicale et de la plus élémentaire prudence. Susan et ses partenaires en font ainsi de terrifiantes machines à tuer.