Numéro Quatre (D.J. Caruso, 2011)

de le 02/03/2011
 
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Aussi con et niais que Smallville ou Twilight, Numéro Quatre transforme un roman de science-fiction réputé sympathique en une bluette adolescente sur fond d’extra-terrestres et de génocide. En plus d’être réalisé par un yes-man sans grand talent, d’être interprété par des acteurs démissionnaires et de bénéficier d’un scénario inintéressant, Numéro Quatre n’est qu’un vulgaire produit calibré pour les lycéens qui y trouveront peut-être un écho aux problèmes existentiels de ces âges là. Il ne faut en tout cas pas y chercher une quelconque finesse ou originalité, Superman date d’il y a plus de 30 ans… et pour l’action on repassera aussi car D.J. Caruso s’avère bien radin sur la chose.

Il est beau Numéro Quatre avec sa belle affiche et un titre qui claque autant que Je Suis une légende. Sauf qu’il vaut mieux arrêter les comparatifs tout de suite tant les deux films n’ont rien en commun. Numéro Quatre c’est le pas très bon D.J. Caruso (Taking Lives, Two for the Money, L’Oeil du mal… heureusement qu’il a mis en scène quelques épisodes de The Shield et Salton Sea!) qui illustre un scénario des pas très bons non plus Alfred Gough et Miles Millar (auteurs de la série Smallville) épaulés par Marti Noxon (Mad Men, Angel, Buffy contre les vampires…). À force de raconter partout que les séries TV n’ont plus rien à envier au cinéma, certains finissent vraiment par le croire et à la vue du résultat, il semble bien que cette affirmation soit parfois totalement fausse. Numéro Quatre est un film tellement calibré, tellement formaté, tellement réalisé sans passion ni personnalité (une constante chez D.J. Caruso), qu’il ennuie plus qu’il divertit. Et c’est bien dommage car il se dit que le roman éponyme de Pittacus Lore n’est pas mal du tout, sauf que là c’est un essai de comédie romantique sur fond de super-héros en mode Smalville/Twilight. Pour faire simple, c’est un film sans grand intérêt, pas très bien fait, et qui ne s’adresse qu’aux adolescents peu regardant sur la qualité du spectacle.

Numéro Quatre suit une trame narrative très classique de fuite en avant et de poursuite. Le film parviendrait presque à faire illusion le temps d’une séquence d’introduction assez moche sur le plan graphique mais vraiment bien rythmée. Malheureusement elle n’est là que pour nous expliquer qu’avant le numéro quatre il y avait un numéro trois et qu’il a pas mal dégusté avant de mourir. Rapidement on plonge dans le vif du sujet, à savoir le portrait d’un jeune ado en pleine crise car il doit fuir et déménager en permanence, l’apparition de pouvoirs étranges n’arrangeant en rien sa situation. On appréciera la symbolique lourdingue sur la métamorphose adolescente, les poils qui poussent étant remplacés par une lumière bleue qui sort des paumes de mains de notre héros en herbe, sauf qu’en plus d’être traité sans la moindre finesse tout a déjà été dit sur le sujet et que D.J. Caruso ne peut pas vraiment rivaliser avec Richard Donner ou Sam Raimi.

Entre scènes de surf et petites bagarres d’égo au lycée le temps de saynètes sans grand intérêt, on suit une intrigue loin d’être honteuse mais véritablement mollassonne. Difficile de s’attacher à ces personnages de faux torturés mais vraies victimes de jeunisme cinématographique, avec leurs cheveux décolorés, leur sourire colgate et leur allure de gravure de mode. Des mannequins évoluant sans vie et qui peinent donc à nous faire ressentir la moindre émotion. Pourtant il y avait tout pour, en particulier un côté survival invivable et l’idée de génocide appliquée à une race extra-terrestre. Mais non, ça ne fonctionne pas. À la place on va suivre une intrigue à l’électroencéphalogramme plat qui vient pomper par moment à de vrais films du genre mais sans trouver la magie. À n’en pas douter le public adolescent, coeur de cible tellement évident que ça en est presque vexant, y trouvera son compte. Pour ceux qui cherche du cinéma divertissant, rythmé et de qualité, autant passer votre chemin.

Plat Numéro Quatre l’est jusque dans sa mise en scène peu inspirée. Etant donné que pendant la majorité des presque deux heures du machin, il ne se passe rien d’autre que des dialogues interminables sur comment il est difficile d’âtre un adolescent aujourd’hui (ok, pas que, mais pas loin tout de même), il ne vaut mieux pas s’attendre à avoir une grosse dose d’action. Passée la séquence d’introduction il faut attendre le dernier acte du film pour que tout ce petit monde s’excite un peu. Sauf que tout ce qui précède (la traque et le reste) ne provoquant pas grand chose au niveau émotionnel, les enjeux dramatiques de cette dernière partie nous échappent totalement. On se rabat donc sur l’action pure sauf qu’à ce niveau ce n’est pas ça non plus. On retiendra les premières apparitions de Numéro 6 (Teresa Palmer) même si son pouvoir rappelle beaucoup l’introduction de X-men 2 et qu’elle nous gratifie d’une parodie digne de cette vidéo, plus quelques séquences piquées à Hellboy mais dans l’ensemble il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. On ne va pas s’attarder sur les acteurs, la plupart très mauvais et généralement bien trop fades. Comme souvent, la présence de Timothy Olyphant en dit long sur la « qualité » du film.

FICHE FILM
 
Synopsis

Trois sont déjà morts. Qui sera le quatrième ? Un adolescent extraordinaire, John Smith, fuit devant des ennemis prêts à tout pour le détruire. Changeant perpétuellement d’identité, ne restant jamais longtemps dans la même ville, il est accompagné par Henri, qui veille sur lui. Partout où il va, John est le nouveau venu, celui qui n’a aucun passé. Dans la petite ville de l’Ohio où il s’est installé, il va vivre des événements inattendus qui vont changer sa vie. De son premier amour à la découverte de ses incroyables aptitudes, il va aussi se lier à des personnes qui partagent son fascinant destin…