OSS 117 : Rio ne répond plus (Michel Hazanavicius, 2009)

de le 17/04/2009
 
FacebooktwitterFacebooktwitter

3 ans qu’on attendait le retour de notre agent préféré, celui capable de faire pleurer James Bond de honte tellement il doit se sentir ridicule à côté! Car Hubert Bonisseur de la Bath,, pour les intimes, même les balles de revolver l’évitent, et toutes les filles qui le croisent tombent sous son charme… enfin toutes les filles des années 50 sauf que là on est en 1967 et que du coup pour notre héros national macho, raciste et maladroit, tout se gâte!

Ce qui est génial avec ce changement d’époque c’est que ça permet aux scénaristes de ne pas se reposer sur leurs lauriers en reprenant exactement le même type d’humour que dans le premier film, et leur offre de grandes possibilités d’évolution. Rio ne répond plus est la suite parfaite, s’appuyant sur les bases solides d’un premier épisode pour proposer un spectacle qui à aucun moment n’oublie d’être original!

En effet, l’effet de surprise n’étant plus là il fallait un scénario à l’écriture solide pour réussir cette suite. Mais avec derrière la caméra et au scénario les responsables du grand détournement et des guignols de l’info, on ne craint finalement pas grand chose. Superbement bien écrit même si moins bien rythmé que le 1er, le film est hillarant, mais à priori pas pour tout le monde vu les réactions dans la salle… Si le 1er se faisait un plaisir de cracher sur les musulmans, ici c’est les juifs qui en prennent pour leur grade! Avec en plus des nazis dans le récit, on est en plein dans de l’humour politiquement incorrect, ce qui d’un côté rassure sur la présence d’une certaine liberté d’expression au cinéma, aujourd’hui, d’un autre côté certaines vannes peuvent choquer, mais bon dieu que c’est drôle!

Ça rigole de tout grâce à ce cher OSS117 qui n’est pas le dernier pour mettre les pieds dans le plat. Une fois de plus Jean Dujardin livre une prestation génialissime, à la hauteur de celle dans Le Caire Nid d’espions, mais ajoute encore plus de subtilité avec ses dix années en plus que le mettent complètement hors du temps, un has been qui ne séduit plus autant, avec des idées rétrogrades et qui s’habille comme pendant l’après-guerre alors qu’on est en pleine révolution des moeurs. La scène dans le camp de hippies est très révélatrice du décalage qui le touche, avec une excellente remise en question de sa sexualité. Il ne fait plus que faire rire, il est aussi touchant parfois, tellement il est perdu dans ce nouveau monde, un monde dans lequel ses jeux de mots ne font rire que lui et son chef (énorme Pierre Bellemare), mais pas toujours en plus…

C’est aussi une nouvelle fois un tour de force au niveau réalisation. Le film semble tout droit sorti des 60’s, tant au niveau de la lumière que du montage, avec un abus de split-screens et de faux raccords. La parodie de James Bond est vraiment excellente lors des fusillades ou des poursuites (en voiture à toute vitesse ou … dans l’hopital au ralenti!), la direction artistique est également au top pour créer cette illusion d’un film appartenant à une autre époque, c’est souvent bluffant!

OSS117 Rio ne répond plus est donc une belle réussite, qui fait honneur à son prédécesseur tout en changeant de direction. OSS n’est plus aussi sur de lui, reste ancré dans un passé glorieux (enfin si on veut…) et cela crée de belles situations comiques. En plus les auteurs en profitent pour lancer de petites piques à la république de l’époque, qui n’était pas vraiment fière de son passé récent, et se sont bien fait plaisir sur les situations délicates entre un agent secret macho et une associée agent du MOSSAD, elle complètement en accord avec son temps, une vraie femme libre. 2 heures d’humour aussi intelligent ça ne se refuse pas.

FICHE FILM
 
Synopsis

Douze ans après Le Caire, OSS 117 est de retour pour une nouvelle mission à l'autre bout du monde. Lancé sur les traces d'un microfilm compromettant pour l'Etat français, le plus célèbre de nos agents va devoir faire équipe avec la plus séduisante des lieutenants-colonels du Mossad pour capturer un nazi maître chanteur. Des plages ensoleillées de Rio aux luxuriantes forêts amazoniennes, des plus profondes grottes secrètes au sommet du Christ du Corcovado, c'est une nouvelle aventure qui commence. Quel que soit le danger, quel que soit l'enjeu, on peut toujours compter sur Hubert Bonisseur de la Bath pour s'en sortir...